Bilan

Coup de cœur pour Eugénie-les-Bains

L’inventeur de la cuisine minceur et du thermalisme épicurien continue à enchanter ses hôtes dans le luxe poétique de son domainE, à Eugénie-les-Bains, dans les landes. Il compte même exporter son concept d’école de cuisine aux états-Unis. ça Vaut le voyage !
  • Crédits: Xavier Boymond
  • Crédits: Eléonore Guérard
  • Crédits: Tim Clinch

Il y a des noms de villes qui font rêver. Tombouctou, Zanzibar, Marienbad et La Havane font partie de mes préférés. Mais je rêvais depuis des années de me rendre à Eugénie-les-Bains. Ah bon ?, me répondait-on souvent, l’air dubitatif. Il faut admettre que les stations thermales françaises n’incitent que rarement aux rêveries vacancières. Mais Eugénie-les-Bains est un cas particulier. C’est l’univers merveilleux de Christine et de Michel Guérard. Un joyau de la grande gastronomie française dans un écrin de bien-être unique. J’ai fini par y aller. Visite guidée.

Depuis la Suisse, un vol sur Bordeaux, puis deux heures et demie de route vous mèneront à Eugénie-les-Bains. Plus vous vous approcherez du but, plus la route sera belle. Elle serpente dans les tendres vallons des Landes avant de plonger dans une forêt. Là, une petite église XIXe et quelques maisons pimpantes vous signaleront l’arrivée imminente. Sur la gauche, l’entrée du parc des Prés-d’Eugénie, le domaine des Guérard.

La porte du paradis

Après la barrière, le parc, magique, structuré et abondamment fleuri s’ouvre à vous. La route d’accès à l’hôtel s’arrête près d’un petit porche couvert : la porte du paradis ! De l’autre côté, l’allée s’avance vers la jolie façade blanche de l’hôtel, dans une cascade de roses et un bruissement de fontaines.

C’est dans cette petite station où l’impératrice Eugénie prenait les eaux que Michel Guérard a développé son approche de la grande gastronomie, aérienne et subtile. L’inventeur de la « cuisine minceur » a aujourd’hui 82 ans. Il n’en demeure pas moins fidèle à ses fourneaux et au talent qui lui a valu trois étoiles au Michelin et 19,5 au GaultMillau!

C’est lui qui a notamment révélé l’harmonie entre le vinaigre et le foie gras. C’est lui qui a participé au développement de la « nouvelle cuisine » dans les années 1970. C’est lui et son épouse Christine, héritière de la Chaîne thermale du Soleil, qui ont fait d’Eugénie-les-Bains le jalon du thermalisme épicurien qu’il est encore aujourd’hui.

Thermalisme épicurien

Jugez vous-même. Dans le parc, l’ancien grand hôtel aux boiseries et aux ferronneries XIXe prolonge le centre thermal. Un peu plus loin, c’est un hameau de maisonnettes de charme qui abritent des chambres somptueuses. A tester, le premier étage du logis des Grives auquel on accède par un jardin de curé: la chambre, un appartement en fait, se partage en espaces généreux, meublée d’antiquités mises au goût du jour.

Entre tissus joyeux et objets d’atmosphère, une grande cheminée trône contre le mur. Sous les plafonds hauts, une salle de bains s’articule autour de la théâtrale baignoire de marbre gris. Et comme fond sonore, il y a surtout le chant des oiseaux.

Le comble du luxe, c’est peut-être le moment du petit-déjeuner. On vous l’apporte dans la chambre ou, mieux, on vous le sert dans une salle à manger particulière, au rez-de-chaussée.

Depuis ces suites dispersées dans le parc, quelques pas mènent à la piscine extérieure ou à la ferme thermale. Et là, c’est un nouvel éblouissement. Autour d’un vaste salon boisé, à la cheminée monumentale où crépite le feu, les hôtes en peignoir sirotent tisanes et eaux parfumées. Puis on les emmène dans les cabines de soin pour des massages bienfaiteurs et des bains régénérateurs : ah, quelle volupté de se laisser flotter en apesanteur dans un bain de kaolin! 

Après le bain de jouvence, le repas

Ainsi régénéré, il ne reste plus qu’à passer à table. La cuisine est à l’image du chef: moderne, légère, inspirée : « Je joue la joie des saveurs, comme Mozart jouait les notes : impertinent, curieux et poète », dit le chef.

Le menu égraine les meilleurs produits et les apprêts les plus délicats sous l’œil vigilant du second de Michel Guérard, Olivier Brulard, meilleur ouvrier de France. Avec sa brigade, il renouvelle la carte au fil des ans et des saisons et réalise des plats signature, comme l’incroyable oreiller de mousserons aux morilles et aux asperges du pays. Inoubliable !

A l’aune d’un tel repas, on ne s’étonnera pas d’apprendre que parmi les cuisiniers formés à Eugénie-les-Bains figurent quelques-uns des plus grands chefs de la fin du XXe siècle: Alain Ducasse, Michel Troisgros, Gérald Passédat, Sébastien Bras, Daniel Boulud… Et l’on se dit qu’il faudra au plus vite refaire le voyage jusqu’à ce paradis unique qui concentre le meilleur de la tradition et de l’innovation à l’européenne.

Cela d’autant plus que Michel Guérard a ouvert en 2014 une école de cuisine où l’on peut s’initier à son art. Une entreprise dont le succès est tel que le chef compte prochainement exporter ce concept aux Etats-Unis !  

www.michelguerard.com

Knut Schwander

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