Bilan

Du bitume aux nuages: l'automobile conquiert l'aviation

Voler sur un jet Honda, Mitsubishi ou Mercedes-Benz? L’industrie automobile s’attaque à l’aviation privée et vient développer dans les avions ses compétences en termes de motorisation ou de design.
  • Les designers de l’industrie automobile haut de gamme (ici les studios de Daimler AG) s’attaquent à l’univers de l’aéronautique.

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  • Avec son nouvel appareil, HondaJet veut s’imposer sur le marché de l’aviation d’affaires.

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  • Les designers de Mercedes-Benz ont conçu une cabine selon les codes de la marque, en coopération avec Lufthansa Technik.

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Nées presque en même temps, les industries automobile et aéronautique ont longtemps vécu sans relations directes. C’est seulement à partir des années 1960 que les fabricants de voitures ont commencé à s’inspirer de leurs cousins constructeurs d’avions: freins carbone, ABS, ordinateur de bord ou encore GPS sont issus de la recherche aéronautique et équipent aujourd’hui la plupart des automobiles.

Ces dernières années, les relations semblent s’intensifier. Au Japon, Honda étoffe sa gamme d’aéronefs destinés aux clients fortunés et Mitsubishi revient dans cet univers. Initiée en 1986, la branche aéronautique de Honda a pris son temps pour déboucher sur un appareil: le HondaJet HA-420 sera le premier avion construit en série par la firme japonaise (après deux prototypes MH01 et MH02) et devrait entrer en service cette année. Prix annoncé: 3,65 millions de dollars pour un appareil dont le rayon d’action avoisine les 2000 km avec une vitesse maximale de 787 km/h.

Mercedes et Lufthansa Technik collaborent

Du côté de Mitsubishi, le MRJ (Mitsubishi Regional Jet) est avant tout destiné à un usage commercial, mais les premières présentations de l’aéronef à l’automne 2014 semblent avoir suscité l’intérêt de clients privés, et le constructeur pourrait proposer des versions jet privé de son appareil. D’autant que le MRJ affiche des performances intéressantes: un rayon d’action jusqu’à 3380 km et une vitesse de croisière de 828 km/h. Son prix devrait tourner autour de 42 millions de dollars en version commerciale. Initialement prévue pour la fin de la décennie 2000, la mise en service est désormais annoncée pour 2017.

Autre incursion de l’automobile dans le ciel: la collaboration entre Mercedes-Benz et Lufthansa Technik. Si ce partenariat ne va pas aussi loin que la stratégie de Honda dans le développement d’une gamme d’appareils faits maison, l’initiative est intéressante. Les designers du groupe Daimler AG ont travaillé avec les ingénieurs de la filiale maintenance et aménagement de la compagnie aérienne allemande sur un intérieur d’avion.

Ils ont choisi deux modèles, l’Airbus A320 et le Boeing 737, pour des clients fortunés qui ne souhaiteraient pas se limiter à un jet traditionnel mais disposer d’un appareil privé de grandes dimensions.

Des systèmes Dassault dans les voitures

Cuir, bois précieux, écrans géants: tout a été conçu pour créer une atmosphère chic et moderne. «C’était un challenge motivant de transposer notre philosophie du design basée sur une sensualité épurée dans l’univers de l’aéronautique. Les formes claires combinées à la haute technologie connectée sont les traits caractéristiques», explique Gorden Wagener, vice-président en charge du département design chez Daimler AG.

Enfin, la tendance se retrouve aussi dans d’autres partenariats, comme ceux noués récemment entre Dassault Systèmes et l’équipementier automobile Akka Technologies. Dassault Systèmes avait développé dans les années 1990 le logiciel Catia pour dessiner ses appareils. Depuis, il a été adopté par la plupart des constructeurs automobiles. |

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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