Bilan

Conseils pour chiner sans se tromper

Ras-le-bol des meubles standardisés? Envie de trouver un cadeau original? Petit guide pour dénicher sa pièce rare, alors que s’annonce la saison des vide-greniers et des brocantes.
  • Restaurateur de luminaires anciens à Montreux, François Cornaz n’a pas son pareil pour distinguer l’authentique de la copie. Parmi les plus copiés:les lampes Art Déco et les créations d’Emile Gallé.

    Crédits: Niels Ackermann/Rezo
  • Beaux objets de valeur: Mappemonde lumineuse des années 40.

    Crédits: Dr
  • Fauteuil «Louis Philippe» (1830 à 1848). Ce style sera remplacé par le style Second Empire.

    Crédits: Dr
  • Batman et Robin illustrent cette Lunchbox datant de 1966. Elle est mise en vente 68 dollars.

    Crédits: Dr
  • En Grande-Bretagne, le poinçon mentionne la qualité de l’argent, la ville de fabrication, l’orfèvre et l’année de réalisation. Pour décoder ces signes, des ouvrages spécialisés sont nécessaires.

    Crédits: Thierry Parel

Marchés aux puces, brocantes, antiquaires, vide-greniers, boutiques Emmaüs: tous les terrains sont bons pour apprendre à chiner. Si rien ne vaut les heures passées à déambuler et à fouiller les étals, voici dix conseils qui vous feront gagner un temps précieux. 

Maîtriser le timing

Préparez-vous à vous lever tôt! Les brocanteurs professionnels sont sur les marchés aux puces au déballage des camions. Comme eux, n’hésitez pas à chercher, fouiller: les trésors se trouvent ainsi, au culot! Parfois, certaines pièces sont réservées aux habitués. N’hésitez donc pas à revenir régulièrement, à vous faire connaître comme un acheteur potentiel et à sympathiser avec un vendeur. 

2 Connaître ce que l’on achète

Impossible de s’improviser historien d’art. Mais jeter le nez dans l’un ou l’autre ouvrage spécialisé, visiter un musée, est fortement recommandé pour se familiariser avec un courant, des signatures. Se «faire l’œil» est important pour éviter les bourdes et contrefaçons. Pour se renseigner, les spécialistes se fient davantage aux livres qu’à internet.

3 Savoir utiliser internet

Si tout n’est pas bon à prendre sur le web, eBay est régulièrement cité, par les acheteurs comme les vendeurs, pour se faire une idée des prix en vigueur. Et pour trouver des pièces utiles à la restauration: entrées de serrure, bouchons de carafe… Les adresses de pros sont: www.1stdibs.com (en anglais), www.artnet.com ou fr.artprice.com.

4 Etablir une relation de confiance

S’il est plus rassurant d’acheter à un antiquaire qui a pignon sur rue qu’à un marchand au cours d’un vide-greniers, il vaut mieux garder à l’esprit que nul n’est expert «en tout». Le titre d’expert lui-même n’est pas reconnu en Suisse. Souvent, brocanteurs ou antiquaires sont spécialisés dans un domaine très particulier, qui les passionne et dont ils connaissent toutes les subtilités: meubles anglais, cannes, lampes, dessins, verrerie… spécialités qu’ils adorent partager!

5 Penser à l’étranger

Pour ce qui est de la restauration (fauteuils, tapisseries), nombreux sont ceux à se rendre en France ou en Italie voisine, les prix étant parfois divisés par trois. En termes de brocante, la France vaut le détour: elle dispose d’importants dépôts-ventes, qui, en raison de leurs surfaces au sol, n’ont pas d’équivalent en Suisse: intéressant pour le mobilier. Attention, cependant, aux frais douaniers!

6 Eviter la précipitation...

Avant tout achat, s’assurer de la qualité et de l’authenticité de l’objet. Comparer avec d’autres pièces de la même époque. Finitions, détails: autant d’aspects à contrôler. Ne pas hésiter à prendre l’objet en main, à le soupeser: il faut toucher. La restauration d’un meuble peut valoir plus que son prix d’achat. Penser au long terme: les lignes simples ne se démodent jamais, le rococo ou les styles chargés sont plus difficiles à revendre, même si les marchés émergents garantissent de belles perspectives pour les meubles anciens.

7... tout en sachant craquer

C’est le coup de cœur qui doit déclencher l’achat. Certains chineurs parlent d’un «coup de foudre», une relation particulière avec un objet. Qui peut même justifier un prix un peu plus élevé, lorsqu’il est bien choisi. «Dans le prix, il y a aussi la partie de plaisir, de rêve qu’on s’offre», défend Michel Castellino, antiquaire à Genève. Mieux vaut investir tout son budget dans un très bel objet, qui prendra forcément de la valeur avec le temps, que dans plusieurs pièces moyennes.

8 Trouver le juste prix

Le prix ne dépend pas de l’ancienneté d’un objet mais de sa rareté et de son état. Marchander fait partie de l’achat, mais aux puces le rabais sera de 10 à 20% au maximum. Cependant, de vraies bonnes affaires sont encore possibles: en raison de la sous-évaluation de certains objets par leurs vendeurs et du fait que ces derniers, contrairement à ceux ayant une boutique, ne répercutent pas de coûts fixes sur les produits.

9 Attention aux faux!

Ces derniers sont nombreux et parfois aussi anciens que l’original. Règle d’or: considérer l’harmonie d’un objet. La contrefaçon, qui est parfois un assemblage de différentes pièces, peut manquer d’unité, notamment pour les meubles. Pensez aux détails: poinçons, estampilles, signatures pour les maîtres verriers, massivement copiés… Et n’hésitez pas à vous mettre un connaisseur dans la poche.

10 Accepter ses erreurs

Chiner, c’est addictif! On ne sait jamais sur quoi on va tomber. Et ce plaisir grandit lorsque sa propre expérience et son œil s’affûtent! Ce n’est qu’en faisant des erreurs qu’on apprend. Mieux vaut acheter de «petits» objets au départ avant de se lancer dans les meubles imposants. 

Camille Andres

JOURNALISTE

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