Bilan

Huvafen Fushi, l’île enchantée

C’est décidé! Comme Robinson Crusoé, on part s’isoler sur un point de sable perdu dans l’horizon azur de l’océan Indien. Snorkeling, plongée, spa et gastronomie locale: on se ressource sous le soleil des Maldives. Loin du tumulte anxiogène.

  • En haut, Huvafen Fushi propose 44 villas et bungalows sur pilotis ou sur la plage. A gauche, la catégorie Océan Bungalow fait face au coucher du soleil que l’on observe de sa terrasse ou lové dans sa baignoire, taille XXL.

    Crédits: Dr
  • Des poissons-clowns sortent curieux d’une anémone, leur lieu de vie.

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  • Toutes les terrasses des bungalows possèdent leur piscine privée et un accès direct à l’océan. Une manière de vivre en totale autarcie durant son séjour si on le souhaite.

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  • Le SpaQuarium, un sanctuaire sous-marin à huit mètres sous l’eau, unique au monde. A choix, on observe la faune marine de jour lors d’un massage ou, de nuit, lors d’un dîner.

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Dans l’avion qui survole un chapelet d’îles, on termine fébrilement les aventures de Robinson Crusoé, ce marin de York qui vécut vingt-huit ans sur une île déserte. Tandis que l’hôtesse d’Edelweiss annonce un atterrissage imminent, on range son sésame dans son passeport. Après le premier confinement, le président Ibrahim Mohamed Solih avait annoncé la réouverture des frontières de ce pays qui dépend du tourisme. Depuis, le test PCR négatif est indispensable pour entrer aux Maldives, cet archipel aux 1190 îles coralliennes.

A l’aéroport, un membre du Huvafen Fushi nous accueille avec un jus de mangue fraîche le temps de récupérer les valises et de nous faire embarquer sur un yacht privé. Une demi-heure plus tard, le capitaine largue les amarres au bord d’une plage de nacre. Sur le ponton, Noel Cameron, directeur de l’établissement ouvert en 2004, nous salue chaleureusement. L’Australien dirige dans un esprit familial ce boutique-hôtel situé dans l’atoll de Kaafu, au nord de Malé, la capitale.

Tropisme insulaire 

Du luxe en symbiose avec la nature pour cette petite île-hôtel entourée d’un lagon translucide. Elle ne possède que 350 m de long pour 150 m de large: «Il faut dix minutes pour la traverser à pied, mais on peut jouer à cache-cache sur une plage isolée sans croiser quiconque», rassure le directeur du cinq-étoiles avant de nous présenter notre thakuru. Envie de s’inscrire à une activité? De prendre son déjeuner sur un plateau flottant dans sa piscine à débordement? Ce majordome attitré nous facilite le séjour.

Huvafen Fushi appartient au groupe Universal Resorts qui possède huit autres établissements dans le pays. Cette entreprise familiale et locale a su développer un ADN propre à chacun de ses hôtels. «Le nôtre vient de rejoindre le groupe Small Luxury Hotels of the World», précise Noel. Ici, le masque n’est plus obligatoire pour les clients. De plus, les distances sont respectées entre les 44 villas et les pavillons perchés sur pilotis. Pas de jaloux, chacun possède sa piscine privée et un accès direct à la mer.

«Le monde de Nemo» 

Les 160 m2 de notre villa se déploient au cœur d’un écrin de verdure bordé d’une plage de sable fin. En 30 secondes, on peut quitter les bras de Morphée et son lit douillet pour taquiner les poissons dans l’océan. Ce rituel purificateur s’incorpore dès le lendemain dans une routine matinale. Se lever avec la brise tropicale, saluer le soleil sur la terrasse de teck dans un silence seulement chahuté par le ressac et rejoindre, après une session de yoga, le récif. Armé de ses palmes, son masque et son tuba, on s’émerveille devant les poissons-pyjamas, poissons-cochers ou les poissons-clowns qui tournoient autour des anémones. On suit un banc d’anges à tête bleue quand soudain on fait face à sept requins-nourrices assoupis à une dizaine de mètres sous l’eau. On dompte sa tachycardie par de longues respirations tout en pratiquant une brasse à reculons le temps de sortir la tête de l’eau à la hauteur de la terrasse du restaurant Celsius, pile à l’heure du petit-déjeuner. Ouf!

Toasts grillés à l’avocat et fruits exotiques accompagnent le mas huni, cette salade maldivienne au thon. Le chef Jameel Ahmed nous apprendra plus tard à la préparer nous-mêmes lors d’un cours de cuisine. On rajoute au mélange de thon blanc émietté et de chair de coco hachée de généreux zestes de citron vert, des oignons et des piments verts. Cerise sur le gâteau? La galette plate, encore fumante, appelée roshi. Ici, le thon reste la base de l’alimentation et se décline frit, séché, cru ou bouilli dans une soupe. Au fil de la journée, on le retrouve en farce dans un hedhikaa, un en-cas salé, grillé à la poêle ou frit qu’on avale à l’heure du thé dans une rue de l’encombrée capitale de Malé. Les pêcheurs attrapent encore la bonite à ventre rayé à la canne, une manière restée traditionnelle.

«Mais nos requins ne sont pas agressifs! Comme les chiens, ils sont joueurs», rigole Hassan Hamid à qui l’on raconte son expérience sous-marine. Le biologiste marin travaille depuis huit ans sur l’île et se décrit comme le jardinier des coraux dont il soigne et protège l’écosystème. «Les touristes ont développé une conscience écologique au même titre que l’autochtone. Nous devons préserver la richesse de notre biodiversité et de notre pays.» Depuis le tsunami, le gouvernement a appuyé sur l’accélérateur. La prévention s’apprend sur les bancs des écoliers. Une fois par mois, les élèves nettoient les plages de leur île. «Ici aussi, on recycle papiers, plastiques et verres et on dessale l’eau de mer pour la rendre potable.» Quant au client, il peut parrainer des coraux pour restaurer les récifs et suivre leur croissance à distance.

En marge des trois restaurants proposant une gastronomie italienne, japonaise ou européenne, le sommelier partage ses connaissances lors d’une dégustation de vin dans la cave abritant 6000 bouteilles ou d’un dîner privé concocté par le chef, les pieds dans le sable. (Crédits: Dr)

Un massage sous l’eau 

A l’extrémité de l’île, la responsable du spa nous fait découvrir le secret de son centre de bien-être construit sur pilotis. On descend une vingtaine de marches pour se retrouver à huit mètres sous l’eau dans une cabine de massage. Derrière les baies vitrées, deux poissons-perroquets nous dévisagent. «Ce spa sous-marin est unique au monde! Les clients qui n’osent pas faire de la plongée ou du snorkeling viennent ici. On peut aussi dîner ou dormir au milieu des poissons.»

De retour à la surface, la thérapeute commence le traitement traditionnel Dhimaalis qui rend hommage aux plantes indigènes. La peau, frottée avec du sable et de l’huile de coco, se rince dans la mer en sarong tandis qu’elle prépare un onguent. Une quinzaine d’herbes et racines sont à l’origine de cette recette qui se transmet de génération en génération. Avec sagesse, elle entame le massage: «On accueille la magnifique énergie de notre univers, on lâche les tensions musculaires et on rééquilibre la circulation sanguine.» Ainsi soit-il.

A vos baguettes 

La nuit tombe, au loin, le dhoni, un voilier en bois, revient de sa croisière parmi les dauphins. Au centre aquatique, on range le catamaran parmi les kayaks et paddles. Entre les cocotiers et bananiers de la petite forêt tropicale, «Chocolat» ronronne. L’unique chat de l’île se dandine parmi les lézards qui jouent à «un, deux, trois, soleil», se figeant comme une statue au passage du petit prédateur.

Dégustation d’un riesling suivi d’un bourgogne au Vinum, cette cave à vin souterraine et tempérée abrite 650 crus. Le chef sommelier originaire du Sri Lanka, Jude Perera, a sillonné la France pour y découvrir les meilleurs vins. Il ne tarit pas d’éloges sur ses 6000 bouteilles dont le prix le plus élevé titille les 41 000 fr. pour un jeroboam Château Mouton Rothschild 1er Grand Cru Classé de 2002. Lors du dîner japonais sur le ponton du Salt, le restaurant construit au milieu de l’eau, on se laisse surprendre par le cépage argentin Torrontés de San Pedro de Yacochuya pour accompagner les sushis de Jameel Ahmed. Le chef a été formé à Cape Town au restaurant Nobu, propriété de Robert De Niro, mais aussi à Hokkaido et Tokyo par des chefs japonais. Il ajoute une touche locale avec des épices et des herbes de son potager tout en jouant sur les textures croustillantes et moelleuses, indiscutablement sa signature.


PRATIQUE

Edelweiss Air opère des vols au départ de Zurich pour Malé. On opte pour le confort de l’economy max avec plus de place pour les jambes ou pour la classe affaires et ses délicieux repas, sa vaste carte de vins et sa sélection de films suisses.
www.flyedelweiss.com

Depuis 1979, Manta Voyages propose des voyages de plongée dans le monde entier: Maldives, l’île Maurice ou les Seychelles et des offres sélectionnées par les experts. Grâce à son expérience, ses relations personnelles, Manta est le spécialiste pour l’océan Indien. www.manta.ch

L’agence collabore notamment avec www.universalresorts.com et ses 9 îles-hôtels dont le cinq-étoiles Huvafen Fushi 
www.huvafenfushi.com

Eileen Hofer
Eileen Hofer

JOURNALISTE ET CINÉASTE

Lui écrire

Née en 1976 à Zurich. Études en Lettres. 2003: Post-grade en histoire du cinéma. A travaillé comme attachée de presse pour deux festivals de film. Depuis 2005, elle travaille comme journaliste et cinéaste. Elle lance un blog éphémère eileenexpresso.com en juin 2015. L'occasion de croquer ses voyages, raconter ses rencontres.

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