Bilan

Islande: un rêve pour déconnecter

Regorgeant de sources d’eau chaude et de bains thermaux, l’île jouxtant le cercle polaire déploie une formidable offre d’établissements récents qui tirent vers le haut de gamme.
  • Il existe un accès privé pour profiter du Blue Lagoon, très prisé des touristes: il est réservé aux hôtes du resort The Retreat.

    Crédits: Blue lagoon Retreat
  • Vue imprenable sur les aurores boréales l’hiver, depuis les baies vitrées de l’Hôtel Ion Luxury Adventure. 

    Crédits: Ragnar Sigurdsson/Arctic images

Cascades, geysers, glaciers et champs de lave s’étendent à perte de vue. L’Islande offre à la fois un dépaysement complet et une retraite bienvenue loin de la vie citadine hyperconnectée. Les paysages extraterrestres de l’île se retrouvent dans nombre de productions hollywoodiennes récentes (Star Wars – Rogue One, Interstellar, Black Mirror, Game of Thrones, etc). Rançon d’une telle beauté, le niveau des prix figure parmi les plus élevés au monde. La remarque vaut autant pour les hôtels et les restaurants que pour les produits de base. 

L’Islande a connu un boom touristique sans équivalent dans le sillage de l’éruption du volcan Eyjafjallajökull, en 2010. Le gouvernement a rebondi sur la présence du pays dans les actualités durant des semaines en affrétant dans son sillage nombre de voyages de presse afin de faire découvrir les trésors naturels de l’île. Le succès a dépassé les espérances. Le nombre de visiteurs a bondi à plus de 2 millions en 2017, pour une population locale de 350'000 habitants.

Le défi d'accueillir les touristes

Si bien qu’aujourd’hui, les autorités se trouvent face au défi de juguler l’afflux de touristes. Parallèlement, ces dernières années, l’industrie touristique locale a orchestré une montée en gamme pour s’orienter vers le luxe le plus sobre et le plus total. Preuve en est l’ouverture en avril dernier du resort The Retreat, sur le site de la station thermale du Blue Lagoon. 

Curiosité la plus célèbre du pays, le Blue Lagoon est à l’Islande ce que la tour Eiffel est à Paris. Et tout comme la tour Eiffel, le Blue Lagoon, proche de l’aéroport de Keflavik, est une attraction chère, bondée et commerciale. Le site vaut cependant le coup d’œil. Dans un champ de lave noire, les bassins naturels d’eau bleu-vert sont alimentés par une usine géothermique dégageant d’immenses colonnes de vapeur. L’eau est à 38 degrés.

Riche en boues de silice, elle a différents effets dont celui d’exfolier la peau et aussi celui de ravager les cheveux. Bien que les visiteurs reçoivent shampooing et démêlant, celui ou celle qui se mouille la tête peine à se coiffer durant des jours. Comme les caisses sont prises d’assaut, il est conseillé d’acheter un billet d’entrée associé à une date et à une heure de visite à l’avance sur internet.

Les hôtes de The Retreat ont le privilège d’échapper à la foule car ils accèdent à une section privée du lagon. Les installations thermales de l’hôtel sont également accessibles à la journée, contre paiement d’une entrée (dans les 100 francs). L’établissement dispose de 62 chambres entièrement vitrées de manière à profiter au mieux du paysage (dès 1340 francs la double). Posées sur les eaux du lagon, les unités d’habitation de style scandinave permettent aux visiteurs de s’immerger après avoir passé la baie vitrée. 

Exploité par la même entreprise, le Silica Hotel, à proximité, est plus abordable (chambre double dès 550 francs). Assumant le haut de gamme, The Retreat comprend un spa baptisé Hidden Cove, ainsi qu’un restaurant au menu dégustation à sept plats. Pour parachever le tout, un bar panoramique, situé au dernier étage, invite à s’abandonner à la contemplation du relief lunaire. 

Plus sauvage mais tout aussi luxueux, l’Ion Luxury Adventure (chambre double dès 470 francs) se dresse à Selfoss, à l’est de Reykjavik. Cerné de montagnes et de rivières, il s’accroche au flanc du volcan Hengill, sur la commune de Nesjavellir. Réalisé par le studio californien Minarc, cet hôtel ultradesign est en immersion totale dans la nature. Le spa Lava est spécialisé dans les soins relaxants et revigorants. Le restaurant Silfra du chef Gudmundur Sverrisson présente une carte de cuisine islandaise créative avec viandes et poissons locaux. L’hiver, les grandes baies vitrées permettent d’admirer les aurores boréales visibles depuis ce site situé juste sous le cercle polaire. 

L’Islande regorge de piscines naturelles d’eau chaude sur l’ensemble de son territoire. Près de Fludir, sur le circuit classique du Golden Circle qui s’effectue en une journée au départ de Reykjavik, les sources du Secret Lagoon accueillent les visiteurs dans un cadre sauvage. Aussi appelé Gamla Laugin, ce qui signifie «la vieille piscine» en islandais, le site est payant. A réserver sur internet pour disposer d’un accès garanti au bassin. 

A proximité, un geyser jaillit du sol toutes les 10 minutes environ. Présentant la même eau laiteuse que le Blue Lagoon, les bains naturels de Myvatn dans le nord de l’Islande (à 3 kilomètres à l’est de Reykjahlid) constituent une alternative plus rustique et meilleur marché à leur homologue du sud. Riche en minéraux, l’eau d’un bleu irréel dispense les mêmes effets relaxants. Essayez aussi les deux bains de vapeur naturelle. Une cafétéria complète les installations.

Surf, pêche, randonnée...

Si vous préférez l’action aux bains thermaux, l’Hôtel Deplar Farm est pour vous. Agrippée à la péninsule de Troll, cette ancienne ferme à moutons datant du XVIIIe siècle a été aménagée dans un esprit ultracontemporain et déploie 13 suites (chambre double dès 2000 francs). Perdu dans la nature balayée par les vents de la vallée de Fljot, le lieu inauguré en 2016 propose une multitude d’activités en plein air: surf sur la mer de Norvège, pêche, randonnée. Ou encore héliski. Les pentes environnantes se prêtent au mieux aux sports de glisse mais sont bien sûr dépourvues de remontées mécaniques. L’intérieur douillet de l’établissement comporte un spa avec massages shiatsu et cours de yoga. L’endroit s’enorgueillit d’être l’un des plus isolés du monde. L’Islande, un pays rêvé pour se retrouver.  

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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