Bilan

Diane Kruger, la fille à la bonne étoile

Muse de Karl Lagerfeld, égérie Jaeger-LeCoultre et actrice pour Quentin Tarantino entre autres, Diane Kruger façonne sa carrière avec intelligence. Son moteur : ne pas craindre d’avoir peur. Entretien.
  • Crédits: Jaeger Lecoultre
  • Crédits: Vincent Kessler/Reuters

Une peau diaphane, une délicatesse innée, une beauté hitchcockienne… Diane Kruger fascine. Derrière son regard angélique, on devine pourtant une rigueur sans appel. Sans doute son rêve de danseuse étoile gâché par une mauvaise blessure. Les podiums seront son salut. Vogue, Vanity Fair ou encore Harper’s Bazaar lui rendront son étoile au centuple.

Ambitieuse, elle tentera la plus ardente, celle de Hollywood, le « Walk of Fame » en ligne de mire. Après des débuts remarqués dans des productions françaises, elle accède en 2004 à la notoriété internationale grâce à son rôle d’Hélène de Troie aux côtés de Brad Pitt et d’Orlando Bloom.

Depuis, muse de Karl Lagerfeld, ambassadrice pour Jaeger-LeCoultre et actrice pour Quentin Tarantino, elle travaille entre la France et les Etats-Unis. Pourquoi elle, nous direz-vous ? Peut-être parce que l’époque des beautés brûlantes est terminée.

Peut-être parce qu’être touché par un physique fragile, un visage doux et une beauté poétique est désormais plus important. Une chose est sûre, Diane Kruger sait jouer de son charme naturel pour transmettre de l’émotion. Rencontre. 

Vous venez de terminer The Better Angels aux côtés de Jason Clarke, suite au tournage de deux films et une nouvelle série l’année passée. Vos impressions ?

The Better Angels est le premier film d’AJ Edwards. Dans ce film en noir est blanc, on y découvre l’enfance d’Abraham Lincoln mais aussi les tragédies qui l’ont marquée. J’y joue le rôle de sa mère.

Lorsque je pense aux films dans lesquels j’ai travaillé, je me rends compte que je vis des moments intenses et très créatifs. Mais je vous avoue me réjouir d’une chose en particulier: prendre un peu de temps pour faire un break à Paris avec mes amis. 

Pourtant une deuxième saison de la série The Bridge dans laquelle vous jouez a été commandée par la chaîne FX. Nous avons plutôt l’habitude de vous découvrir dans des films. Pourquoi vous tourner vers cet univers ?

Des chaînes câblées telles que F/X, HBO ou encore AMC vivent un véritable âge d’or en matière de séries. Les projets réalisés par ces chaînes sont souvent plus marquants que certains films. Les rôles féminins sont très intéressants et plus intenses que certains proposés au cinéma.

Lorsque j’ai été choisie pour The Bridge, j’étais réellement très excitée, car le caractère du personnage que je joue, le détective Sonya Cross, est complexe. Aujourd’hui, je suis ravie que la série plaise et soit reconduite. Cela étant dit, je vais bien sûr continuer à faire des films en français et en anglais !

Justement, vous alternez les projets plus intimistes et les superproductions, des rôles en anglais, en français… Avez-vous un plan de carrière ?

C’était mon rêve de pouvoir être capable de jouer dans différentes langues et différents pays. Il est vrai que j’accepte des projets très diversifiés mais, honnêtement, pour être actrice aujourd’hui, il n’est plus possible de réfléchir en termes de plans de carrière.

Tout est une question de timing et de chance : être au bon endroit au bon moment. Mais si vous me demandez avec qui je rêverais de travailler, je vous répondrai Michael Haneke. J’ai une profonde admiration pour lui, j’ai adoré tous ses films, et Amour est l’un de mes films favoris.

Justement, est-il difficile, lorsque l’on est une belle femme, ancien mannequin, de réussir à s’imposer pour obtenir des rôles sérieux, d’envergure, dans l’univers du cinéma ?

L’essentiel est d’être en mesure de transmettre de l’émotion. Un joli visage est bien évidemment toujours agréable à regarder, mais c’est ce qui se passe dans le regard qui fait la différence. Le meilleur conseil que l’on m’ait donné ? « Ne triche jamais avec tes émotions, le jeu n’est pas un coup de chance. N’aie pas peur d’avoir peur. »

Vous avez joué aux côtés de votre fiancé, Joshua Jackson, dans le film Fringe. Comment était cette expérience ?

Je rêvais d’incarner un monstre et de mourir d’une mort atroce et horrible… Ça s’est fait ! J’avoue que c’était très amusant!

Est-ce plus facile de vivre une histoire d’amour avec quelqu’un qui partage le même univers que vous ?

Toutes les relations sont merveilleuses et difficiles à la fois. Que vous soyez célèbre ou non, elles nécessitent de l’engagement et beaucoup de travail. Je fais de mon mieux, comme tout le monde. Ce métier et la célébrité nécessitent simplement un grand sens de l’organisation pour réussir à passer du temps ensemble. 

Vous êtes Allemande naturalisée Américaine, et vous vivez une partie du temps en France… Quel est votre pays de cœur ?

La France, bien sûr. Mais vous savez, je n’ai pas réellement envie de choisir, j’avoue que ces trois pays font partie de moi.

Vous êtes très discrète sur vos opinions politiques…

J’ai mes opinions, mais je ne peux ni voter en France ni aux Etats-Unis. Le seul endroit où je peux voter actuellement est l’Allemagne, où je ne vis plus. Il m’est donc difficile de m’impliquer en profondeur dans ces problématiques.

Comment réussissez-vous à décompresser?

Je dirais, en vrac : voyager, bien évidemment, mettre mon téléphone sur off et partir pendant plusieurs semaines, filer gravir une montagne, cuisiner, et déguster avec des amis du pain et un bon verre de vin.

Si votre carrière d’actrice devait s’arrêter demain, imagineriez-vous une reconversion ?

Peut-être en organisatrice de soirées ! Je suis quelqu’un de très méthodique et j’adore mettre en place des fêtes. Sinon, posséder mon vignoble avec un restaurant, ce serait incroyable.

Vous êtes l’ambassadrice des montres Jaeger-LeCoultre, et visiblement ce n’est pas qu’une histoire d’image, non ?

C’est très étrange, en effet, car je portais une montre Jaeger-LeCoultre bien avant que la manufacture ne me contacte. Elle m’avait été offerte à mes 18 ans. Maintenant, je les collectionne. Je suis touchée par la beauté de leurs garde-temps, pour moi de véritables œuvres d’art !

Quel modèle vous ressemble ?

Sans aucun doute je dirai que je suis une femme Reverso. Avec le temps, je suis devenue minimaliste. J’aime cette pièce, car c’est une montre classique, élégante et sobre, ce qui fait toute sa beauté à mes yeux.

Mais j’avoue beaucoup aimer porter une pièce avec des diamants lors de soirées, comme l’Iconic 101 de Jaeger-LeCoultre, qui apporte beaucoup d’effets et habille. La journée, je reste plus sobre. 

 

Lucie Notari

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