Bilan

Bootcamp, le plein air

En 2010, lorsque la discipline sportive apparaît, elle est entachée – ou auréolée, c’est selon – de son passé militaire. Rénovée, elle a mis à la retraite le sergent instructeur postillonnant.
  • Maxime Chapiteau, coach à Genève: «On brûle un max de graisse tout en gardant sa masse musculaire.»

    Crédits: Flusin
  • Les séances alternent les exercices cardiovasculaires et musculaires.

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En prenant de la bouteille, le bootcamp a laissé tomber ses oripeaux kaki pour ne garder que l’essentiel: la motivation et l’efficacité. Deux valeurs au cœur d’un monde plus exigeant à tous les niveaux et qui font du renouveau de la discipline une réalité essentiellement urbaine.

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«Un des avantages du bootcamp est la construction de la motivation par le groupe, remarque ainsi Maxime Chapiteau, fondateur de Max Energy After Work Training, à Genève. Parce que c’est dur et grâce au coach qui encadre le groupe, un challenge collectif se crée qui fait avancer chacun.»

Car c’est dur. La technique exige un travail complet, alternant les exercices cardiovasculaires et musculaires. «Il s’agit de mobiliser les muscles pour les renforcer, via des squats ou des pompes. On passera ensuite aux mouvements qui vont activer le système cardio-respiratoire, comme la course, le saut ou les mouvements pliométriques», énumère Maxime Chapiteau.

Le format demande que les entraînements se fassent en plein air

Non content de pousser le corps dans ses retranchements, le format demande également que les entraînements se fassent en plein air. «C’est un plus», estime Carla Rhyner, membre du réseau bootcamper.ch qui propose de suivre des bootcamps dans toute la Suisse. «L’être humain n’a pas été créé pour passer sa journée derrière un bureau.» Pour la jeune femme, qui est également la coach de Christian Gobé, un lanceur de poids sélectionné pour les prochains Jeux paralympiques, «les exercices proposés sont proches des gestes millénaires effectués par les êtres humains autour de la chasse ou de la cueillette».

«On profite des accidents du terrain, d’une côte, de quelques rondins ou d’une flaque de boue», abonde Patrick Clément, initiateur de Swiss Bootcamp, à Onex (GE). «Le fait de se retrouver dans la nature est très important», estime-t-il encore. «Le plein air permet également d’éviter ces regards qui jugent ou qui jaugent, à l’intérieur des fitness, complète Maxime Chapiteau. Pour des personnes qui viennent souvent pour perdre du poids, c’est important.»

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Car la plupart des clients sont des clientes. «Lorsque j’ai débuté, il y a trois ans, je pensais que nous aurions surtout des hommes, explique Patrick Clément. Mais ceux-ci sont souvent rebutés par le côté trop encadré. Les femmes, au contraire, privilégient la présence d’un coach, du professeur qui montre et guide vers le bon mouvement.» Le niveau des participants est également une source de surprise: «Il s’agit soit de débutants qui se relèvent de maladie ou d’accident, soit d’athlètes de bon niveau.» 

La balance bouge

Ce qui ne pose pas de problème en bootcamp, puisque la grande majorité des exercices peuvent facilement se moduler en fonction du niveau de base. Et les résultats sont rapides, relève encore Patrick Clément: «Quel que soit leur niveau, après un mois environ, les participants me disent sentir une vraie différence. C’est surtout une prise de conscience de ce qu’ils peuvent faire, une liberté nouvelle dans les mouvements, un regain de motivation.»

La vérification de visu, sur la balance, se constate peu après: «On brûle un max de graisse tout en gardant sa masse musculaire, détaille Maxime Chapiteau. L’organisme est soumis à un stress important qui lui fait sécréter des hormones favorables à la masse musculaire. On constate également une réaction
en chaîne dans la combustion des graisses.»

La compétition n’est pas totalement absente de la discipline. Toutefois, héritage de son passé militaire, elle laisse de côté le chronomètre et privilégie la performance. Appelées obstacle races, ces manifestations prennent la forme d’un terrain d’entraînement militaire géant, ponctué de rivières,
de murs impressionnants et de toutes sortes d’obstacles rebutants. «Le but est surtout d’aller au bout de soi-même et non d’affronter l’autre», explique Patrick Clément.

Les plus motivés feront le voyage d’Engelberg (OB), le 4  juin prochain, où se déroule la StrongmanRun, «course d’obstacles la plus balaise de Suisse», selon les organisateurs. Les autres privilégieront la Barjot Run de Bière (VD), prévue le 9  avril et qui réunit dans la boue près d’un millier de participants dont de nombreuses équipes costumées. Les moins entraînés ont quant à eux jusqu’au 10  septembre pour se préparer à la MeuhDay d’Orsières, «une expérience sportive, fun et unique au cœur des Alpes valaisannes». 

Charles-André Aymon

<p>Journaliste</p>

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Observateur toujours étonné et jamais cynique du petit monde genevois, Charles-André Aymon en tire la substantifique - et parfois horrifique - moelle depuis une quinzaine d’années. Tour à tour rédacteur en chef de GHI puis directeur général de Léman Bleu Télévision, il aime avouer à demi-mot n’avoir pas envie de se lancer en politique «parce qu’il ne déteste pas assez les gens». Ce regard mi-amusé, mi-critique permet au lecteur de passer indifféremment du détail au général et ainsi de saisir, même dans les péripéties locales, quelques-unes des ficelles qui meuvent le monde. 

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