Bilan

Genève, grande ville d’art à sa manière

Avec Artgenève fin janvier et la nouvelle biennale de Genève Sculpture Garden cet été, Thomas Hug veut faire de la ville du bout du lac un lieu incontournable pour les amateurs d’art.

Thomas Hug dirige Artgenève depuis sa création en 2012.

Crédits: Annik Wetter

Artgenève prend de plus en plus d’ampleur. Grâce à l’ambition de son fondateur Thomas Hug, ce salon d’art contemporain et d’art moderne a enregistré pas moins de 25 000 visiteurs l’an dernier à Palexpo et connaît un succès grandissant au niveau national et international. Là où il se différencie d’autres foires, c’est qu’il accueille non seulement des galeries provenant du monde entier, mais également une trentaine de collections institutionnelles et privées dont celles du Centre Pompidou, de la Royal Academy of Arts de Londres ou encore du Mamco.

Organisé cette année du 30 janvier au 2 février, Artgenève entend garder un format volontairement plus restreint que sa concurrente Art Basel. «Nous limitons le nombre de galeries exposées à moins de cent car on sent une fatigue des foires surdimensionnées», affirme Thomas Hug. Ce dernier reconnaît cependant le rôle phare de Bâle pour faire briller la Suisse sur le marché de l’art. Il profite ainsi de la venue d’un public international durant Art Basel pour proposer cet été une étape dans la ville du bout du lac. La deuxième édition de sa Biennale Sculpture Garden aura lieu durant quatre mois, du 12 juin au 10 septembre, et permettra à de nombreux artistes d’exposer leurs sculptures et autres créations dans les parcs et sur les quais genevois.

Avec ces deux événements de nature différente, il entend faire de Genève un rendez-vous incontournable des grands amateurs d’art. «Il y a une place à prendre au niveau national et international», estime Thomas Hug. La Suisse romande présente en effet plusieurs atouts. Outre les ports francs qui recèlent la plus grande concentration d’œuvres d’art du monde, la région enregistre un grand nombre de collectionneurs.

Ces derniers, comme certaines institutions bancaires, ouvrent par ailleurs leurs portes durant Artgenève afin de dévoiler leurs trésors au public. Parmi les autres moments forts de cet événement, un cycle de conférences – les Art Talks – est organisé en partenariat avec Christie’s, avec notamment Dominique de Villepin et l’artiste Craig-Martin. Mais également des performances musicales gratuites
au Victoria Hall ou encore un restaurant et bar éphémères, ouverts une semaine avant le salon à la rue des Bains, et dont l’artiste Philippe Cramer a réalisé le design.

Les galeries souffrent

Alors que les galeries d’art en Suisse romande souffrent depuis quelques années en raison de frais fixes élevés et d’une baisse des visites, ce n’est pas le cas des foires et des ventes aux enchères qui monopolisent l’attention des acheteurs. Cela notamment car les foires exposent des centaines d’artistes et des pièces uniques dans un même lieu. Artgenève concentre, par exemple, près de 1000 artistes et de nombreux experts disponibles pour donner des conseils aux visiteurs. De quoi présenter tous types d’artistes à tous types de prix, allant de quelques milliers à plusieurs millions de francs. «Les galeries apprécient ces foires. Plus de 90% d’entre elles reviennent chaque année», se réjouit le fondateur d’Artgenève.

Thomas Hug a également lancé il y a cinq ans la foire ArtMonte-Carlo, qui rassemble principalement les très grosses enseignes. Moscou, où se trouvent de nombreux collectionneurs, amateurs d’art et institutions, est également dans le pipeline. «Le dénominateur commun est la notion et le trademark de «salon d’art», un événement à taille contrôlée qui s’éloigne du concept de foire, en donnant autant de visibilité aux marchands qu’aux institutions commerciales et où l’on trouve des artistes pour tous les goûts et pour toutes les bourses.»

Artgenève, du 30 janvier au 2 février 2020 à Palexpo, https://artgeneve.ch
Artmonte-carlo, du 1er au 3 mai 2020 au Grimaldi forum Monaco.
Geneva Biennale Sculpture Garden, du 12 juin au 10 septembre 2020, Genève.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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