Bilan

Berthaudin, une maison dans le vent

Pour fêter ses 80 bougies, Le négociant genevois innove en lançant des bag-in-box et une campagne de pub décalée. il continue à miser sur les vins de qualité.

Claude Berthaudin, CEO et propriétaire, et Romain Lemaire, sommelier directeur.

Crédits: Lionel Flusin

Un homme nu cache son sexe à l’aide d’un bag-in-box (BIB). En dessous, la phrase: «Il semble petit? Pourtant c’est bien un magnum.» La publicité lancée cette année par l’entreprise Berthaudin détonne par son ton décalé. Elle chasse l’image quelque peu poussiéreuse de la maison genevoise qui célèbre cette année ses 80 printemps. 

L’humour est pourtant présent depuis longtemps au sein de l’entreprise familiale fondée par Henri Berthaudin et dirigée depuis une douzaine d’années par son petit-fils Claude. En effet, l’une des dernières entreprises genevoises à la fois actives dans le négoce, la production et l’importation de vin a lancé il y a quelque temps le «speed tasting wine» réalisé à partir «d’un improbable assemblage» dans le but de séduire la jeune génération.

«Cette dernière est plus ouverte et curieuse que l’ancienne qui se contente trop souvent de cépages traditionnels», souligne le négociant. Ce dernier, après un apprentissage de caviste et une formation d’œnologue à Changins puis à Bordeaux, se voyait œnologue. Pourtant, il est entré directement dans l’entreprise familiale auprès de son père pour devenir négociant. Le Genevois participe, par contre, régulièrement à l’élaboration des vins de la maison, vinifiés et élevés par l’œnologue John Pernet.

La clientèle de la PME d’une vingtaine de collaborateurs basée aux Acacias est constituée à 50% du secteur de la restauration, à 40% de la grande distribution et à 10% de particuliers. L’entreprise, qui a misé depuis ses débuts sur la vente de vins suisses, est également propriétaire d’un domaine à Tartegnin-sur-Rolle et locataire d’un vignoble à Genève et de parcelles sur la côte vaudoise. Les deux caves produisent une vingtaine de crus différents, dont la plupart ont été primés lors de concours pour leur qualité. 

En tant que négociant, la société qui fut l’une des premières à vendre des bordeaux en souscription, détient également plusieurs exclusivités sur la Suisse – Paveil de Luze, Château Greysac et Château Larmande (bordeaux), domaine du Vieux Télégraphe, la maison Chapoutier (vallée du Rhône) ou encore les champagnes Gosset. 

Toujours à la recherche de produits d’exception, Claude Berthaudin se veut à l’écoute des consommateurs dont les goûts évoluent constamment. «Par exemple, l’Amarone della Valpolicella (un vin rouge doux) était tombé en totale désuétude alors qu’il connaît, aujourd’hui, un fort regain d’intérêt auprès de la génération Coca-Cola», explique le propriétaire de l’enseigne genevoise. 

Un magasin à Lausanne?

Graphiste, médecin et avocate, les trois filles de Claude Berthaudin n’ont quant à elles pas choisi la même voie que leur aïeul. Les dés semblent donc jetés au niveau de la succession, mais cela n’empêche pas le propriétaire de l’enseigne – qui travaille avec son épouse – d’avoir beaucoup d’ambition, notamment au niveau de la sélection qualitative des vins, de la notoriété de l’entreprise et de l’engagement de jeunes passionnés, tout comme lui, de produits viticoles.

Ce fut le cas avec l’arrivée il y a quelques années du sommelier bourguignon Romain Lemaire, promu en septembre directeur de la maison. Il envisage aussi d’ouvrir un jour un magasin qui ferait office de vitrine. «Nous aimerions être présents à Lausanne, cependant nous n’avons pas encore trouvé d’emplacement adéquat», souligne le patron qui regorge de projets. 

Chantal Mathez

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