Bilan

Ils prônent le jeûne pour vieillir mieux

Ne rien avaler de solide pendant plusieurs jours, sous contrôle médical: stars hollywoodiennes et patrons d’entreprise vantent les mérites de la méthode thérapeutique.
  • Jeûne. Les patients n’ont droit qu’aux bouillons de légumes, jus de fruits, tisanes et eau à volonté. Crédits: Corbis
  • «C’est une véritable remise en forme», affirme Pascal Meyer, fondateur de QoQa.ch. Crédits: Sabine Papilloud/Le Matin

Purifier l’organisme, éliminer les toxines, renforcer ses défenses immunitaires, recouvrer énergie et vitalité, et si le secret était le jeûne? Devenue populaire ces dernières années, cette approche d’autoguérison est en réalité assez ancienne. Explorée depuis un demi-siècle en Russie, en Allemagne et aux Etats-Unis, elle est présentée comme un moyen efficace pour combattre certaines maladies chroniques: diabète, allergies ou obésité.

La méthode, radicale, engage ses adeptes à renoncer à la prise de nourriture pendant une période donnée. 

Le jeûne thérapeutique, qui se différencie du jeûne absolu, se pratique sous un contrôle médical quotidien. Les cliniques spécialisées les plus connues dans ce domaine sont les cliniques Buchinger, situées au bord du lac de Constance en Allemagne ou à Marbella, en Espagne. Depuis leur création en 1953, les cliniques ont accueilli plus de 250 000 adeptes du jeûne hydrique.

Dans ces centres spécialisés, des patients s’engagent à se contenter de bouillons de légumes, de jus de fruits, avec un peu de miel, des tisanes et d’eau à volonté, soit 250 calories par jour. Les programmes durent généralement entre une à trois semaines et s’effectuent en quatre étapes: la décision, la préparation, le jeûne lui-même et la phase de réalimentation. Ils comprennent des exercices physiques et des randonnées en pleine nature pour recouvrer l’harmonie entre le corps et l’esprit. 

L’utilisation de l’internet et du téléphone est déconseillée par le personnel. «Le but est d’être totalement coupé du monde afin de vivre l’expérience au maximum», affirme Pascal Meyer, le fondateur de plateforme internet vaudoise QoQa.ch. Ce dernier s’est lancé dans le jeûne pendant dix jours pour découvrir des bienfaits de la thérapie mais aussi pour relever un défi personnel. Il évoque une remise alimentaire bien encadrée: des cours de cuisine équilibrée sont dispensés pour une transition en douceur. 

Attention aux contre-indications

Comment ne pas craquer? «Je n’ai pas ressenti la faim, avoue Pascal Meyer. Le plus difficile, c’est de gérer cette expérience sur le plan émotionnel.» Selon les adeptes du jeûne, c’est la tête qui réclame à manger, pas l’estomac. Le séjour prévoit généralement des lavements intestinaux pour mieux supporter le traitement. Résultat: un organisme «purifié et régénéré». «J’ai retrouvé mon calme, constate le patron de QoQa.ch. C’est une véritable remise en forme. Et cela m’a permis de remettre de l’ordre dans mes idées.»

Les centres spécialisés et autres camps de jeûne se multiplient en Europe. S’ils ne proposent pas d’encadrement médical, ils exigent une autorisation de la part du médecin pour pouvoir s’inscrire. A l’Amandier, centre de remise en forme dans le sud de la France, le programme se résume en deux mots: «jeûne» et «randonnée».

«Une marche de trois à cinq heures par jour permet de ne pas perdre en muscles, de favoriser l’élimination des toxines et de se ressourcer au niveau mental», raconte Luc Tétaz, médecin dentiste qui y a séjourné pendant six jours. «C’est une vraie révélation sur le plan physique et moral: quand on jeûne, on va à l’essentiel. La plupart des gens s’y mettent pour perdre du poids, mais ils y retournent pour d’autres raisons: l’amélioration de la santé et l’équilibre mental à la fin de la thérapie.»

En effet, le jeûne purifie mais ne fait pas maigrir: les kilos reviennent dès la reprise alimentaire. Selon Luc Tétaz, cette pratique est avant tout un bon complément pour le traitement des maladies chroniques et une occasion de s’évader du quotidien. 

Toutefois, le jeûne n’est pas conseillé pour tout le monde. Il existe des contre-indications, parmi lesquelles les troubles de la conduite alimentaire, la grossesse ou une insuffisance rénale. La méthode est d’ailleurs remise en question par certains spécialistes. Alain Perroud, médecin psychiatre à la Clinique Belmont à Genève, déconseille toute période de jeûne: «L’alimentation est un synchroniseur puissant de nos horloges biologiques. Le fait de ne pas manger bouleverse cet équilibre.»  

Ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas jeûner peuvent avoir recours à des méthodes plus traditionnelles. Ainsi, de nombreux centres proposent également des régimes alimentaires sur mesure, accompagnés de soins médicaux et d’exercices physiques adaptés. 

Evgeniya Kolpakova

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