Bilan

Bien vu, le clip solaire

A cause de la mode qui n’a de cesse de réinterpréter le rétro, les clips solaires, ces artifices inclinables sur des verres optiques, reviennent sur le devant de la scène. Qui mieux que des artistes prendraient le risque de s’essayer à ces lunettes à la réputation peu flatteuse? Ils montrent qu’hier et demain se conjuguent au présent. En toute élégance, mais avec une note originale.
  • Thomas Hirschhorn et les Kris Van Assche par Linda Farrow: Le plasticien Thomas Hirschhorn, au regard planqué derrière d’épaisses montures très mode, pourrait se risquer aux lunettes de Kris Van Assche, directeur artistique de Dior Hommes depuis 2007 et en parallèle propriétaire de sa propre maison. Le créateur belge, qui a notamment exposé à Genève, s’est acoquiné à la marque londonienne Linda Farrow. Le label de Londres swingue sur la vague lunettes de luxe avec un twist vintage depuis les années 1970. Pour cette collaboration, chaque paire en titane et acétate est assemblée à la main au Japon. Les traces de rouille ou de soudure sont artistiquement travaillées pour ressortir le jeu de lumière ou du mouvement. Un bel objet vivant. Flip Up Rounds, 405 dollars Crédits: Dr
  • Peter Zumthor et les Oliver Peoples pour Maison Kitsuné: Une jolie exclusivité pour les premiers pas de Kitsuné dans l’univers de la lunette. Malins, ils ne se sont pas associés à des néophytes, mais aux lunetiers californiens, spécialisés dans le rétro, Oliver Peoples. Le modèle «Tokyo», fabriqué à la main au Japon, en acétate et piqué de détails vintage siérait bien à Peter Zumthor. Le grand architecte suisse qui en impose dans son travail et par son physique de maître zen, qui poétise l’architecture autant qu’il la maîtrise, serait fort bien pourvu avec ces lunettes design aux relents d’avant. Ces deux en un, optiques et solaires, sont faciles à vivre. Elles disent bien que l’on peut parier sur la tendance sans désavouer l’ancien. Modèle «Tokyo», 420 euros Crédits: Dr
  • Damien Hirst et les Gucci 1044/S: Le pont de nez est en or, les branches en acétate et disponibles en 4 teintes du noir au havane. Le clip solaire de ces lunettes optiques Gucci atténue le côté bling de la maison italienne et calmerait le côté frimeur du Britannique Damien Hirst. Même si l’artiste anglais affectionne, entre autres, les diamants (en 2007, l’une de ses œuvres, un crâne en platine incrusté de 8601 diamants s’est vendu à 100 millions de dollars). Le prix de ces binocles n’est pas tapageur. Par contre, l’univers de la mode séduit cet artiste controversé. Damien Hirst a déjà fricoté avec le monde fashion en customisant une série de sacs à dos en peau de crocodile du Nil pour The Row (la marque des soeurs Olsen) ou en collaborant avec Levi’s ou Converse. Lunettes GG 1044/S, 265 francs. Clip, 95 francs Crédits: Dr
  • Neil Young et les 2576 de Tom Ford: Ce serait un drôle de duo. D’un côté l’élégant-précieux Tom Ford, designer de mode qui a épuisé toutes les ficelles du porno chic, de l’autre Neil Young, mythique chanteur folk américain, à la voix haut perchée et à l’allure dégingandée. Le chanteur américain, dans sa biographie, disait: «Les groupes qui friment me laissent indifférent.» Tom Ford adoube la crânerie comme personne. Le créateur de mode a imaginé pour l’été 2013 une paire de lunettes carrée en acétate, classique, intellectualisée par un clip solaire. Neil Young fait honneur de sa présence au Paléo Festival de Nyon, en plein mois de juillet; il pourrait chausser son regard de ces Tom Ford en enivrant le public. On lui pardonnerait cette incartade fashion par dévotion à Harvest, son sublime album. Tom Ford - Modèle 5276 - Prix entre 560 et 640 chf. Crédits: Dr
  • Stephan Eicher et les Clip-On Shades de Persol: si les lunetiers italiens Persol habillent le regard de nombre de stars du cinéma et de la mode, c’est parce qu’elles ont de la gueule et une histoire. Dès 1917, leur avant-gardisme technique fait ses preuves dans le monde de l’aviation et de l’automobile. Reconnaissable par la flèche qui fait office de charnière sur les côtés, Persol verra son statut mythique grimper lorsque Marcello Mastroianni les portera dans le film Divorce à l’italienne. Stephan Eicher, sous ses airs de gitan en roulotte, est aussi alluré qu’un gentleman. Costume trois pièces, chemise blanche, foulard élégant autour du cou, il ne lui manque qu’une paire de lunettes aux accents rétro. Clip-On Shades Persol, modèle PO3002C, 270 francs Crédits: Dr
Sarah Jollien-Fardel

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