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Des séjours à la ferme toujours plus prisés

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Les nuitées dans des hébergements d’agritourisme ont fait un bond de 10% lors du dernier exercice. Une formule qui séduit avant tout les Suisses et les Allemands.

La ferme: un lieu qui séduit de plus en plus le public.

Crédits: DR

«L’agritourisme a clairement le vent en poupe. Aujourd’hui, le public cherche la nature, les destinations proches, les contacts sociaux, les séjours actifs et l’aventure. Autant d’expériences que permet cette forme de vacances.» Directeur d’Agritourisme Suisse, Andreas Allenspach apporte des données qui confirment qu’il s’agit bien d’un boom. Entre 2017 et 2018, les nuitées enregistrées dans quelque 450 hébergements de type ruraux en Suisse ont fait un bond de 10% pour grimper à 230 000 unités.

Ce volume représente un chiffre d’affaires de 7 millions de francs, soit une hausse de 33% par rapport à l’année précédente. Andreas Allenspach précise : «Les vacanciers proviennent essentiellement de Suisse et d’Allemagne. Malheureusement, sur ce début d’année, les chiffres sont en recul de 5% en raison du mauvais temps aus mois de mai qui a pénalisé le démarrage de la saison.»

Forte de 235 membres, l’organisation faîtière Agritourisme Suisse a été créée en 2010 suite à la fusion d’Aventure sur la paille et Vacances à la ferme, en coopération avec l’Union suisse des paysans. La Suisse alémanique regroupe la plus grande partie de l’offre, avec par ordre décroissant Lucerne et le lac des Quatre-Cantons, la Suisse orientale, les Grisons, la région zurichoise et en cinquième position, le Jura et les Trois-lacs.

Dans le Jura justement, le projet Marguerite soutient la professionnalisation de l’agritourisme dans le Jura, avec la création d’itinéraires équestres. Sur les hauteurs de Porrentruy, le centre d’interprétation agritouristique Ô Vergers d’Ajoie présente un Musée suisse des fruits, une distillerie et une collection d’alambics sauvés de la destruction. Chapeauté par la Fondation rurale interjurassienne, ce projet de développement régional pour le Jura et le Jura bernois oriente les agriculteurs intéressés. Dans ce cadre, une douzaine de métairies proposent ainsi des Assiettes Chasseral à partir de produits locaux.

De quoi se réjouir

Au chapitre des histoires réjouissantes, le plateau d’Ossona, dans le val d’Hérens en Valais, est revenu à la vie il y a une dizaine d’année grâce à l’agritourisme. Le hameau de la commune de St-Martin avait été abandonné au milieu des années 1960. Près d’un demi-siècle plus tard, la commune, le canton, la Confédération et le Fonds suisse pour le paysage se sont associés pour un projet novateur. Quatre habitations du 18e et 19e siècle ont été complètement restaurées, tandis que des projets d’exploitation agricole et de biodiversité étaient lancés parallèlement. Les constructions réunissent aujourd’hui sept gîtes d’une capacité totales de 34 lits. Chaque unité est équipée d’une cuisinette et d’une salle-de-bain. Dans la salle à manger de l’auberge trône le portrait de Victorine, une ancienne habitante de ce mayen. Situé à 950 mètres d’altitude, le site inaccessible aux voitures offre la vue sur les pyramides d’Euseigne,

On sait que les agriculteurs connaissent des difficultés à faire perdurer leurs exploitations face à des conditions de marché très défavorables. L’agritourisme représente pour eux une diversification intéressante, selon Andreas Allenspach. Celui-ci souligne : «Ce modèle constitue une opportunité en particulier pour les épouses sans formation agricole qui deviennent paysannes par mariage. En offrant des prestations touristiques, elles peuvent générer jusqu’à un tiers du revenu grâce à des activités de type tertiaire.»

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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