Bilan

Dix grandes expos qui marqueront 2016

Vous aimez Balthus, la lingerie ou l’architecture? Voici dix événements artistiques qui s’annoncent enthousiasmants, que vous pourrez déguster ces prochains mois en Europe.
  • «Le jardin des délices» Jérôme Bosch, vers 1503. Visible au Prado de Madrid cet été.

    Crédits: Dr
  • Corset de satin de 1890, l’une des pièces d’«Undressed», au Victoria & Albert Museum.

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Dix événements artistiques pour la première moitié de 2016? Encore faudrait-il pour les sélectionner être au courant de tout. Si certaines institutions survendent ce qui devient de purs produits, d’autres éprouvent une peine extrême à communiquer. Là-dessus se greffent des sensibilités, nées de l’expérience. Voici donc une sélection, forcément subjective.

«Artgenève», Genève 

Cinq éditions, ce n’est pas encore l’âge de raison, même si la manifestation a connu auparavant d’autres formules. «Artgenève» offrira du 28 au 31  janvier à Palexpo un mélange de stands commerciaux et d’expositions culturelles. La taille du salon reste raisonnable. Ses ambitions aussi. L’équipe de Thomas Hug laisse une large place aux Genevois, tout en louchant sur Paris, Zurich et Berlin. 

«Jérôme Bosch», Bois-le-Duc et Madrid

Le peintre néerlandais est mort le 9  août 1516. Sa ville natale Bois-le-Duc, qui ne conserve aucune de ses 25 œuvres jugées autographes, est parvenue à rassembler 20 d’entre elles. Elles seront visibles du 13 février au 8 mai au Noordbrabants Museum. Elles partiront ensuite pour l’Espagne. Le Prado de Madrid proposera «Le jardin des délices» comme bonus lors de l’étape prévue du 31 mai au 11 septembre.

«Balthus», Vienne

L’exposition, accessible  jusqu’au 31  janvier aux Scuderie del Quirinale, à Rome (Balthus a longtemps dirigé la villa Medicis), rejoindra le Kunstforum de Vienne, du 22  février au 19 juin. Montée par Cécile Debray, la rétrospective compte plus de 200 numéros. Tout n’y figure pas. Certains tableaux du maître se retrouvent aujourd’hui exclus de prêt.

«Carambolages», Paris

Cette exposition au Grand Palais est la plus ambitieuse de la saison parisienne. La plus délicate aussi. Jean-Hubert Martin va regrouper 180 œuvres selon leurs «connexions formelles ou mentales». Giacometti, Boucher, Annette Messager et Rembrandt sont supposés avoir des choses à se dire. Le commissaire n’a pas droit à l’erreur. Les historiens de l’art l’attendent au contour, du 2 mars au 4 juillet. 

«TEFAF», Maastricht

Créée en 1975 et plusieurs fois rebaptisée avant de devenir «The European Fine Art Fair», la manifestation regroupera, du 11 au 20 mars, 275 exposants, dont la marchandise a été examinée par 175 experts. Le parcours va de la préhistoire à la peinture actuelle. Il s’agit d’une foire élégante, destinée à un public choisi. L’entrée au Maastricht Exhibition & Congress Centre (MECC) ne coûtera plus 55 euros catalogue compris en 2016, mais 40 sans le catalogue.

«Undressed», Londres

Les bonnes idées flottent dans l’air. Il y a eu en 2013 une exposition sur le sujet au Musée des arts décoratifs de Paris. Du 16  avril au 12  mars 2017, le Victoria & Albert Museum proposera 200 corsets, slips ou soutiens-gorge dans son département du costume. On peut compter sur son goût et son humour. «Shoes, Pleasure and Pain» ou «Wedding Dresses» ont connu d’éblouissantes réussites auprès du public.

Réouverture du Kunstmuseum de Bâle 

Le musée rouvre le 19  avril, avec comme exposition «Sculpture On The Move», agendée jusqu’au 18  septembre. Il s’agira d’un panorama allant de 1945 à 2015. Les regards seront tournés vers la nouvelle aile, construite par Christ & Gantenbein dans les temps et sans surcoût démentiel. Bâle a réussi le projet que Zurich a mis en chantier en 2015 et pour lequel Lausanne vient d’obtenir le feu vert du Tribunal fédéral.

«Biennale d’architettura», Venise

C’est la 15e mouture d’une manifestation qui a adopté en 2014 les mêmes dates que l’autre biennale. Mitonnée par le Chilien Alejandro Aravena, la version 2016 se déroulera du 28 mai au 27 novembre. L’Arsenale et les Giardini accueilleront la sélection officielle. Les pays, dont la Suisse, feront ce qu’ils voudront dans leurs pavillons nationaux ou dans des lieux loués en ville, d’où un certain chaos esthétique.

«Art Basel», Bâle

Ce sera la 47e fois que des galeristes internationaux se réuniront dans la cité alémanique. Aux débuts bon enfant a succédé un «must» snob. En 2016, chaque nouveau riche se doit d’être «arty» et d’aimer la création contemporaine. Il y aura du 16 au 19  juin 300 galeries à la foire principale de la Messe, plus toutes les manifestations annexes. Pour beaucoup, seuls comptent vraiment les vernissages des 14 et 15  juin.

Ouverture de la nouvelle Tate Modern à Londres

En 2000, l’inauguration de la Tate Modern dans une ancienne centrale électrique transformée par le tandem Herzog & de Meuron avait connu un triomphe. D’où cette extension biscornue par les mêmes architectes, que les Anglais ont surnommée «The Switch House». Le 17  juin, le public pourra entrer dans cette tour de 260  millions de livres. La Tate y aura gagné un accroissement de place de 60%. 

Etienne Dumont
Etienne Dumont

CRITIQUE D'ART

Lui écrire

Né en 1948, Etienne Dumont a fait à Genève des études qui lui ont été peu utiles. Latin, grec, droit. Juriste raté, il a bifurqué vers le journalisme. Le plus souvent aux rubriques culturelles, il a travaillé de mars 1974 à mai 2013 à la "Tribune de Genève", en commençant par parler de cinéma. Sont ensuite venus les beaux-arts et les livres. A part ça, comme vous pouvez le voir, rien à signaler.

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