Bilan

Cher Suisse, tu manges trop!

La Confédération publie la première étude nationale basée sur la consommation alimentaire réelle de 2000 citoyens. Résultat: trop de viande, de sucre et de sel dans nos assiettes.

En Suisse, les hommes consomment près d’un kilo de viande par semaine.

Crédits: Glow Cuisine/Getty images

Chaque Suisse consomme 777 g de viande par semaine. C’est beaucoup plus que la recommandation de 240 g de viande hebdomadaire maximum. Et les hommes sont deux fois plus carnivores que les femmes, avec près d’un kilo de viande avalée par semaine. 

C’est l’une des nombreuses informations que révèle menuCH, la première étude nationale suisse basée sur notre consommation alimentaire réelle, et non sur les ventes d’aliments en magasin. Cette vaste enquête, financée par la Confédération, a été menée auprès d’un échantillon de 2000 Suisses dans les trois régions linguistiques, âgés de 18 à 75 ans. On savait que notre assiette était déséquilibrée mais pas à ce point. Rappelons que la surconsommation de viande favorise le développement du cancer, notamment colorectal, selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé). 

Que révèle encore menuCH? 

Il y a trop de sucre et de sel dans notre assiette. Nous avalons 83 g de sucreries par jour (desserts sucrés, chocolat et pâtes à tartiner sucrées) auxquelles vous pouvez ajouter 10 g de snacks salés chaque jour. Dans la pyramide alimentaire suisse, les snacks salés et sucrés occupent le dernier étage, à la pointe; leur consommation doit donc être très limitée. Si on fait l’addition des sucreries, des snacks salés et des boissons alcoolisées de la journée, notre consommation se révèle quatre fois plus élevée que la quantité recommandée sur ces aliments! Les Suisses savent déjà tout cela; ils connaissent même la pyramide alimentaire. Mais les changements ne suivent pas. 

Autre exemple: menuCH montre que 65% des gens ont entendu parler de la recommandation nutritionnelle de consommer au moins cinq portions de fruits et légumes par jour. Mais il ressort aussi de l’étude qu’un Suisse sur dix ne mange même pas une portion par jour.

Comment passer de l’évidence scientifique à un vrai changement alimentaire? Par l’éducation, et dès le plus jeune âge. Car les jeunes, exposés aux sucreries et boissons sucrées, font les frais de cette alimentation déséquilibrée. Un enfant sur cinq est déjà en surpoids et 5 à 8% d’entre eux sont obèses. Cette épidémie silencieuse pourrait être jugulée en prenant les décisions qui s’imposent: moins de viande, de sucre, de sel dans nos assiettes. Plus de fibres, donc de végétaux, lesquels ne sont pas suffisants dans notre consommation actuelle. A défaut de mieux manger, les Suisses resteront suralimentés en calories et sous-alimentés en vitamines et minéraux. Un comble!

Nivez C Photoa
Catherine Nivez

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, j’ai migré en Suisse et à Genève ou je vis et travaille désormais sur ma nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, j’ai signé une série d’articles pour le quotidien suisse-romand Le Temps et travaille désormais pour BILAN où je tiens la rubrique mensuelle « Santé & Nutrition ».

Vous pouvez aussi me retrouver sur mes blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs que je côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS mon nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

Du même auteur:

Philip Queffelec, l’avion dans le sang
Xavier Casile, le pubard de la Suisse

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