Bilan

Horlogerie: les créatifs à l’heure de la reprise

Premier rendez-vous majeur de l’année pour l’univers horloger, le SIHH voit les grandes marques mettre en avant l’aspect créatif de leurs produits. Un impératif à l’heure de la reprise pour la branche, si ces marques veulent se distinguer de la concurrence.

Chez Cartier, la collection Cartier Libre semble partir dans toutes les directions avec les divagations inspirées de la montre baignoire.

Crédits: DR

Création, inspiration, créativité, imagination, fantaisie, audace des lignes,… le champ lexical invoqué par les grandes marques horlogères présentes sur l’édition 2018 du Salon international de la haute horlogerie (SIHH) ne laisse pas de doute: pour ces grands noms du secteur, le temps est à placer sous les auspices des muses. Les montres connectées? Silence absolu. Les prouesses technologiques et les grandes complications qui repoussent les limites? Reléguées au rang de produits de niche. L’innovation dans les matériaux ou la recherche des dimensions extrêmes (extra-plates, modèles très grands ou très petits)? Oubliées.

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Ce qui est mis en avant, c’est la partie créative, le travail des graphistes, des coloristes, des dessinateurs, des artistes de chaque maison. Ainsi, chez Cartier, la collection Cartier Libre a été repensée avec notamment une série de déclinaisons de la montre baignoire pour femmes, qui a été tantôt allongée, tantôt tordue, tantôt éclatée ou encore débordée, comme si la marque emblématique avait voulu puiser dans des inspirations aussi variées que Klimt, Gérôme ou Dali.

Chez Hermès, l'inspiration figure dans l'ADN

Chez Hermès, présent au SIHH pour la première fois, cette mise en valeur des inspirations est inscrite dans l’ADN de la marque: «Chez Hermès, qui a toujours été artisan créateur, il y a de tout temps eu une importance cruciale pour l’aspect créatif. La marque a habitué tout le monde à être différent: c’est le sentiment d’avoir des origines et un ADN très distinct du milieu. Nous devons puiser dans notre histoire et nos univers (l’équitation, les voyage, l’univers marin) des inspirations, mais aussi des nourritures croisées de nos différents métiers: chaque métier (et peu de marques sont aussi riches en métiers que Hermès) doit nourrir la création», explique Laurent Dordet, CEO de La Montre Hermès.

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Alors que la branche horlogère vient de vivre trois années compliquées avec une croissance en berne, les indicateurs des derniers mois semblent pointer une reprise sur de nombreux marchés. En s’appuyant sur ces arguments de la création et de l’inspiration, les marques entendent placer leurs collections et leurs nouveautés sous le sceau des artistes.

Mouvements maison pour Baume & Mercier et Romain Jérôme

«Une stratégie intéressante car les différentes vagues observées ces dernières années, avec les arguments technologiques, l’innovation ou les exploits en termes de dimensions, semblent avoir atteint leurs limites pour séduire de nouveaux clients. Pour élargir le marché, il faut viser des acheteurs qui ont une affinité moins forte avec les prouesses horlogères et davantage séduits par une histoire et une originalité créative», analyse un influenceur, observateur attentif du secteur depuis deux décennies.

Autre tendance majeure qui se dégage de ce premier salon horloger de l’année: la volonté de maîtriser toujours davantage le processus, depuis la conception jusqu’à la distribution. C’est ainsi que certaines marques innovent et présentent ou annoncent leur premier mouvement maison, comme Baume & Mercier ou Romain Jérôme. Pour Baume & Mercier (qui a pu compter sur la collaboration du groupe Richemont et notamment de la manufacture ValFleurier), «il y avait cette volonté d’offrir au client un produit qui corresponde à ses attentes, avec des besoins spécifiques», glisse Marie Chasson, directrice marketing de la marque, qui spécifie que cette démarche a conduit à travailler sur le magnétisme, la précision, la fiabilité et et l’autonomie.

Du côté de Romain Jérôme, le tout nouveau CEO Marco Tedeschi annonce ce premier mouvement maison pour les mois à venir, «car il s’agit là d’un axe de développement stratégique pour nous de maîtriser ce segment».

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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