Bilan

Club Med nouvelle formule: test à Bali

L’opérateur de vacances s’est engagé dans une montée en gamme orientée sur les familles. A Bali, le résultat est spectaculaire. Et fait regretter de ne plus être un enfant.
  • Le Club Med de Bali s’insère au cœur d’un écrin de cocotiers.

    Crédits: Dr
  • Depuis 2004, le Club Med travaille sur une montée en gamme de ses prestations.

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Nous rêvons tous de voyages exotiques, de la fraîcheur d’un golf à la lumière du matin, de coraux sous-marins ou d’embruns, d’après-midi de farniente et de visites de temples, ou encore de cocktails frais et massages au spa, suivis de fêtes pieds nus dans le sable. Sauf que, dès que l’on voyage avec ses enfants, tout devient plus compliqué. L’idéal serait de bénéficier d’une infrastructure qui permette d’alterner des activités en famille, avec des moments de détente, en couple ou entre adultes, pour se ressourcer.

Des prestations élargies

Ce constat est au centre de la réinvention complète qu’opère le Club Med depuis 2004 autour de deux axes: la montée en gamme et la famille. L’inventeur des vacances «all inclusive» a conservé l’essentiel d’un concept, largement repris depuis son avènement: les buffets, les multiples activités sportives, le Mini Club, le Junior’s Club et les GO. Sans oublier une démarche de développement durable, qui prolonge la volonté historique de la marque d’inscrire ses clubs en symbiose avec la nature et ses beautés.

L’une des particularités du Club Med est la qualité du choix des sites où il s’implante. En 1986, quand il démarre au sud de l’île de Bali, à une quarantaine de kilomètres de l’aéroport de Denpasar sur la presqu’île de Bukit, le village de Nusa Dua n’est pas encore une station balnéaire. Epaulé par le Development Board de Bali, le Club Med s’installe dans une retraite bordée par 500 mètres de plage et entourée par 13 hectares de parc. Un choix judicieux. Cet écrin de cocotiers, à l’ombre desquels on peut s’initier ou s’entraîner au golf avant de rejoindre l’un des trois 18 trous à proximité, abrite jusqu’à 850 hôtes tout en leur donnant une sensation de grand large. Et cela a permis à ce club de se transformer pendant cinq ans sans fermer, avec un investissement de 12 millions d’euros. 

Dans une des 393 chambres du resort, on n’est cependant pas bluffé par la montée en gamme. C’est confortable mais pas luxueux – il est vrai que l’on est dans un «quatre-tridents», les étoiles du Club, et pas un cinq. Par contre, vaste comme un terrain de foot, la piscine ne déçoit pas. Pas plus que le buffet qui étonne par la variété des cuisines qu’on y trouve, ce qui tempère la routine de prendre au même endroit petit-déjeuner, déjeuner et dîner. 

Il faut dire qu’avec une clientèle faite de 20% de Coréens et autant d’Australiens, il en faut pour tous les goûts. Il est ainsi assez jouissif de passer d’une entrée de sushis à un plat thaï pour finir avec une pâtisserie française. A quoi s’ajoute la possibilité d’un dîner à la carte au gourmet lounge The Deck. Xavier Dessaulles, CEO East and South Asia & Pacific du Club Med, nous précisera par la suite que l’opérateur s’est largement mis au bio et même aux circuits courts. Le Club Med suit un système de certification environnementale baptisé Green Globe et soutient Agrisud, une association qui favorise les liens entre les clubs et leurs écosystèmes, en particulier en soutenant les petits paysans locaux. 

Zénitude des zones calmes

Si l’on voit plus d’adultes qui dînent aux chandelles que d’enfants dans ce lounge, ce n’est pas le seul endroit qui présente cette caractéristique. A côté des zones dites famille, on trouve en effet un certain nombre d’espaces calmes comme le spa. «Parfait», au dire d’un spécialiste, il est particulièrement appréciable après une marche jusqu’au sommet du volcan Agung (3031 m) pour assister au spectaculaire lever du soleil sur l’île voisine de Lombok, où ouvrira un nouveau Club en 2019. On poursuit dans la tranquillité avec un espace zen réservé aux adultes. Doté d’une piscine à débordement, il a été pensé par le designer Marc Hertrich qui a guidé la rénovation de ce Club. 

C’est encore Marc Hertrich qui a conçu la coupole du bar central, qui sert de point de ralliement en début soirée. Que l’on sorte d’une chaise longue ou d’un rafting sur les rivières Ayung ou Telagawaja, que l’on revienne d’une visite des temples de Tanah Lot ou de Taman Ayun ou d’une session de planche à voile ou (depuis cette année) de surf en collaboration avec un club de Kuta, c’est sous cette coupole que commence l’une des activités essentielles d’un séjour réussi au Club Med: la socialisation. Généralement cela passe par les récits partagés des expériences de la culture balinaise. Car comme l’explique Xavier Dessaulles, «contrairement à d’autres destinations balnéaires, Bali a une vraie culture alimentée par la spiritualité de ses habitants.» 

En se rendant au bar, on passe immanquablement devant l’un des lieux privilégiés du mélange des cultures et des origines que permet le Club: un parc de trapèzes et d’agrès. Ici, le Mini Club est devenu école de cirque. A y constater la joie des enfants, on aimerait bien avoir de nouveau 10 ans, ou peut-être 17, à l’âge où Rimbaud disait que l’on n’est pas encore sérieux. 

* Ce reportage a été réalisé grâce à une invitation du Club Med l’automne dernier. 

Fabrice Delaye
Fabrice Delaye

JOURNALISTE

Lui écrire

Fabrice Delaye a découvert Internet le 18 juillet 1994 sur les écrans des inventeurs du Web au CERN. La NASA diffusait ce jour-là les images prises quasi en direct par Hubble de la collision de la comète Shoemaker-Levy sur la planète Jupiter…Fasciné, il suit depuis ses intuitions sur les autoroutes de l’information, les sentiers de traverse de la biologie et étend ses explorations de la microélectronique aux infrastructures géantes de l’énergie.

L’idée ? Montrer aux lecteurs de Bilan les labos qui fabriquent notre futur immédiat; éclairer les bases créatives de notre économie. Responsable de la rubrique techno de Bilan depuis 2006 après avoir été correspondant de L’Agefi aux Etats-Unis en association avec la Technology Review du MIT, Fabrice Delaye est diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’EPFL.

Membre du jury des SwissICT Awards, du comité éditorial de la conférence Lift et expert auprès de TA-Swiss à l’Académie Suisse des Arts et des Sciences, Fabrice Delaye est l’auteur de la première biographie du président de l’EPFL, Patrick Aebischer.

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