Bilan

Caran d’Ache ouvre son magasin amiral chez Brachard

Partenaires depuis près d’un siècle, les deux maisons familiales unissent leurs compétences pour installer sur 120 m2 le plus grand magasin Caran d’Ache au monde.
  • Jean-Marc Brachard (représentant de la 5e génération de la maison Brachard) et Carole Hubscher (4e génération d’actionnaires dirigeants de Caran d'Ache).
  • Le 10 rue de la Corraterie est devenu le flagship store de la maison genevoise Caran d’Ache.
  • Caran d'Ache avait timidement pris le virage d’une distribution via des corners (environ 70 à ce jour), puis des bars à couleurs (environ 40) et enfin de quelques rares magasins.

Le 10 rue de la Corraterie est devenu le flagship store de la maison genevoise Caran d’Ache. Auparavant, cette adresse exploitée par la papeterie Brachard se voulait multimarques. Un partenariat vient d’être conclu entre Jean-Marc Brachard, représentant de la 5e génération, son neveu Pascal Vuarnier et Carole Hubscher, présidente du conseil d’administration de la célèbre marque d’instruments d’écriture.

La maison Brachard continue de louer les locaux à la Ville de Genève qui est propriétaire de cette adresse d’exception. Quant au personnel qui officie dans le flagship, il reste rattaché également à la maison Brachard. Question de savoir-faire et d’expérience. «Nous avons beaucoup à apprendre en matière de vente et de service dans un commerce», admet volontiers Jean-François de Saussure, le nouveau directeur général.

Le rez-de-chaussée dévoile les créations exclusives en matière de haute écriture (les éditions limitées, les collections artistes et joaillerie, ainsi que divers accessoires), tandis que le désormais fameux « bar à couleurs » est la pièce maîtresse de la mezzanine. Surtout, on peut y découvrir aussi sur deux écrans animés un aperçu des savoir-faire de la manufacture de Thônex et de ses 290 collaboratrices et collaborateurs.

On y retrouve aussi du matériel promotionnel datant d’avant-guerre. «Nous avons imaginé un concept inédit, ouvert à la création, à l’écriture, à l’art de vivre. Ce ne sera pas un point de vente comme les autres», promet le directeur général. Des ateliers, des séances de dédicaces, des moments de découverte et de partage y seront proposés.

Caran d'Ache à un tournant

Cette ouverture intervient alors qu’un vent nouveau souffle chez Caran d’Ache. Carole Hubscher, 46 ans, a succédé à son père voici un peu plus d’une année. Parallèlement à la poursuite d’une stratégie duty free (le marché cadeau par excellence) assez agressive, l’entreprise genevoise avait timidement pris le virage d’une distribution via des corners (environ 70 à ce jour), puis des bars à couleurs (environ 40) et enfin de quelques rares magasins. Devant s’adapter aux tendances actuelles, Caran d’Ache a désormais une présence sur Facebook, mais aussi une boutique en ligne depuis peu. L’idée est de « raconter la marque et son savoir-faire ».

Des initiatives qui interviennent alors que Caran d’Ache entend célébrer son centenaire en 2015. En décembre 1915, la « Fabrique de Crayons Ecridor SA » voyait le jour, sise au 43, rue de la Terrassière à Genève (à l’emplacement du centre commercial Eaux-Vives 2000). Aux trois hommes du démarrage, Edouard Paisant, Paul Reymond et Albert Duret, se joignent progressivement l’industriel Gustave Reverdin, un négociant français dénommé Jean Buisson, le banquier Henry Fatio, le négociant Ernest Bunge et l’industriel Louis Franzoni.

La société est alors mise en liquidation en décembre 1921, avant que ses actifs ne soient repris en janvier 1924 par l’agent de change Arnold Schweitzer, accompagné d’Edmond Naville, qui devint directeur de la société jusqu’en 1942, et de Charles von der Weid, un industriel. La nouvelle société est baptisée « Fabrique Suisse de crayons Caran d’Ache SA ».

Dans une lettre du 9 janvier 1924 adressée aux notaires Carteret & Lacroix, l’Office fédéral du registre du commerce accepte d’admettre cette dénomination en précisant ceci : «Comme il résulte de votre lettre du 8 de ce mois que le nom de Caran d’Ache est le pseudonyme d’Emmanuel Poiré, dessinateur humoriste réputé, décédé en 1909 et que ce nom a été formé d’un nom russe signifiant crayon, il peut à notre avis passer tant comme désignation de fantaisie rappelant le «coup de crayon» qui avait fait la réputation de Caran d’Ache que comme nom d’une personne n’étant plus en vie.»

En fait, c’est Mme Schweitzer, une Ecossaise ayant vécu en Russie, qui avait eu l’idée du nom Caran d’Ache. Quant à Carole Hubscher, précisons que c’est la représentante de la 4e génération d’actionnaires dirigeants de cette PME. Son grand-père, Henri, était entré dans le capital dès 1930, avec entre autres la famille Reiser.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

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