Bilan

Ces entreprises de luxe qui s’engagent face au Covid-19

Depuis deux semaines, de nombreuses entreprises du secteur du luxe ont transformé leurs manufactures pour produire du gel hydroalcoolique, des masques et des blouses afin de participer à la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Gel hydroalcoolique, blouses et masques sortent des chaînes de production des marques du secteur du luxe pour lutter contre la pandémie.

Crédits: AFP

Alors que la pandémie de coronavirus continue de sévir dans le monde, certaines grandes entreprises du luxe amplifient la mobilisation. Parmi les premiers à annoncer produire du gel hydroalcoolique, le groupe LVMH a fourni les hôpitaux français, puis a poursuivi avec la livraison de 10 millions de masques de protection.

La division Parfums et Cosmétiques du géant LVMH a réquisitionné rapidement ses usines Christian Dior, Guerlain et Givenchy afin de fabriquer gracieusement du gel hydroalcoolique à destination des établissements hospitaliers français. Cette semaine, Dior a annoncé rouvrir ses ateliers Baby Dior à Redon pour cette fois-ci confectionner de nouveaux masques pour les hôpitaux de l’Hexagone. Ici, le projet est porté par les couturières de la maison sur la base du volontariat, un engagement salué par la direction de la marque sur les réseaux sociaux.

Masques, gel et refus de profiter du chômage partiel

Autre acteur du luxe à se lancer dans la course contre le Covid-19: Hermès qui fera un don de 20 millions d’euros pour l’AP-HP (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris). Cette contribution vient renforcer les dons de plus de 30 tonnes de solution hydroalcoolique produites par son site parfum du Vaudreuil, et de plus de 31'000 masques des différentes entités de l’entreprise. Elle sera complétée par un soutien aux services de santé apporté localement par ses filiales dans le monde.

La maison Chanel qui possède des sites de production en France, en Italie et en Suisse a quant à elle annoncé qu’elle ne ferait pas recours au chômage partiel afin de ne pas peser sur les comptes publics français. L’entreprise a également fait don d’1,2 million d’euros auprès des structures hospitalières françaises, ainsi que fourni plus de 50'000 masques pour les hôpitaux, les sapeurs-pompiers et la police. Depuis la fin mars, Chanel a mobilisé 150 de ses couturières pour produire des masques de première protection et des blouses.

A plus petite échelle, Clarins annonçait également le 1er avril avoir déjà produit et offert 14'500 flacons de gel désinfectant à destination du service hospitalier français. «Nous poursuivrons la production tant que cela sera nécessaire», a annoncé la direction générale du groupe français.

En Suisse, c’est la marque d’origine italienne appartenant au groupe LVMH qui a annoncé le 1er avril, son soutien aux autorités cantonales de Neuchâtel. Afin d’aider à lutter contre le Covid-19, Bulgari a déjà offert plusieurs dizaines de milliers de flacons de gel hydro-alcoolique. «Nous souhaitons soutenir la Suisse, pays dans lequel la marque compte plus de 600 collaborateurs, en commençant par le canton de Neuchâtel, où Bulgari emploie plus de 350 personnes et développe l’horlogerie et la parfumerie pour le monde entier», explique son CEO Jean-Christophe Babin. «Il est de notre devoir de contribuer à la lutte contre le Covid-19, grâce à notre savoir-faire et nos capacités de production», explique le PDG, lui même résident du canton de Neuchâtel.

Le joaillier romain produira 3000 flacons par semaine jusqu’à la fin mai qui seront mis à disposition gratuitement des services hospitaliers du canton. «C’est la mission d’une entreprise profitable d’aider son pays et son canton», ajoute Jean-Christophe Babin.

Les parfumeurs adaptent leurs chaînes de production

Gel hydroalcoolique Bulgari. (DR)
Gel hydroalcoolique Bulgari. (DR)

En Italie où elle emploie près de 2000 personnes, l’entreprise de luxe avait rapidement converti certaines de ses usines destinées aux produits de la ligne hôtelière – shampoings, gels douche, crèmes - pour produire du gel hydroalcoolique à destination des hôpitaux de la péninsule. Cela a permis au joaillier de garder une partie de son équipe employée à 100% explique son patron. Le coût de ses donations de gel en Italie et en Suisse se monte à plusieurs centaines de milliers de francs.

Autres acteurs en Suisse à se mettre au gel hydroalcoolique: le numéro un mondial des arômes et parfums Givaudan qui produira 700'000 bouteilles de 100ml de désinfectant pour les mains pour combler une demande croissante. Le groupe fera don de sa production au secteur médical, à celui des transports ou encore à des services locaux apportant leur soutien à la lutte contre la pandémie. «Dans un cours laps de temps, nous sommes parvenus à établir des lignes de production pour du désinfectant pour les mains permettant de produire jusqu’à 8 tonnes par jour», s’est félicité le directeur général Gilles Andrier.

A Genève, l’autre géant du parfum et des arômes, l’entreprise familiale Firmenich, a également offert d'abord 20 tonnes de gel hydroalcoolique aux Hôpitaux universitaires, aux établissements médicaux et aux services de secours du canton. Le groupe a ensuite accru sa capacité de production à 100 tonnes pour les hôpitaux, ainsi que les services médicaux et d’urgence aux États-Unis et en Suisse.

«En tant qu’entreprise responsable, il est impératif pour nous de prendre des mesures concrètes et de faire preuve de solidarité avec les communautés locales où nous opérons durant ces temps sans précédent», a expliqué Gilbert Ghostine, CEO de Firmenich. «Cette solution hydroalcoolique nous permettra de protéger nos proches ainsi que les professionnels de la santé sur le front, qui travaillent d’arrache-pied pour combattre cette pandémie. Je suis extrêmement fier et reconnaissant envers tous nos collègues chez Firmenich qui font tout ce qui est possible et plus encore pour accomplir leur mission. Ensemble, nous prouverons que la solidarité est plus contagieuse que le virus.»

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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