Bilan

Ces artistes qui battent des records de vente

L’art contemporain confirme en 2014 sa valeur refuge et son symbole de réussite sociale. Zoom sur les artistes vivants les plus cotés du moment, que les collectionneurs s’arrachent.
  • Jeff Koons (1955)–En novembre dernier, Koons est devenu l’artiste vivant le plus cher du monde avec son monumental Balloon Dog (Orange) vendu 58,4 millions de dollars chez Christie’s par le collectionneur américain Peter Brant. Son Hanging Heart avait déjà battu des records de prix lorsque François Pinault l’a acquis pour 23,6 millions de dollars. «Cela fait vingt ans qu’il bat des records de vente et que sa cote continue d’augmenter», commente Martin Bremond, chef économiste d’Artprice. «C’est un artiste qui a compris comment fonctionne le marché de l’art. Il a une vraie légitimité dans les institutions», rajoute l’expert. L’ancien mari de la Cicciolina (une actrice porno des années 1990) est sans conteste le sculpteur le plus médiatique du monde.

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  • Gerhard Richter (1932)–Né à Dresde en 1932, Gerhard Richter fut en 2012 (avant d’être battu par Koons) l’artiste vivant le plus cher du monde en vendant une œuvre abstraite de 1994 pour 34,2 millions de dollars. L’an dernier, il atteint un nouveau record avec une œuvre figurative de 2,7 mètres nomméeDomplatz Mailand (1968), vendue 37,1 millions de dollars par Sotheby’s New York. En février et mai 2014, il vend trois œuvres, chacune environ 25 millions de dollars. «Il est sans conteste l’un des artistes les plus importants de ces cinquante dernières années», indique Martin Bremond. Gerhard Richter expose jusqu’au 7 septembre à la Fondation Beyeler à Bâle.

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  • Asper Johns (1930)–L’Américain de 84 ans est à l’origine du mouvement pop art. Il est reconnu par ses pairs depuis des décennies grâce à ses séries entières représentant des drapeaux, des chiffres ou des cibles sur toile. En 2010, le tableau Flag (1960-1966) atteint la somme de 28,6 millions de dollars chez Christie’s New York.

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  • Christopher Wool (1955)–L’artiste américain, vénéré par les musées et les collections privées, a redonné ses lettres de noblesse à la peinture. «On le redécouvre. Il sera peut-être le grand peintre de notre génération», commente l’expert d’Artprice. En novembre dernier, il a cédé son œuvre Apocalypse Now(1988) pour 23,85 millions de dollars chez Christie’s New York.

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  • Zeng Fanzhi (1964)–C’est l’artiste vivant chinois le plus coté du marché. L’année dernière, celui qui est considéré comme le «père de l’art contemporain chinois» s’est arrogé la 4e place mondiale des enchères grâce à 25,19 millions de dollars de recettes en 45 lots vendus (juillet 2012-juin 2013). L’une de ses peintures, The last supper, a atteint en novembre dernier chez Sotheby’s à Hongkong 23 millions de dollars, détrônant le record tenu en Asie par le Japonais Takashi Murakami. L’artiste qui a exposé en début d’année ses plus belles toiles au Musée d’art moderne de Paris envisage d’ouvrir son propre musée à Pékin.

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  • Zhang Xiaogang (1958)– C’est un peintre chinois très recherché. En 2006, le marchand d’art anglais Charles Saatchi achète une de ses œuvres 1,7 million de dollars, revendue cinq ans plus tard 7,5 millions. Son tableau Bloodline: Big Family No 1 s’est vendu 7,6 millions de dollars chez Sotheby’s Hongkong en octobre 2011. En avril dernier, Bloodline: Big Family No 3 a atteint un record en se vendant au prix de 12,1 millions de dollars, toujours à Hongkong.

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  • Damien Hirst (1965)–«C’est peut-être le seul artiste qui a été surcoté ces dernières années», indique Martin Bremond. Mais il reste «une icône de notre temps», selon Nicola von Senger, galeriste à Zurich. Cependant, contrairement à Jeff Koons, l’artiste britannique n’aurait pas respecté le marché de l’art, notamment en court-circuitant les galeries et en utilisant son nom comme une marque alors «qu’un artiste doit rester un artiste». Ainsi, il a vu certaines de ses œuvres perdre 50% de leur valeur en quelques années. Il reste toutefois un artiste très important de sa génération, reconnu mondialement pour ses animaux plongés dans le formol, ses armoires à pharmacie avec des milliers de pilules et sa réplique de crâne incrusté de diamants (For the love of God).

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  • Takashi Murakami (1962) – Le plasticien, qui se revendique de Warhol, exploite les thèmes de la culture pop, notamment le manga, qu’il revisite et détourne. Avec ses sculptures monumentales et ses peintures, «c’est le seul artiste qui a réussi à traverser toutes les cultures», indique l’expert d’Artprice. Il a déjà exposé au château de Versailles et collaboré avec Louis Vuitton sur plusieurs collections de sacs et autres accessoires. Murakami est représenté par les galeristes les plus prestigieux, comme le Parisien Emmanuel Perrotin et l’Américain Larry Gagosian. Même si sa cote s’est aujourd’hui un peu essoufflée, il a battu des records de vente, notamment avec My lonesome cowboy (1998) cédé à 15 millions de dollars.

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  • Cindy Sherman (1954)–L’artiste et photographe américaine qui expose jusqu’au 14 septembre au Kunsthaus de Zurich détient à son actif une longue et impressionnante carrière. Elle est connue pour ses séries d’autoportraits. Son œuvre, reconnue à l’échelle mondiale, en fait l’une des pionnières de la photographie postmoderne. En mai 2011, la photographie Untitled N96 est adjugée pour 3 890 000 dollars chez Christie’s, établissant un nouveau record mondial pour une photographie.

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  • Andreas Gursky (1955)–En 2006, Sotheby’s décroche 2 millions de dollars pour son tirage 99 cent. Brièvement détrôné par Cindy Shermann en mai 2011, l’artiste tient aujourd’hui toujours cette position de photographe le plus coté du monde, non plus avec 99 cent mais avec Rhein II, un large paysage de 1999. Le marteau de Christie’s tombait à 4,3 millions de dollars pour cette épreuve en novembre 2011.

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Avec plus de 12 milliards de dollars de vente, 2013 a été la meilleure année jamais enregistrée en termes de chiffre d’affaires pour le marché de l’art; 2014 s’annonce déjà, quant à elle, comme une année record, confirmant que le marché de l’art est une valeur refuge. On compte aujourd’hui 70 millions de consommateurs, amateurs, collectionneurs d’art dans le monde selon le rapport annuel Artprice.

«L’art contemporain se retrouve depuis une dizaine d’années au cœur de surenchères impressionnantes, porté par les marchés émergents, la Chine en tête, mais aussi par l’arrivée de nouveaux collectionneurs à fort pouvoir d’achat et de fonds d’investissement spécialisés», indique Thierry Ehrmann, fondateur et PDG d’Artprice.

Selon cette société, les prix de l’art contemporain sont en hausse depuis quelques années, dès lors, le taux de rendement moyen lors des reventes est particulièrement alléchant pour les investisseurs.

Encore faut-il savoir sur quelles signatures investir, car l’art contemporain n’offre pas la même sécurité que l’art ancien ou moderne. Il est plus sensible aux manipulations de cotes et aux effets de mode. Sa volatilité est d’autant plus forte en temps de crise: «L’exemple de Damien Hirst, l’une des signatures les plus brûlantes du marché, reste dans les mémoires avec de violentes décotes et des recettes divisées par 13 entre juillet 2009 et juin 2010 par rapport à la période juillet 2008-juin 2009», rappelle Thierry Ehrmann.

Il faut rappeler également le rôle joué par les grands galeristes et collectionneurs comme Larry Gagosian, Charles Saatchi ou encore François Pinault qui font monter la cote des artistes en misant sur eux. Zoom sur ces stars que les milliardaires s’arrachent. 

Chantal Mathez

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