Bilan

Henri Giscard d’Estaing, l’incarnation du Club Med

Inauguration du nouveau visage d’un club le matin, pas de danse sous la musique des années 90 le soir: Henri Giscard d’Estaing vit l’expérience Club Med. La réouverture du village de la Pointe au Canonniers à l’île Maurice après 42 millions d’investissement est un soulagement pour lui.

  • Henri Giscard d'Estaing, président du Club Med, durant son discours inaugural à la réouverture de "La Pointe aux Canonniers".

    Crédits: Club Med
  • Le Club Med possède deux resorts sur l'île Maurice. Autant Albion (ici en photo) que "La Pointe aux Canonniers" sont au bord de l'océan. Mais les styles de ces deux destinations sont bien différents.

    Crédits: Club Med

Le décor colle parfaitement à l’image qu’a l’île Maurice: des plages de sable, des palmiers et des cocktails à base de noix de coco. Le Club Med de la Pointe aux Canonniers a subi un rafraîchissement conséquent. Si bien qu’il a dû être fermé durant 5,5 mois pour les travaux. Montant de l’investissement: 42 millions. Une somme élevée, mais elle en vaut la peine selon le président du Club Med Henri Giscard d’Estaing. Le resort est en effet le premier né sur l’île, avant que le Club Med n’ouvre «La Plantation d’Albion». Avec ses deux resorts à Maurice et leurs activités proposées, le Club Med attire de nombreux Suisses. Entretien avec le président du Club Med, Henri Giscard d’Estaing.

Vous venez d’inaugurer le resort de la Pointe aux Canonniers dans lequel vous avez investi 42 millions, que ressentez-vous?

Du soulagement! Faire cela en cinq mois de travaux est exceptionnel. Dans les Alpes, nous construisons un nouveau resort en 18 mois. Mais là, nous avons par exemple utilisé une technologie particulière: des préfabrications en bois venant du Jura. Cela a permis de rajouter 96 chambres, ce qui en porte le total à 378.

Pourquoi du préfabriqué importé, à l’heure où l’on parle autant local?

Il s’agit simplement d’une question de délai. Etant donné que nous avons dû fermer le resort pour les travaux, il fallait aller vite. Nous avons ensuite travaillé avec les trois plus grands constructeurs locaux pour tout mettre en oeuvre.

Je précise que le Club Med est très engagé sur la question de la durabilité. Nous respectons les critères d’attribution de la  certification Green Globe, et ce resort est certifié depuis six ans.

Vous avez une idée du manque à gagner dû à la fermeture de ce Club Med?

J’ai une idée, mais je la garde pour moi. (Rires)

Que représente le marché suisse pour vous?

C’est un marché intéressant. L’île Maurice constitue par exemple 10% du business des clients suisses. En 2018, c’est tout le marché helvétique qui était en croissance, avec 3% de clientèle en plus et 15% de chiffre d’affaires. Ce sont les résultats de la stratégie de  montée en gamme.

Comment vous placez-vous par rapport aux questions environnementales, aux personnes qui poussent les autres à ne pas prendre l’avion?

Nous essayons à notre niveau de protéger la nature et l’environnement. Nous avons pour cela créé le premier référentiel d’écoconstruction Club Med – BREEAM «Resort» et le faisons respecter dans nos rénovations et extensions. De plus, le tourisme fait vivre des millions de personnes. Maurice sans touristes? L’île aurait d’énormes problèmes. Ce sujet mérite son attention. Nous sommes prêts à prendre des mesures de compensation en carbone, mais cela dépend des gouvernements et de l’Europe.

Comment choisissez-vous vos emplacements?

Le Club Med suit l’esprit pionnier qui le caractérise. Club Med a souvent été le 1er à découvrir des sites et à s’y installer avant les autres. Le prochain Club Med ouvrira en République Dominicaine sur un site préservé. Miches Palya Esmeralda sera le 1er Club Med Exclusive Collection aux Caraïbes. Aujourd’hui, il n’y a rien à part un hôtel. Il n’y a pas de restaurants, pas d’activités, et il a fallu faire attention à de nombreux aspects pratiques. La chose la plus importante est l’accessibilité. Il faut que l’accès soit facile, notamment par avion.

Vous êtes propriétaires de tous les lieux?

Pour l’île Maurice, nous trouvons des partenaires financiers qui investissent à nos côtés. Dans ce cas, c’était la Mauritius Commercial Bank qui a investi, et nous sommes locataires. C’est un modèle économique rentable, puisque c’est, pour ces grands investisseurs institutionnels, la possibilité de créer des sites, des actifs immobiliers de très grande valeur et d’avoir un revenu plus régulier. Notre vocation n’est pas ou n’est plus d’être propriétaire des murs. Ça ne veut pas dire que de temps en temps, pour accélérer un projet ou pour montrer notre engagement, nous investissons. Pour nos clients, cela ne fait aucune différence mais cela change tout pour nous, car nous pouvons accélérer notre développement.

Être locataire vous donne davantage de latitude pour abandonner ou non une destination?

Nous sommes locataires à long terme, on s’engage bien sûr pour une longue durée.

Mais disons qu’effectivement, au bout de cette période, si la destination n’est plus aussi attractive, cela peut nous donner l’opportunité de nous retirer.

Une autre forme de développement est celle que nous pratiquons en Asie. On l’appelle le management. Dans ce cas-là, nous sommes simplement en charge de la commercialisation et de la gestion, sur une base variable. Nous partageons le revenu et le bénéfice avec le propriétaire. C’est une solution plus intéressante pour les investisseurs.



L’île Maurice et le Club Med: une histoire qui dure

Implanté depuis plus de 40 ans à l’île Maurice, le Club Med a donc choisi d’investir 42 millions sur son site de «La Pointe aux Canonniers». Un événement presse qui a eu lieu début juin a vu affluer une centaine de journalistes et influenceurs du monde entier. Le groupe tenait à présenter le positionnement et les spécificités de cette destination du nord-ouest du pays.

Crédits: Club Med.

Le village est davantage destiné aux familles que «La Plantation d’Albion». Les encadrements enfants (des bébés aux ados) et les activités nautiques comme le ski nautique, le wakeboard, le kayak ou le snorkeling sont proposées aux clients. Les G.O (Gentils Organisateurs) encouragent, tout comme les autres personnes qui prennent part à l’activité. L’«Esprit Club Med» a justement pour idée de fédérer les clients et de leur donner envie de revenir. Preuve en est que cela fonctionne: une dame, la soixantaine, qui part trois semaines chaque année dans ses destinations favorites. Connue de tous les employés des différents villages où elle séjourne, elle est l’exemple-même d’une personne séduite par le concept des vacances haut de gamme tout compris.

Crédits: Club Med.

Pour coller à la montée en gamme du Club Med - montée en gamme souhaitée et entamée depuis maintenant plusieurs années, le club mauricien s’est doté d’un espace «Zen». Cet espace comporte un hammam et un «Spa by Cinq Mondes». Il est possible d’y réaliser des soins du visage et du corps, et le décor en bois a été conçu de façon à proposer une ambiance relaxante et harmonieuse. Pour aller plus loin dans cet esprit de relaxation, le Club Med s’est doté de plusieurs piscines. L’une destinée aux enfants seuls encadrés par les GOs, une autre pour tout le monde et une dernière réservée aux adultes, dans un cadre plus relaxant, face à l’océan. Les chambres sont elles simples et fonctionnelles, et cela dans les deux villages mauriciens. Pas de fioritures, une couleur dominante et des meubles collant avec le style «île paradisiaque» occupent les lieux.  Certaines chambres disposent de baies vitrées qui donnent sur l’océan.

Différentes gammes de chambres existent, de la simple au duplex ou encore la villa privée avec gouvernante (aux Villas d’Albion à La Plantation d’Albion). Le tout est d’opter pour celle qui colle au budget.

Quant à l’ambiance, elle reste fidèle au Club Med. Que ce soit à La Plantation d’Albion ou à La Pointe aux Canonniers, les G.O n’hésitent pas à s’asseoir à table avec les clients pour discuter.  A la Pointe aux Canonniers, le restaurant comporte un espace buffet plus “classique” et moins typé île. Cependant, il ne s’agit que d’un des plusieurs restaurants présents sur le site.

A cela s’ajoutent les bars et les soirées en musique. Les tubes les plus connus passent, des “Démons de Minuit” jusqu’à Avicii. Sur certaines musiques, les G.O, habitués du Club Med,  entament des chorégraphies en rythme... Entre deux chants live de la soirée d’inauguration, il est possible de voir Henri Giscard d’Estaing reconnu par un client et pris en photo.

Cet article a été rendu possible grâce à la prise en charge de certains frais par le Club Med.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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