Bilan

Cet été, les horlogers sont à l’honneur

Pékin accueille jusqu’en août une importante exposition sur l’horlogerie genevoise. Plus près de nous, plusieurs événements mettent en valeur le savoir-faire suisse.
  • 350 pièces sont présentées à Pékin, mises à disposition par le MAH et Vacheron Constantin.

    Crédits: Dr
  • Les métiers d’art sont mis en avant au Capital Museum China de Pékin.

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A l’heure où les mesures anticorruption ont clairement freiné la dynamique d’expansion de l’horlogerie suisse en Chine, le Musée d’art et d’histoire (MAH) de Genève et la manufacture Vacheron Constantin ont réussi le tour de force d’exposer 350 pièces parmi les plus importantes de leur patrimoine respectif au cœur de la capitale chinoise.

Il aura fallu quatre années de négociations pour parvenir à faire entrer dans ce prestigieux musée consacré à l’art chinois, le savoir-faire horloger suisse et genevois. Plus que les 260 ans de Vacheron Constantin célébrés en 2015 ou les 170  ans de présence de la marque genevoise en Chine, ce sont les 65 ans des relations diplomatiques entre la Suisse et la Chine qui ont servi de cadre à la tenue de cette exposition. Car, comme l’a rappelé Jean-Jacques de Dardel, ambassadeur de Suisse en Chine, lors de l’inauguration, notre pays a été l’un des premiers à reconnaître la toute jeune République populaire de Chine dès le 17  janvier 1950.  

L’entrée en vigueur le 1er juillet dernier de l’accord de libre-échange entre les deux pays est de nature à favoriser les échanges, la Chine étant le premier partenaire commercial de la Suisse en Asie. Si la mise en œuvre des mesures de lutte contre la corruption a eu un impact négatif sur les affaires des horlogers en Chine, il ne faut pas oublier que les Chinois demeurent – et de très loin – les premiers acheteurs d’horlogerie suisse dans le monde.

C’est dans ce contexte que s’est ouvert le 24  avril à Pékin l’exposition sur l’histoire de l’horlogerie genevoise. Directeur du MAH, Jean-Yves Marin se souvient que lors de son premier voyage à Pékin, il y a quatre ans, l’horlogerie s’est rapidement imposée parmi les thèmes proposés à ses interlocuteurs chinois. Pour Juan-Carlos Torres, CEO de Vacheron Constantin, également en discussion depuis de longues années avec le musée chinois, «ce musée cherche à étendre ses relations avec diverses capitales mondiales, et les responsables considèrent Genève comme la capitale de l’horlogerie».

Conservatrice des collections horlogères du MAH et commissaire de l’exposition, Estelle Fallet évoque avec passion cette aventure particulière: «Chaque chose a été discutée, pesée et, au final, l’équilibre cher à chacun des partenaires a été respecté.» Comprenez que le Capital Museum a gardé la maîtrise de l’exposition et que la manufacture Vacheron Constantin a dû s’en tenir à sa dimension purement culturelle. Un rôle taillé pour présenter une part de sa collection patrimoniale (entamée en 1906 et qui compte aujourd’hui plus de 3000 pièces, dont 1300 montres).

Parmi ces dernières, quelques-unes ont marqué l’histoire de l’horlogerie et sont naturellement présentées à Pékin, à l’instar de la première montre connue signée de Jean-Marc Vacheron, datant de 1755. Dans un espace dédié de 1300  m, l’exposition «Geneva at the heart of time» présente non seulement des montres de poche ou bracelets (de marques diverses), mais également des pendules, pendulettes, objets, machines et outillages, y compris la reconstitution en taille réelle d’un atelier cabinotier genevois du XVIIIe siècle qui intrigue les 10  000 visiteurs les jours de grande affluence.

Place aux métiers d’art

Mais l’horlogerie suisse et genevoise ne se conjugue pas qu’au passé, et les métiers d’art occupent une place en vue dans l’exposition. Ils incarnent la culture du «fait main» et révèlent la plus-value des œuvres créées dans les ateliers horlogers d’hier et d’aujourd’hui. Pour rendre ce savoir-faire plus vivant aux yeux des visiteurs, des artisans de Vacheron Constantin exercent et expliquent leur art au cœur même de l’exposition durant plusieurs semaines. Horloger, graveur, sertisseur, guillocheur et émailleur fascinent tout particulièrement ce public chinois avide de connaissances sur ces savoir-faire ancestraux qui, chez eux, disparaissent peu à peu.

Le Capital Museum China (qui accueille jusqu’à 10 000 personnes les jours de grande affluence) s’attend à voir défiler près de 500  000 visiteurs pour cette exposition temporaire. En attendant de pouvoir présenter au MAH de Genève une partie de ses impressionnantes collections. 

L’exposition «Geneva at the heart of time - The origin of swiss watchmaking culture» est présentée jusqu’au 2  août au Capital Museum China de Pékin.

Michel Jeannot
Michel Jeannot

FONDATEUR DE WTHEJOURNAL.COM

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Journaliste spécialisé, fondateur du site WtheJournal.com et des applications iPhone, iPad et Android associées, Michel Jeannot est à la tête du Bureau d’Information et de Presse Horlogère (BIPH), un team de journalistes collaborant avec une quinzaine de médias dans le monde, dont Bilan et le Figaro. Sa plume sûre et parfois acérée est aussi à l’aise sur les questions techniques que sur les enjeux liés à la branche et à son économie. Michel Jeannot est également éditeur et rédacteur en chef du magazine Montres Le Guide / Uhren von A bis Z / 顶级钟表鉴 (225 000 exemplaires).

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