Bilan

Briller en station

Vous faites des efforts toute l’année pour maintenir le baromètre du look au plus haut. Pas question de vous relâcher pendant la pause hivernale. Nos conseils pour aller à la neige.

Ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, la prison du look ne souffre d’aucun répit. Même en vacances. On aimerait dire, surtout en vacances, une partie de ce temps volé sur le travail consistant à voir et à être vu. En été, c’est facile: un pantalon court, un panama, une chemise blanche, et hop le tour est joué pour frimer sur la plage.

En hiver, c’est bigrement plus compliqué. La succession des couches nécessite de percer les arcanes de la coordination vestimentaire. Sans parler du matériel de ski, une diablerie qu’il faut maîtriser sur le bout du doigt au risque de passer pour le dernier des derniers. Reste à choisir la station où vous irez ainsi vous pavaner. Saint-Moritz, Gstaad, Verbier, Zermatt : la Suisse est ce pays rêvé où même la montagne impose son dress code à l’entrée des pistes. En cela choisissez bien votre spot avant de vous lancer: chaque village à son genre, ses habitudes et ses habitués. Vous êtes plutôt skipass ou plutôt ski-terrasse ? Bar branché ou resto gastro ? Huit manières pour passer un hiver stylé.

Saint-Moritz : show of et hippisme chic

 

La station la plus huppée et exagérément chic de Suisse, où même les galeries d’art de Zurich ont pignon sur rue. En hiver, Saint-Moritz enregistre la plus forte concentration mondiale de multimillionnaires au mètre carré. Ici, les bonnes fins de soirée démarrent au King’s Club du Badrutt’s Palace Hotel. Ambiance jeunesse dorée, fête à gogo et Roederer Cristal qui coule à flots sous la boule disco. Avec un seul mot d’ordre: « Dress to impress. » Alors show of en avant toute jusqu’au petit matin et on tente le manteau en cuir croco Hermès, le pardessus des superlatifs, tout en imaginant, caché en dessous, un smoking rouge Mao d’Alexis Mabille.

On vous avait prévenu: Saint-Moritz, c’est voir ou être vu. En février, l’attraction de la station grisonne, c’est le White Turf, soit une course de chevaux organisée sur le lac gelé du coin. Pour bien faire, on aimerait risquer la fourrure intégrale pour se protéger des morsures du froid. Pas la peau de bête en chinchilla, définitivement passée de mode depuis 1973, sauf chez les rappeurs de la côte ouest. Mais ce manteau Viktor & Rolf en poil animal tiré de la toute nouvelle collection Monsieur du duo néerlandais. Du hippisme chic à porter sur un ensemble en cuir avec gants assortis. Et d’un coup, au bord de l’hippodrome, le tiercé gagnant c’est vous.

Gstaad: aristocratique et ski esthétique

 

La station des palaces et des cinq étoiles. A Gstaad, on skie (un peu) et on squatte les terrasses (surtout). Qu’on soit au pied des pistes ou à prendre le frais sur le transat d’une auberge d’altitude, la Fashion Week est une attraction permanente. Presque banal. Maintenant, si vous aimez l’exclusif, le challenge impossible, c’est à l’Eagle Club qu’il faut essayer d’entrer.

Fondé en 1957 par 81 membres triés sur le volet – on y compte des comtes et des vicomtes – le club vous ouvre ses portes, niché au sommet du Wasserngrat, contre une cotisation de 12 000 dollars annuelle et la preuve que vous possédez une propriété sur la commune bernoise. Au niveau dress code on se met en mode aristocratique acrobatique dans cette veste Dolce & Gabbana très chic à passementerie impériale.

Cela dit, vous êtes aussi là pour avaler de l’or blanc. Le meilleur spot pour exhiber son matériel reste le Bergrestaurant Eggli, charmante adresse posée en haut des pistes où cuisine helvétique haut de gamme rime avec vue panoramique imprenable sur le grand cirque alpin. Entre deux plats de viande séchée bien au chaud dans votre combi Moncler Gamme Bleu, amenez discrètement la conversation sur votre nouvelle paire de skis Zai, la marque grisonne d’équipement d’hiver de superluxe. Déjà parce qu’esthétiquement ce modèle Laisa avec ses pointes en éperon vous donnera des allures de narval des montagnes. Ensuite parce que technologiquement ces lattes à l’étrange géométrie fabriquées en fibre de carbone, cèdre et caoutchouc naturel vous promettent une expérience sportive inédite.

L’accessoire indispensable: la Ski-Doo GSX SE pour se prendre pour Roger Moore – mascotte de la station – dans James Bond, 11 649 dollars.

Zermatt: branchitude et balade à pied

 

La station sans voiture et hyperécolo. Du coup, gare au style qui tue. Car se promener avec de la fourrure au pied du Cervin passe pour le faux pas ultime, l’erreur fashion qui peut vous faire bannir de la télécabine. Misons sur des valeurs sûres. Au Vernissage, lieu culturel qui cumule un bar, un restaurant et une salle de cinéma, on boit un Spritz sous les lustres en cristal dans une tenue calculée, résolument branchée.

On dépend de leurs cintres quelques bricoles de créateurs bien dans l’air du moment (gilet matelassé et complet en tweed Kris van Assche, joli pull en maille bicolore Dior Homme, du même designer d’ailleurs) pour aller discuter de l’intégrale Tarkovsky et du rapport au temps dans l’œuvre du cinéaste russe. Le lendemain, exercice et soins du corps. Au programme: balade dans la contrée. But de la promenade? Chez Vrony, cabane d’alpage centenaire prise dans les neiges hivernales à 2100 mètres d’altitude. Là encore où la famille Julen sert une cuisine 100% bio, 100% rustique, 100% terroir. On peut y accéder à skis. On peut aussi y aller au rythme tranquille de la marche (comptez 1h30 depuis Zermatt).

On brave les frimas du petit matin dans cet ensemble coupe-vent au design de mantra de Christian Lacroix en protégeant ses yeux avec un masque Astero de la marque Parasite. Au pied: des bottes. Ou encore mieux des raquettes en structure alu TSL Over The Top Men… Tout est dit. Chez Vrony: tél. 027 967 25 52, www.chezvrony.ch

Verbier : gastro et italo-disco

 

Changement de décor. Verbier, c’est la station jeune et fun, celle où le nombre de bars est insensé et le ski forcément extrême. C’est aussi celle du Rosalp, l’institution gastronomique des Alpes valaisannes, même si le chef Roland Pierroz n’y tient plus la brigade depuis 2007. On tombe la doudoune fluo et les après-ski en poil de yéti pour une tenue plus adéquate, mais sans chichi. Une élégance urbaine, comme cet ensemble bombers trois pièces Burberry Prorsum avec sa casquette bleu pétrole à la classe folle. Le repas terminé, on peut envisager d’aller se coucher dans l’hôtel de l’établissement.

On peut aussi décider de sacrifier au cosmopolitisme effréné du Verbier by night. Pour autant, un arrêt dressing s’impose avant de passer la porte du Farm Club. Ouvert il y a quarante ans par les frères Giuseppe et Serafino Berardi, l’endroit a vu défiler tout le gratin des seventies, de Diana Ross à David Bowie. Redécoré façon boudoir-burlesque, la boîte encourage au look let’s go party. On tente un revival italo-disco en total couleur Balenciaga et bottines blanches. Il est passé minuit, les esprits se grisent et le style glisse tout schuss !

Crédits photos: Catwalk Pictures

Antoine Roduit

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