Bilan

Bienvenue chez Vinc

Les lieux épurés dévoilent un pied-à-terre où le peintre ne s’attarde guère, puisqu’il passe son temps à parcourir le monde entre deux vernissages.
  • « C’est mon tout premier tableau. Il s’agit de cartes postales, reçues de ma famille et de mes amis lorsque j’étais adolescent, que j’ai ensuite collées sur bois. Je l’avais vendu à un entrepreneur genevois il y a une dizaine d’années. J’y étais très attaché, donc j’ai réussi à le récupérer en l’échangeant contre une autre toile il y a quelques années. » Crédits: Lionel Flusin
  • Requin en néon Deux pièces réalisées en plexiglas et néon, 2012. Crédits: Lionel Flusin
  • Bibliothèque. Je passe mon temps à chiner sur les marchés aux puces, les brocantes et les vide-greniers de collectionneurs pour trouver des catalogues, des affiches et des ouvrages sur Warhol et le pop art en général. Dans la bibliothèque, une collection de Warhol qui représente six ans de recherche. Crédits: Lionel Flusin
  • Crédits: Lionel Flusin
  • Pop Box. Ce sont des petits objets abordables, faciles à offrir, des «quick deals», comme dirait Vinc en décrivant ses sérigraphies sur plastique chrome réalisées en 2012 et 2013. Skull, bouddha, Cervin, autant de symboles très fashion appréciés de sa clientèle (30x30 cm). Crédits: Lionel Flusin

Niché au cœur de la vieille ville de Genève, l’appartement de l’artiste genevois se caractérise par son aspect zen et minimaliste. Partout le blanc domine, « parce que les tableaux apportent suffisamment de couleurs ». «J’aime vivre dans le dénuement complet », raconte l’esthète.

Ainsi, les lieux sont aménagés avec simplicité et permettent également de faire office d’atelier et de showroom pour le peintre, un peu bohème, qui vit entre Munich, Singapour et la Cité de Calvin. Le reste du temps, il apprécie parcourir le monde et découvrir des villes aussi dynamiques que Séoul, New York ou Tokyo.

Des métropoles à l’opposé de Genève, où le calme et la sérénité n’inspirent pas toujours sa création. Alors que les coups de la Clémence, célèbre cloche de la cathédrale Saint-Pierre, sont le seul bruit que l’on peut percevoir de loin, le Genevois préfère le tumulte, l’agitation et l’énergie que dégagent les grandes cités.

Cosmopolite dans l’âme, l’homme, né à Genève il y a cinquante et un ans, ne tient pas longtemps en place. A peine rentré de Dubaï, il prévoit de repartir dans quelques jours en Allemagne. Voyager ? C’est un choix de vie qui lui procure richesse et liberté.

« Freedom », tel est le mot que revendique l’artiste contemporain qui aime vivre au jour le jour et ne se contraint d’aucune obligation, qu’elle soit familiale ou professionnelle : « Je n’aime ni les mariages, ni les enterrements, ni les Noëls, ni les anniversaires. » Un peu solitaire, mais pourtant loquace et généreux de son temps, Vinc apprécie aussi les soirées mondaines.

Ou plutôt le beau monde. L’artiste n’est-il pas connu pour être l’ami des stars ? Ursula Andress, les Hallyday, Peter Fonda, Emmanuel-Philibert de Savoie et tant d’autres font bel et bien partie de son carnet d’adresses. Pour preuve ? Des revues de presse entières meublent les bibliothèques du salon dans lesquelles l’artiste pose parmi les célébrités.

Vinc a beaucoup déménagé avant de s’installer voilà six ans dans cet appartement du centre-ville de Genève. Auparavant, il a sillonné le monde à la recherche d’une voie qui l’entraînera de la couture à la peinture. A l’âge de 21 ans, il part séjourner aux Etats-Unis pour y rester une dizaine d’années, expérimenter l’« american dream ».

Rêveur mais ambitieux, il lance une marque de vêtements urbaine et côtoie de nombreux happy fews parmi la jet-set expatriée en Californie. La communauté française lui présentera David Hallyday, devenu un de ses amis, chez qui il habitera même quelque temps à Los Angeles.

De retour en Suisse au début des années 1990, les Etats-Unis lui manquent, et c’est pour pallier ce vide qu’il commence à peindre des toiles inspirées par les paysages d’outre-Atlantique et les artistes américains. La culture populaire, le pop art, influencera son travail : Andy Warhol, Roy Liechtenstein ou encore James Rosenquist sont parmi ceux à lui donner de l’impulsion.

Dès lors, tous ses tableaux ont un style reconnaissable, dans lesquels on retrouve en principe un personnage, des couleurs et un logo. Et beaucoup de symboles américains : New York, L.A., Harley-Davidson, Coca-Cola. Des paysages, la signalétique urbaine, des logos célèbres, mais aussi des séries qui évoquent la voiture, les Bugatti en particulier.

Passionné d’anciennes affiches publicitaires qu’il chine dans les marchés aux puces et les vide-greniers, il a choisi de les détourner façon «post-pop art». Son style change aussi avec le temps. Il débute la peinture à l’huile sur toile, puis à l’acrylique. En 2005, il doit produire plus et se tourne alors vers un atelier de sérigraphie.

Actuellement dans la campagne vaudoise, la Vinc Factory lui permet, à l’aide d’assistants en sous-traitance, de produire des œuvres en sérigraphie lors de grosses commandes. La dernière production en date se composait d’une quarantaine de tableaux commandés en deux mois pour une exposition à Singapour.

Après vingt ans de carrière riche en rencontres et en découvertes, Vinc inscrit à son palmarès des dizaines d’expositions à travers le monde. Les galeries de Zurich et de Singapour sont celles qui vendent le plus de ses œuvres.

Mais aussi Gstaad, où « de nombreux chalets ont des Vinc aux murs », se réjouit le peintre, qui rajoute « que c’est dans cette station huppée de l’Oberland bernois que tout a commencé. A l’époque, je restais trois mois sur place pour exposer au Palace et dans d’autres lieux branchés de la station. »

Outre la Galerie Moods de Gstaad où l’on peut trouver ses tableaux, plus de dix galeries exposent l’artiste en permanence: Cimaise à Genève, Z & H à Düsseldorf, Aaart Foundation à Kitzbühl, Voigt à Nuremberg, Luxenbliss à Séoul, Terracotta à Verbier, Victor Art à Zermatt ou encore Foxx à Zurich.

2013 est une année riche en actualités pour le peintre « gypsie chic ». Il participe à la conception d’une montre de luxe pour la manufacture chaux-de-fonnière Dubey & Schaldenbrand. Un challenge, ou plutôt « un rêve devenu réalité », pour l’artiste qui dessinera ainsi des modèles « exubérants » destinés à une clientèle aisée des marchés émergents, moyen-orientale et russe en tête.

Puis plusieurs expositions sont dans le pipeline. Premièrement à l’Opera Gallery de Monaco au mois d’octobre, puis suivra l’Art-Fair de Singapour au mois de novembre. Pour la première fois, le Genevois exposera une scultpure monumentale de six mètres de long sur deux de large.

Aujourd’hui, les portes s’ouvrent plus loin pour Vinc. Exit l’eldorado américain, c’est l’Empire du Milieu et ses satellites qui lui tendent dorénavant les bras. Au fait, les vacances ?

Il n’y songe même pas. « J’aime travailler sept jours sur sept, trois cent soixante-cinq jours par année. » Il rajoute qu’il ne sait jamais quel jour de la semaine nous sommes, et qu’il s’en fiche. « Je veux juste créer », conclut-il à la fin de notre rencontre ! |

www.artvinc.com  

 

Chantal Mathez

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