Bilan

Chevaux de course: les prix s’envolent

Qu’il s’agisse d’investir des parts dans une écurie, un fonds d’investissement ou encore via le crowdfunding, le marché oscille entre démocratisation et très haut de gamme.

La pouliche «Elimay» s’est arrachée 310 000 euros chez Arqana cet automne.

Crédits: Zuzanna Lupa

Les courses hippiques sont une tradition bien ancrée en Europe, en particulier en Grande-Bretagne, en France ou encore en Europe de l’Est. En 2016, pas moins de 7318 courses de galop ont par exemple été disputées en France. Les journées portes ouvertes sur les hippodromes européens pour séduire les nouveaux propriétaires et investisseurs se multiplient ces dernières années. Les techniques financières aussi.

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Les prix des chevaux de course auraient triplé, voire quadruplé en deux décennies. «C’est surtout le haut de gamme qui tire le marché à la hausse, avec une croissance de 15 à 20% des prix par année. Il y a un effet de rareté dû à une forte demande des pays en croissance», analyse Victor Langlais, fondateur de Langlais Bloodstock. Cette société française de courtage de chevaux de course a développé une clientèle internationale, y compris en Suisse. 

Arqana, deuxième agence de vente de chevaux de course au niveau européen, fait un constat similaire. «Le plus gros marché à l’échelle mondiale reste les Etats-Unis. Mais la globalisation de la demande, en particulier de pays situés au Moyen-Orient ou en Asie du Sud-Est, tire les prix à la hausse dans le haut de gamme», commente Alix Choppin, directrice marketing du groupe. En Europe, on peut considérer que le segment haut de gamme se situe à plus de 500 000 euros.

De nouveaux moyens d’investir

Investir dans un cheval de course, seul ou en copropriété, nécessite une certaine surface financière pour assurer les frais d’entraînement, les soins vétérinaires, les ferrures et autres pensions. Pour développer la base d’investisseurs, le secteur s’est diversifié: investissement via des fonds de placement, achat de parts dans une écurie, ou même récemment crowdfunding, les moyens d’acquérir une petite partie de l’expérience des courses hippiques se multiplient. 

Devenir membre d’une écurie de groupe en achetant des parts est l’une des formules les moins onéreuses. En 2013, l’écurie RMC en France avait marqué un grand coup en proposant à 10 000 petits porteurs d’acquérir une part à 50 euros, alors que les prix sont plutôt de plusieurs centaines, voire milliers d’euros. Une stratégie de volume plutôt que de valeur qui semble avoir fait ses preuves puisque l’opération a été répétée. 

Les particuliers recherchent de plus en plus «l’expérience» des courses hippiques selon Victor Langlais. «Les entreprises, y compris des PME, s’y intéressent également. Elles peuvent investir via une holding ou un fonds, ce qui leur permet d’avoir leur nom associé à une écurie et de proposer une expérience particulière à leurs collaborateurs ou leurs clients», ajoute Victor Langlais, qui a également lancé avec plusieurs associés l’écurie du Graal, permettant d’investir dans des étalons et saillies dès 1000 euros.  

Ventes en ligne 

Langlais Bloodstock a également réalisé avec succès une opération de crowdfunding il y a quelques mois, en partenariat avec la plateforme française We Do Good. Une première dans le pays. En fonction des montants, les investisseurs ont, par exemple, accès aux coulisses de ventes aux enchères, à des visites privées de haras et autres avantages en nature. 

L’online n’est pas uniquement destiné aux petits investisseurs. Depuis 2015, Arqana a fait le choix de développer la vente en ligne exclusivement dans le haut de gamme. «C’est particulièrement adapté aux chevaux de course dont les performances sportives parlent d’elles-mêmes, précise Alix Choppin. Notre record pour une vente en ligne est une transaction de 800 000 euros, avec un acheteur qui a effectué l’opération depuis son chalet à Megève.»

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Marjorie Thery
Marjorie Théry

JOURNALISTE À BILAN

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