Bilan

Breitling annonce son départ de Baselworld

Un nouvel exposant majeur quitte Baselworld: le salon de Bâle perd Breitling pour l'édition 2020. La marque de Granges explique ce dimanche 14 avril que la date de la prochaine édition ne lui convient pas, tandis que les organisateurs du salon insistent sur le fait que les dirigeants de Breitling n'excluent pas un retour à Bâle dès 2021.

Le départ du Swatch Group avait mis en valeur le stand de Breitling au coeur de la halle 1 de Baselworld.

Crédits: Matthieu Hoffstetter

C'était sans doute la marque horlogère qui avait le plus bénéficié du départ du Swatch Group: lors de l'édition 2019 de Baselworld, Breitling avait vu son stand gagner en visibilité dans la prestigieuse halle 1 de la foire de Bâle, et avait même pu créer un espace de restauration sur certains emplacements libérés par les marques du groupes de la famille Hayek.

Ces avantages, ajoutés aux autres innovations amenées par les nouveaux organisateurs de Baselworld (dirigée par Michel Loris-Melikoff) n'auront pas suffi à convaincre George Kern de prolonger le bail de Breitling à Bâle.

Le problème des dates de 2020

George Kern, CEO de Breitling. (Darrin Vanselow)
George Kern, CEO de Breitling. (Darrin Vanselow)

«Malgré un salon Baselworld 2019 réussi, nous avons décidé de nous concentrer en 2020 sur notre modèle global de sommet et sur les roadshows locaux qui suivront. Les dates du salon Baselworld, qui se tiendra fin avril, ont été décisives puisqu’elles ne sont pas compatibles avec notre planification. Notre plate-forme des sommets déjà en fonctionnement nous permet d’informer nos groupes cibles sur l’évolution des marchés et sur nos nouveaux produits sans contraintes de dates et de lieux. Nous allons conserver ce principe qui nous permet de développer une approche personnalisée envers nos clients, les professionnels des médias, nos partenaires commerciaux et les collectionneurs. Nous ne ferons donc pas partie des exposants du salon Baselworld 2020», explique le CEO de Breitling, dans un communiqué publié ce dimanche 14 avril.

Conçu pour faciliter la venue des visiteurs lointains et amener un peu de coordination dans un secteur marqué par la concurrence des deux salons majeurs (Baselworld à Bâle en mars et SIHH à  Genève en janvier), le changement de dates (SIHH fin avril et Baselworld dans la foulée début mai, pour 2020) aura donc eu un effet négatif sur une première marque. Lors de l'édition 2019, en aparté ou publiquement, de nombreux dirigeants horlogers ont critiqué ce choix tardif dans l'année et exprimé la volonté de pouvoir présenter leurs nouveautés plus tôt dans l'année, en janvier ou février.

«La direction prise par Breitling de mettre en scène la marque comme une expérience s’inscrit parfaitement dans notre stratégie de transformation de Baselworld en plateforme d’expériences», réagit Michel Loris- Melikoff, directeur exécutif de Baselworld. «C’est pourquoi nous avons examiné ensemble toutes les possibilités d'intégrer la convention à Baselworld». Des négociations ont donc eu lieu depuis plusieurs semaines, mais n'ont pas pu aboutir. En tout cas pour l'édition 2020.

Baselworld espère un retour en 2021

Michel Loris-Melikoff, directeur de Baselworld. (MCH Group)
Michel Loris-Melikoff, directeur de Baselworld. (MCH Group)

Car, du côté de Baselworld, on préfère voir l'aspect positif avec la porte laissée ouverte par Breitling d'un retour dès 2021: «Nous déciderons ultérieurement si nous retournerons ou non à Bâle à partir de 2021. Les dates de cette manifestation et également la possibilité de réaliser le sommet Breitling seront prépondérantes. Nous tenons à souligner que les importantes modifications apportées et mises en œuvre en un laps de temps très réduit par les organisateurs de Baselworld sous la direction de Michel Loris-Melikoff ont été positives et pourraient constituer à l’avenir le fondement d’un salon Baselworld repensé», ajoute en effet George Kern.

Jean-Christophe Babin, CEO de Bulgari. (DR)
Jean-Christophe Babin, CEO de Bulgari. (DR)

Le choix de la date de Baselworld 2020 risque de poser une hypothèque sur d'autres marques. Ainsi, dans la foulée du salon 2019, Jean-Christophe Babin, CEO de Bulgari, confiait à Bilan que «les dates qui ont été retenues par le SIHH et Baselworld 2020 ne nous conviennent pas du tout», expliquant le besoin d'«un calendrier judicieux qui nous permet, assez tôt dans l’année, de comprendre les tendances commerciales». A ce moment-là, il ne souhaitait pas prendre la décision radicale d'annoncer le départ de Bulgari, mais avouait que «c’est une possibilité».

La fidélité de Rolex et Tudor

Dans ce marasme et ces incertitudes, les organisateurs de Baselworld peuvent toutefois se réjouir du soutien et de la fidélité d'un autre acteur du secteur: Rolex devrait augmenter la surface de son stand à Baselworld en 2020, en occupant la surface jusque-là dévolue à sa marque-soeur Tudor, laquelle aura son propre espace. Peut-être cette dernière profitera-t-elle des surfaces libérées par Breitling?

En tout cas, l'annonce du départ de Breitling sonne comme un avertissement aux organisateurs du salon bâlois, mais aussi à ceux du SIHH: si les dates de l'édition 2021 ne sont pas revues, d'autres grands noms de l'horlogerie pourraient abandonner ce type de formats et partir en solo à la rencontre de leurs publics. Après le Swatch Group l'an dernier et Breitling cette année, la tendance à ne se fixer dans aucun des grands salons de la branche gagne de l'importance.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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