Bilan

Avoir un bateau, un rêve accessible?

Libres, le nez au vent, portés par les vagues: de nombreux amateurs de navigation sont tentés d’acquérir une embarcation plutôt que de la louer. Mais est-ce un bon calcul financier?
  • Le coût annuel d’un bateau est estimé à 10% de sa valeur.

    Crédits: Patrick Martin
  • Il faut compter parfois des d’années d’attente avant d’obtenir une place d’amarrage.

    Crédits: Chris Blaser

Qu’ils possèdent un petit bateau ou un yacht, les plaisanciers doivent tous assumer certaines dépenses. La place d’amarrage, les plaques d’immatriculation et les assurances font partie des frais fixes. Mais le propriétaire prend également en charge l’entretien et l’essence. La somme déboursée par année dépend de nombreux facteurs: la taille du bateau, son modèle, son port d’attache ou encore le carburant utilisé.

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Le coût annuel total est toutefois estimé à 10% de la valeur du bateau, selon Séverine Marti-Cheretakis, à la tête de Marti Marine à Genève. Par exemple, un bateau d’une valeur de 50'000 francs nécessitera de verser environ 5000 francs par an. Cette somme divisée par le nombre de sorties donne le prix d’une journée en bateau.

Si le navigateur prend la barre une quinzaine de fois durant la saison, chaque balade lui revient à 333 francs, sans compter l’essence et les extras au bord du lac. Le même calcul avec un bateau à 100'000 francs fait monter la journée à 666 francs. A titre de comparaison, la location coûte en général plus de 450 francs la journée pour un bateau 5 places.

Plusieurs années pour avoir une place de port

La patronne de Marti Marine admet que la plaisance est un luxe, pas inaccessible pour autant. «On peut avoir des petits Zodiac pour 3000 francs, comme on peut s’acheter quelque chose d’énorme bien plus cher.» Un grand bateau implique une place d’amarrage coûteuse, étant donné que les prix des place de port sont souvent fixés au mètre carré. Alec Tournier, secrétaire général de la Société nautique de Genève, évalue toutefois qu’en moyenne les plaisanciers déboursent 2000 francs par an pour leur emplacement.

Si les listes d’attente sont bien remplies pour obtenir une place – il faut compter plusieurs années – les autorités s’appliquent à enlever les épaves qui jonchent les ports. De nouveaux emplacements sont parfois à vendre, comme au port de la Nautique à Genève. 400 places seront ainsi créées d’ici au printemps 2020. Les premiers prix vont de 40'000 à 267'000 francs. L’investissement est conséquent, mais la demande est là. «Trois quarts des places ont été réservées avant le début des travaux», révèle Alex Tournier.

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Reste à savoir à quelle fréquence les férus de navigation prennent la barre. La saison s’étend de mars à novembre. «Tous nos bateaux sont à l’eau à la fin du mois de mars», glisse Séverine Marti-Cheretakis. La météo joue un rôle important pour les navigateurs. Marc Comi, à la tête du Geneva Boat Club, assure qu’«un gros pourcentage de nos locataires vont sur le lac dès qu’il fait beau les premières années».

Du côté des particuliers rencontrés par Bilan, un plaisancier genevois affirme sortir «au moins une fois par semaine», tandis qu’à Neuchâtel Matthieu Nonorgue navigue «dix ou douze fois par an». Ce dernier, adepte de wakeboard, remarque que ce sport est gourmand en essence. «D’habitude, je peux tenir six ou sept sorties avec un plein. Mais quand je vais en wakeboard, c’est plutôt trois ou quatre.» Rentable, par rapport aux activités nautiques proposées par des professionnels? «C’est juste incomparable! A certains endroits, les tarifs sont à la minute.»

S’ajoutent ensuite les frais à amortir comme le permis de navigation. Les moniteurs de bateau-école proposent en moyenne un tarif à l’heure de 90 francs. Parmi eux, Marc Comi estime entre huit et quinze le nombre de leçons nécessaires à l’obtention du permis, ce qui porte la valeur du papier à un millier de francs environ. 

Le principal investissement reste le bateau lui-même. Entre la barque à moteur et le yacht, il en existe pour tous les budgets. Posséder sa propre embarcation fait rêver de nombreux amateurs de navigation. «C’est comme un chalet, explique Séverine Marti-Cheretakis. Au début les personnes louent, puis elles veulent en profiter régulièrement.» Certains restent au port toute la saison, mais les plus motivés voguent durant des décennies pour rentabiliser leur achat.

Tous dans le même bateau

Pour naviguer à moindres frais, le partage, avec des amis ou la famille, peut être une solution. Matthieu Nonorgue gère les factures avec son frère et son père. «Je paie 1200 francs par année à la place du triple», raconte-t-il. Tous y trouvent leur compte. «Parfois nous allons ensemble, parfois non. C’est la famille, nous arrivons à nous arranger.»

De son côté, le plaisancier genevois divise les coûts avec trois de ses amis. «Cela nous permet aussi d’avoir un bateau plus grand que si nous étions seuls.» Là encore, aucun souci de partage puisque les quatre hommes sont tous très actifs: «Il y a très peu de collusion d’agenda.» D’autres font l’expérience de partager avec des inconnus – avec les avantages et les risques que cela implique.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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