Bilan

Ivan Rivier: «Le Lausanne Palace va s’ouvrir à la culture»

A la tête du palace lausannois depuis bientôt deux ans, Ivan Rivier s’est donné le temps d’appréhender les lieux et les habitudes des clients, pour aujourd’hui tracer les lignes fortes qui animeront le quotidien du Lausanne Palace.

  • Un nouveau directeur à la tête du palace emblématique de Lausanne.

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  • Ivan Rivier a repris les rênes du Lausanne Palace et entend impulser une nouvelle stratégie.

    Crédits: Grégoire Gardette
  • Une rénovation des équipements et des locaux a été menée ces derniers mois.

    Crédits: DR
  • Une rénovation des équipements et des locaux a été menée ces derniers mois.

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  • Une rénovation des équipements et des locaux a été menée ces derniers mois.

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  • Une rénovation des équipements et des locaux a été menée ces derniers mois.

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Dans la suite Coco Chanel du Lausanne Palace, savamment disposé pour une découverte inattendue, c’est tout l’univers sorti de l’imaginaire d’Ivan Rivier et de ses équipes qui attend les quelques journalistes invités à comprendre comment l’hôte du palace va désormais faire vivre l’institution.

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De la littérature sur un lit, des affiches d’opéra dans le dressing, un dj au platine dans une chambre, et une grande table, dressée pour faire vivre la cuisine du chef Edgar Bovier, face à la terrasse ouverte plein sud. L’univers est aujourd’hui défini. Ivan Rivier continuera les collaborations déjà existantes avec les institutions comme l’opéra de Lausanne, le prix des lecteurs ou les clubs de la ville, mais les fera vivre de manière légère et contemporaine.

L’art de prendre la suite

Tout change mais rien ne change. Mais c’est bien là tout l’art de prendre la suite, celle d’un homme, Jean-Jacques Gauer, qui a su faire vivre et ouvrir le Lausanne Palace pendant des décennies à la clientèle internationale et surtout locale. Comment réussir l’exercice? Ivan Rivier répond: «La meilleure façon est de ne surtout pas essayer d’imiter le style du prédécesseur, car je ferais du mauvais Jean-Jacques Gauer. Non, j’ai mon style, que j’ai pu éprouver pendant plus de 15 ans au Beau-Rivage de Genève. J’ai eu un infini bonheur à le diriger, mais maintenant je suis heureux de commencer une nouvelle page de ma carrière, à Lausanne. D’ailleurs, je reviens aux sources! car j’ai toujours habité Jouxtens, à quelques kilomètres du centre-ville. Je connais bien les lieux.»

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Ivan Rivier, cet ancien de l’Ecole hotellière de Lausanne, reconnu pour sa capacité à transmettre chez chacun de ses collaborateurs le sens de l’accueil, veut aujourd’hui faire vivre le Lausanne Palace avec originalité, au travers de la culture ouverte sur la ville: «Le Palace doit s’ouvrir à  la culture. La musique, le théâtre, l’art doivent se rencontrer, et le Lausanne Palace est désormais le lieu idéal pour cela. Les nombreux partenariats tissés avec les institutions ne sont pas simplement un logo apposé sur une invitation, c’est une intégration au cœur de notre lieu. Pour exemples le prix littéraire de Lausanne vivra dans nos murs, ou notre partenariat avec le Mudac qui nous inspire avec un cocktail «Bauhaus» spécialement élaboré pour l’occasion. Je veux que nos clients, les Lausannois découvrent la richesse culturelle de la région et soient en contact avec les artistes. Au LP’s, de jeunes musiciens  dont beaucoup de talents suisses romands repérés par notre programmateur, seront invités dès le mois de novembre à venir réinventer le concept du piano bar. Ou encore, proposer dans le lounge de notre hôtel  des parties d’échecs spontanées entre nos clients et un immense joueur international. Ce rendez-vous a été imaginé en complicité avec le Verbier Festival qui met en valeur dans le cadre de son festival la rigueur et l’exigence qu’ont en commun les échecs et la musique classique : une de nos manières de faire vivre la culture au sens large, avec plaisir et légèreté.»

Une saine concurrence

Si la présence du Royal Savoy, dernier arrivé des hôtels de luxe à Lausanne, a bousculé les palaces de la région, en les forçant à revoir leurs offres hôtelières, Ivan Rivier commente: «La concurrence est saine! Et cela nous incite à revendiquer notre caractère et à pousser toujours plus loin la qualité de notre établissement». D’ailleurs, le Lausanne Palace a entrepris de débuter le processus de rénovation de ses chambres dont elle a confié la réalisation à l’architecte d’intérieur Marc Hertrich, l’un des membres du duo fondateur de MHNA. Un couloir et deux chambres témoins seront ouvertes à la visite dès le mois de novembre, afin de parfaire avec précision le confort et chaque élément du décor.

Car pour Ivan Rivier, tout est affaire de détail: «Beaucoup de magnifiques moulures et éléments de style avaient été perdus au fil des rénovations successives. Je veux que l’on retrouve l’esprit palace. Pour cela, je me suis plongé pendant des mois dans les archives photographiques de l’hôtel. Je veux des codes stylistiques qui perdurent dans le temps. Le palace sera contemporain, mais pas trendy et pour lui donner un supplément d’âme, des pièces pourront être chinés un peu partout dans la région, pour que le client se sente chez lui, dans un hôtel cinq étoiles de caractère. Le calendrier des rénovations est déjà fixé. Nous commencerons avec dix à douze chambres dès le début 2019 et l’ensemble des chambres à rénover devraient être terminées d’ici cinq ans.»

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Cristina d'Agostino

RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE EN CHARGE DE BILAN LUXE

Lui écrire

Licenciée en Sciences politiques à l’Université de Lausanne puis spécialisée en marketing et économie à HEC Lausanne en 1992, Cristina d’Agostino débute sa carrière dans l’industrie du luxe, et occupe les fonctions de responsable marketing et communication pour diverses marques horlogères. En 2008, elle décide de changer radicalement d’orientation, et débute une carrière de journaliste. En freelance d’abord, elle collabore aux titres Bilan, Bilan Luxe, Encore, avant d’intégrer la rédaction de Bilan en 2012. Depuis 2012, elle occupe la fonction de rédactrice en chef adjointe et responsable des hors-série Bilan Luxe.

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