Bilan

Buccellati accroche l’exception au poignet

Pour certains privilégiés, porter la même montre qu’un autre s’apparente déjà à une banalité. Luxe absolu, la marque italienne leur propose de créer des pièces uniques au monde.

Chaque montre est unique. Le client peut choisir les moindres détails: cadran, aiguilles, poussoir...

Crédits: Dr

Un petit immeuble au centre de Chiasso. C’est au deuxième étage que travaillent une vingtaine de personnes. Ici, créateurs, designers, sertisseurs et graveurs se concentrent sur une production en quantités minimes. Buccellati Watches n’est pas un géant horloger. La société plonge ses racines de l’autre côté de la frontière: la famille Buccellati s’est affirmée à Milan comme l’un des grands noms de la haute joaillerie italienne.

Une joaillerie dessinée par les membres de la famille, de Mario dès 1919 à Andrea depuis la fin du XXe  siècle, et désormais la fille de celui-ci, Lucrezia. Et toujours un souci: répondre aux souhaits du client. Une exigence que la maison applique depuis 2001 dans l’horlogerie. Mais pour ses montres, Buccellati est venue chercher les compétences et le réseau en Suisse.

«Les deux mondes sont complémentaires. Et si nos créations horlogères font appel à des diamants calibrés, contrairement aux pièces de joaillerie, il existe des passerelles entre les deux branches», explique Thierry Andretta, patron de Buccellati Watches.

Mais la spécificité de Buccellati Watches n’est pas le sertissage de diamants. Ce qui distingue la manufacture de Chiasso, c’est la démarche bespoke. «Chez nous, chaque client peut choisir sa montre jusque dans les moindres détails, du cadran au bracelet en passant par les aiguilles, le poussoir, la couronne», ajoute Thierry Andretta.

Pour ce faire, Marco Brichetti, responsable du programme bespoke, parcourt le monde pour rencontrer les clients, dans l’une des neuf boutiques maison ou chez les potentiels acheteurs eux-mêmes. Voire même via un entretien vidéo: «Cela permet de discuter avec le client tout en lui montrant sur l’écran d’ordinateur ce que je peux créer pour lui», explique le jeune designer. 

Le client est roi

Et les demandes du client ne connaissent pas de limite. Or rose, platine, argent, nacre, diamants: les matériaux les plus précieux sont travaillés ici. «On peut partir d’un matériau, mais aussi d’une dimension, d’une forme ou d’une mécanique: la demande du client est reine», assure Marco Brichetti, qui a développé un logiciel pour passer des envies au dessin des pièces.

Ainsi, un client a ramené une photo du temple grec d’Agrigente, en Sicile. C’est cette image qui figurera, en nacre, sur le cadran de sa montre dans quelques mois, dessiné avec une extrême minutie par les artisans de Buccellati.

Cette montre évoquant l’Antiquité est l’une des quatre pièces bespoke actuellement préparées par l’équipe d’horlogers de Chiasso. 

Quatre à six mois de délai

Un client en Chine, un autre à Hongkong, un troisième aux Etats-Unis et un quatrième en Italie: le bespoke horloger reste un luxe réservé aux clients les plus exigeants. «Les prix démarrent à 100 000  francs et ne connaissent pas de limite», confie Thierry Andretta.

Quant aux délais, ils vont de quatre à six mois, davantage si le client souhaite une complication. Pour cela, Buccellati fait appel à ses fournisseurs (Soprod, Eta, Sowind, Vaucher), voire à Pierre Favre MHC, qui a œuvré de nombreuses années pour Patek Philippe, si le client souhaite une grande complication.

Si le mécanisme est fourni, tout le reste est conçu et réalisé à Chiasso. Et chaque pièce est unique. Pour garantir cette exclusivité au client, Buccellati lui remet un coffret avec les moules en bronze de ses pièces. Ainsi, lui seul détient le matériel pour fabriquer la montre. La pièce restera unique jusqu’à ce que lui-même décide éventuellement un jour d’en faire réaliser un deuxième exemplaire.

Si l’horlogerie représente aujourd’hui 15% du chiffre d’affaires du groupe, avec un but à terme de 30%, aucun objectif n’est fixé pour le bespoke: «Cette offre est trop fluctuante et dépendante des commandes pour assigner un objectif: le sur-mesure reste l’exception, le luxe absolu», glisse Thierry Andretta.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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