Bilan

Fini le bling-bling, place aux émotions

Quels petits paradis font encore rêver les milliardaires en vacances? Tour d’horizon.

Louer une île pour les vacances? Trop commun. Dîner à la table d’un maharadja? Déjà fait. Aujourd’hui, dépaysement et confort cinq étoiles à l’autre bout de la terre ne suffisent plus à séduire les richissimes globe-trotteurs. Entre leur penthouse à New York, une Finca au Portugal et la villa sur la Côte, luxe et service sont déjà le minimum syndical requis au quotidien. Non, il faut beaucoup mieux et en un minimum de temps. Paul Kennes, cofondateur de l’agence Horizons Nouveaux à Verbier, spécialisée dans les voyages de très haut standing, confirme: «Il faut pouvoir surprendre; offrir une aventure et une expérience émotionnelle forte en un temps record, car nos clients ont un agenda très rempli qui ne leur permet pas de partir plus d’une semaine. Aujourd’hui luxe ne rime plus avec palace, mais avec authenticité du vécu.»

Des ambiances personnalisées

Parce que le Maroc possède un profil idéal pour jouer la proximité et l’immersion totale dans un décor chaque jour différent, c’est l’une des destinations que les agences haut de gamme apprécient particulièrement. D’ailleurs, quelques établissements au concept novateur ont ouvert il y a peu, répondant à une nouvelle idée du luxe, adaptée à une clientèle très experte en la matière. La société Maisons des Rêves, créée par Thierry Tessier en 2002, propose d’immerger le client dans un univers pensé pour lui, sur mesure selon ses envies et ses goûts. Le but? Réveiller des émotions, par la création de moments de vie unique tout au long du séjour. Pascale Roumilhac, responsable marketing: «Dans notre établissement le Dar Alham, il n’y a aucune contrainte. Pas d’horaire ni de menu, pas de réception ni de clés aux portes. Tout est construit autour des envies du client, à son rythme. Il nous suffit de savoir à quoi il est éventuellement allergique ou ce qui n’est pas à son goût. Pour le reste, chaque jour est une suite de surprises. Le petit-déjeuner n’aura jamais deux fois la même saveur, le pique-nique au bord d’une rivière ou en plein désert sera du pur raffinement en accord avec l’authenticité du lieu, l’apéritif au coucher du soleil aura été pensé uniquement pour lui, sans personne d’autre que lui, avec une mise en scène toujours différente. Nous travaillons les odeurs, le goût, la vue, pour que chaque sens fasse son travail de mémoire.» Fabriquer des rêves deviendrait presque une science.

Très exclusif aussi, le groupe familial Oetker, propriétaire entre autres de l’Hôtel du Cap-Eden-Roc ou le Bristol à Paris, va bientôt s’adjoindre la gestion du tout nouveau Palais Namaskar, qui ouvrira début 2012 aux portes de Marrakech. Ses 41 villas avec piscines privatives, cascades et bassins sur plus 40 000 m2 de jardin et jet privé à disposition pour les déplacements promettent les Milles et Une Nuit. «La signification originale du terme «Namaskar» est «l’esprit qui m’anime respecte l’esprit qui vous anime». C’est dans cette philosophie que nous souhaitons traiter nos hôtes», explique Emilie Pignol, directrice commerciale de l’établissement. Au programme, une nuit en bivouac de luxe dans le désert avec transfert en hélicoptère, ou encore une immersion dans les montagnes de l’Atlas, selon le forfait.

Maroc  Pas d’horaire ni de menu au Dar Alham. Tout est construit autour des envies du client.

Des camps itinérants en plein désert ou dans la jungle

Grand luxe doit pouvoir rimer avec aventure tout confort. Paul Kennes, Horizons Nouveaux: «Le bling-bling n’est plus tendance. Proposer à nos clients de leur ouvrir les portes d’un palais de maharadja en Inde ne les amuse pas, car leur agenda est rempli toute l’année  de rencontres de personnalités! Ils attendent de vivre des expériences excitantes, sentir l’adrénaline monter.» En bref, s’encanailler en toute sécurité. Le nec plus ultra: un séjour en campement nomade, créé sur mesure, dans le sultanat d’Oman ou au Cambodge, par exemple.  La traversée du désert d’Oman, le Rub’ al Khali appelé aussi Empty Quarter, reste une des destinations très exclusives. Aucune autre agence ne le propose et seules quelques personnes au monde peuvent se targuer de l’avoir traversé. Un must! Mais dans ce labyrinthe féerique et troublant composé de dunes de sable hautes de 300 mètres, le danger de se perdre est réel. Et le silence déroutant. Les locaux ne s’y aventurent jamais. Mais au final, des campements cinq étoiles toujours différents attendent les aventuriers du désert. Tentes cubiques très design, berbères ou sahariennes, repas raffinés et salle de bains tout équipée, rien n’est laissé au hasard. A la pointe du concept, Paul Kennes vient de créer «Amazing Escapes», une société spécialisée dans ces campements. «Nous en sommes à la troisième génération. Avec l’aide de spécialistes, nous avons mis au point un style de campement écologique avec tentes posées sur des plateformes, adaptables sur tout terrain, même protégés. Un système de recyclage de l’eau permet de pouvoir prendre sa douche en plein désert sans problème. Alimenté par panneau solaire, aucun besoin d’électricité.» Au Cambodge, c’est au travers de la jungle en quad, avec des campements installés en pleine nature, au bord d’un lac, au pied d’un temple, sur une île du Mékong, que l’aventure a lieu.

Des rencontres authentiques

Autre tendance très en vogue, le retour à l’authenticité. Rencontre avec les populations locales et connaissance approfondie des cultures sont aujourd’hui prisées. Le groupe hôtelier Amanresorts se démarque par la mise à disposition de ses hôtes d’ambassadeurs culturels prestigieux. Au Cambodge, l’Hôtel Amansara, autrefois demeure du roi Norodom Sihanouk, propose ponctuellement de faire découvrir à ses clients les sites les plus secrets d’Angkor grâce à l’archéologue Richard Fletcher, professeur à l’Université de Sydney et directeur du projet «Great Angkor». Au Laos, à l’Amantaka, c’est le prince Nith en personne qui les initiera aux coutumes de la danse, de la musique et des cérémonies bouddhiques de Luang Prabang. Au Bhoutan, à l’Amankora, pendant les «yoga retreat», c’est le maître bouddhiste Cora Wen, professeur de yoga Iyengar et de méditation, qui accompagne les hôtes dans leur voyage spirituel au cœur du Royaume du Dragon.

Pour Bruno Kempf, fondateur de l’agence genevoise BK Organisation, spécialisée dans les voyages grand luxe, la demande de voyages culturels est croissante. «Il y a encore quatre ou cinq ans, le nec plus ultra était de louer une île déserte, aujourd’hui c’est complètement dépassé. Les clients veulent pouvoir se sentir immergés dans la culture, connaître le mode de vie des locaux, faire des rencontres enrichissantes. Il faut savoir les étonner.» Passé expert en la matière, Bruno Kempf n’hésite pas à organiser de magnifiques dîners hors des circuits habituels. Au Vietnam, ce sera un somptueux tête-à-tête aux chandelles, dans une grotte naturelle dominant la baie d’Halong, accompagné de musiciens du philharmonique d’Hanoi. En Afrique, en Namibie et au Kenya, BK organise des safaris aériens avec pilote et guide privé, avec étapes au cœur des plus beaux sites sauvages et déjeuners en pleine savane, la grande tendance du moment. «C’est la promesse de survoler des paysages grandioses, que seul un guide expérimenté pourra faire découvrir. La réussite d’un voyage est totalement basée sur la qualité de nos relais sur place.» Chez Kuoni, le safari aérien haut de gamme est très demandé. Peter Brun, directeur communication Kuoni: «En ce moment, nous voyons une grande demande pour des safaris en Afrique de l’Est et du Sud. Le Botswana est un des pays les plus plébiscités. Nos clients veulent une expérience exceptionnelle dans la nature, avec une hôtellerie luxueuse, sous tente ou en lodge. Nous venons d’organiser un safari sur mesure pour une famille.» Prix du voyage? 130 000 francs.

Cambodge L’Hôtel Amansara propose de visiter les sites cachés d’Angkor avec un grand archéologue.

Maison Dar Alham: 1200 francs par nuit tout compris. Campements itinérants: dans le désert, pour 10 jours, tout compris, compter entre 100 000 et 300 000  francs pour une dizaine de personnes.

Au Cambodge, la somme peut même grimper jusqu’au million de francs, selon le décor et les souhaits du client. Amansara, Cambodge: 800 francs par nuit. Amankora, Bhoutan: environ 1200 francs par nuit.

Crédits photos: Dr

Cristina d’Agostino

Aucun titre

Lui écrire

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."