Bilan

Genève sera la capitale mondiale du vin cet été

Du 15 au 19 juillet, les meilleurs spécialistes mondiaux de la vigne et du vin se rencontreront à Genève. La présidente Simone de Montmollin conduit ces vendanges genevoises qui coïncident avec la Fête des Vignerons.

Simone de Montmollin: «Dans un marché concurrentiel, la Suisse a besoin de notoriété.»

Crédits: Olivier Vogelsang

Elle parle d’une voix douce, mais ferme qui laisse percer un tempérament fort. Ingénieure œnologue, députée au Grand Conseil genevois, Simone de Montmollin est à la tête du comité d’organisation du 42e Congrès mondial de la vigne et du vin qui va réunir 600 spécialistes d’une quarantaine de pays en juillet prochain.

Si elle vit dans la campagne genevoise avec ses deux filles et son mari, c’est à Mies (VD) qu’elle a grandi: «La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Mon père, d’origine allemande, est arrivé en Suisse dans les années 50, mais il est décédé quand j’avais 12 ans. Ma mère a dû élever quatre enfants. Cadette, j’ai compris qu’il fallait se battre pour gagner son indépendance.» Elle finance ses études et se spécialise d’abord en communication et management. En 1997, elle plonge dans le monde du vin et obtient son diplôme d’ingénieure en œnologie à Changins (VD). Son mari Alexandre de Montmollin vient aussi du monde de Bacchus. Issu d’une génération de vignerons d’Auvernier (NE), il est chef de service à l’Office genevois de l’agriculture et de la nature. Le monde du vin
les a réunis.

Six régions représentées

La Suisse a été désignée au Brésil en 2016 lors de l’assemblée générale de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) qui siège à Paris: «Membre à part entière de l’OIV, la Confédération sera le pays hôte. La Suisse joue un rôle plus important que la taille de son vignoble ne le laisse supposer», commente la présidente. 

Très impliquée dans les travaux des commissions, sa délégation a pu influencer les résolutions et apporter une contribution tangible à la gouvernance mondiale du vin. «Depuis l’an 2000, ces résolutions sont reprises par l’UE, avec qui la Suisse œuvre également en faveur d’une harmonisation des règles. De ce fait, les vins suisses bénéficient d’une législation compatible avec celle des voisins européens. Cela évite des barrières législatives et assure les mêmes reconnaissances.»

Accueillir le congrès de l’OIV après quarante-deux ans d’absence, c’est une opportunité unique pour la Suisse de présenter aux 46 autres pays membres la qualité de ses vins et de son savoir-faire. De nombreuses occasions de promotion, valorisant les six régions viticoles suisses, sont prévues. Genève et ses communes ont accordé un appui moral et financier. Puis, le canton de Vaud, les six régions viticoles suisses à travers leur office de promotion ainsi que des partenaires privés ont rejoint le projet.

Montrer une Suisse riche en diversité

L’association chargée de l’organisation a travaillé avec tous les partenaires de la vitiviniculture suisse, tout en mettant en valeur les identités régionales. Suisse alémanique et Tessin, malgré leur éloignement, sont aussi partie prenante: «Le but est de montrer une Suisse riche en diversité, mais lisible et cohérente, et de maximiser les échanges entre les participants et les professionnels suisses. Cela représente un travail de conviction et un effort de coordination importants», concède Simone de Montmollin. 

Que faire pour vendre les vins suisses à l’étranger? «Dans un marché globalisé
et aussi concurrentiel, la Suisse a besoin de notoriété. Ce congrès permet de renforcer la notoriété de nos vins à l’étranger et par ricochet, aussi en Suisse. 

S’agissant de l’export, les producteurs se trouvent face à un dilemme. La part des vins suisses sur le marché intérieur est relativement faible (environ 35%). Les producteurs suisses cherchent avant tout à maintenir cette part. Les volumes étant limités et les risques élevés, les initiatives à l’export restent marginales. A titre personnel, je pense que la notoriété doit aller de pair avec une présence accrue des meilleurs vins suisses à l’étranger.» 

Oliver Grivat

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