Bilan

Freeride: des cours pour les nuls

Faire du ski en dehors des pistes est une pratique parfois risquée, mais ô combien grisante! Diverses stations proposent des initiations, dont Engelberg, dans le canton d’Obwald. Reportage.

  • Ce sport demande de la technique, de la concentration et de la confiance.

    Crédits: Oskar Enander
  • Dans un tel environnement, connaître les limites des uns et des autres est primordial.

    Crédits: Christian Perret/swiss-image.ch

Les pentes à dévaler sont impressionnantes. Pourtant, grâce aux conseils de Robert, tout paraît facile. Robert est l’un des guides de montagne qui pratiquent des initiations au freeride. Le Suédois d’origine s’est établi à Engelberg, au sein de la station au pied du Titlis. Avec ses multiples parcours plus ou moins compliqués, le domaine attire les freeriders.

«La semaine dernière, j’étais avec un Finlandais et deux Français», raconte le guide. Au programme: du ski au milieu des pierres et des arbustes qui parsèment les montagnes. Le secret est de s’adapter à tout: aux conditions d’enneigement, de météo, mais aussi au niveau des clients.

Le freeride, un sport dangereux? «Pour autant que vous fassiez attention et que vous soyez bien préparé, il ne devrait pas y avoir de problème», assure le guide. L’offre de certaines destinations comprend la découverte du freeride. A Engelberg comme ailleurs, le matériel est soigneusement contrôlé avant d’être prêté. Le sac à dos qui contient l’ABS, sorte d’airbag à déployer en cas d’avalanche, comporte aussi un DVA (détecteur de victime d’avalanche), une pelle et une sonde.

Engelberg mise beaucoup sur le freeride. (Crédits: Roger Gruether/ Engelberg-Titlis Tourismus)

Test de niveau, puis slalom entre les rochers

L’approche de Robert est pragmatique. «On va déjà faire cette piste pour que j’évalue le niveau», annonce-t-il. Ensuite, la clé est de s’adapter. Le guide n’hésite pas à corriger la position sur les skis, différente en hors-piste que sur les pentes balisées. Très à l’écoute, il propose des parcours de plus en plus techniques, sans pour autant aller trop loin. Dans un sport comme le freeride, connaître les limites des uns et des autres est primordial. Forcer s’avère souvent une mauvaise idée, comme en témoignent les multiples accidents survenus. 

Les guides agréés comme Robert connaissent parfaitement leur terrain de jeu. Ils peuvent parler du manteau neigeux et expliquer précisément où se situent les risques. Le Suédois parle d’une saison avec un enneigement correct, mais le vent s’est beaucoup manifesté durant l’hiver. Résultat: des coins pelés et d’autres où la neige est abondante. 

Qu’à cela ne tienne, les bons skieurs parviennent à slalomer en passant entre les gouttes – ou plutôt entre les cailloux. Les couloirs sont parfois étroits, avec une belle pente à remonter en cas de chute. L’avantage des parcours d’Engelberg est que bon nombre d’entre eux sont peu éloignés des remontées mécaniques. Il faut en revanche arriver en forme et rester concentré.

Après deux heures à suivre Robert, les jambes commencent à flageoler et les virages se font plus rudes. Lui reste toujours devant pour montrer le chemin. «C’est un peu de la triche, vous voyez les bosses», lance-t-il avec un sourire. Sauf que les voir est une chose, gérer la descente et la fatigue en est une autre. 

Avec son versant nord, Engelberg a largement développé son offre freeride. Les autochtones parlent de cinq descentes différentes qu’il est possible de faire sans jamais déchausser. Et on a envie de les faire, ces descentes! A les regarder depuis en bas, les tracés n’inspirent pas. Mais une fois dessus viennent le côté grisant et la fierté d’y parvenir. Il faut de la technique, de la concentration, de la confiance aussi.

Mais le plaisir est là: il n’y a personne alentour et on se sent extrêmement petit face à la montagne. L’approche est totalement différente que sur les pistes, où le danger principal est d’éviter le pseudoprofessionnel qui fonce en espérant que les autres skieurs se retirent de son chemin. En freeride, le danger est de se croire plus fort que la nature et d’être mal informé. Le risque zéro n’existe pas, mais que cette liberté encadrée est grisante!  

Bilan a été invité par Suisse Tourisme et Engelberg-Titlis Tourismus.


Un projet pour s’agrandir 

Titlis 3020 Les installations de remontées mécaniques du Titlis devraient faire peau neuve. Un projet nommé Titlis 3020 est sur les rails. Le but est de répondre à la demande des touristes en termes de quantité, mais surtout de qualité. «Il manque un peu de place», estime Peter Reinle, directeur marketing au sein d’Engelberg-Titlis Tourismus. Ce projet s’articule en quatre grands travaux. La station sommitale devrait être totalement reconstruite. Le tunnel qui relie la station à la tour de télécommunication sera élargi. Ladite tour, quant à elle, sera rénovée puis ouverte au public. Enfin, de nouvelles télécabines seront installées pour transporter davantage de monde. Le financement des quelque 100 millions de francs requis pour les travaux est déjà tout trouvé. Reste à convaincre les autorités bernoises et obwaldiennes. L’installation se situant sur la frontière entre les deux cantons, l’aspect administratif est plus compliqué. 

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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