Bilan

Aux origines de Ferdinand Berthoud, propriété de Chopard

La nouvelle marque de Chopard puise ses racines dans l’histoire de la navigation astronomique.

Ferdinand Berthoud s’inscrit dans la droite lignée des inventeurs britanniques qui ont développé les horloges à pendule et les chronomètres de marine.

Crédits: DR

Ce 30 mai, Chopard célébrait à Genève la mise en vente de ses montres Ferdinand Berthoud à la boutique des Ambassadeurs, rue du Rhône, dont la commercialisation a également démarré à Zurich, Paris et Londres.

C’est fin 2013 que Karl-Friedrich Scheufele, coprésident de Chopard, avait annoncé qu’il relancerait la marque Ferdinand Berthoud. Le nom de cet horloger (1727-1807) originaire de Fleurier, dans le Val-de-Travers (Neuchâtel), était alors pratiquement inconnu. Six ans auparavant, Karl-Friedrich Scheufele en avait fait l’acquisition, juste au moment où un autre acheteur s’apprêtait à relancer la marque.

«Fasciné par l’histoire de Ferdinand Berthoud, j’ai convaincu l’autre acheteur de me céder le nom, puis je l’ai mis dans un tiroir, pour réflexion future, raconte-t-il. De fil en aiguille, nous avons défini ce que devait devenir la marque, et ce qu’elle ne devait surtout pas devenir. » Ce qu’elle est devenue retrace l’épopée de l’horlogerie marine.

Dans la lignée des inventeurs britanniques

Une plongée dans l’histoire révèle en effet que Ferdinand Berthoud s’inscrit dans la droite lignée des inventeurs britanniques qui ont développé les horloges à pendule et les chronomètres de marine. Contant les origines de Berthoud, Arnaud Tellier, expert horloger, remonte aux 16ème et 17ème siècles, quand les navires de la flotte britannique se perdaient en mer, se fracassaient contre les récifs et faisaient naufrage, causant des pertes colossales.

En 1714, la reine Anne a édicté le Longitude Act, offrant 20'000 sterling à qui déterminerait la position d’un navire en mer à quelques 100 km près. L’histoire des inventions des horloges marines était née. A Christiaan Huygens (1629-1695), premier inventeur des horloges à pendule, ont succédé les britanniques Henri Sully (1680-1729), George Graham (1674-1751) et John Harrison (1693-1776). Ce dernier réalise une percée dans les horloges à longitude et perfectionne les chronomètres.

Puis un certain Ferdinand Berthoud, issu d’une famille d’horlogers-penduliers, quitte son Val-de-Travers natal pour aller à Paris en 1752. Il se passionne en effet pour la question de la mesure des longitudes. La France, comme l’Angleterre, offre à cette époque des récompenses substantielles au premier qui parviendrait à déterminer précisément la position est-ouest d’un bateau naviguant en mer. Le Suisse rencontre l’horloger britannique Thomas Mudge, qui lui dévoilera le procédé de Harrison. Il devient horloger du Roi de France et de la marine.

Louis Berthoud, son neveu, viendra aussi travailler à Paris avec son oncle et perfectionnera son art. Auteur prolixe, Ferdinand Berthoud n’a eu de cesse de théoriser son art, produisant une somme d’ouvrages courant sur près de 4000 pages. «Contrairement à bien des horlogers, il aimait partager largement ses connaissances », souligne Karl-Friedrich Scheufele, et c’est là une qualité qui lui vaut l’admiration de l’horloger allemand, dont la famille possède Chopard depuis 1963.

50 pièces 

Une histoire si imprégnée des techniques et de l’esthétique de la chronométrie marine ne pouvait manquer d’inspirer les créations contemporaines de la marque Berthoud. On y retrouve les codes des chronomètres et de l’horloge à longitude, avec quatre hublots latéraux ceinturant le boitier. Les séries produites sont limitées à 50 pièces. Avec 4 brevets déposés pour son mouvement, le modèle phare « Chronomètre FB 1 » affiche 1120 composants. Une centaine d’heures de travail est nécessaire pour décorer un mouvement Berthoud.

Aux tests des chronomètres de marine effectués dans les observatoires à l’époque des horlogers du 18ème siècle, a succédé le contrôle officiel suisse des chronomètres (COSC), certification que portent aujourd’hui les montres de la chronométrie Ferdinand Berthoud, implantée comme son ancêtre dans le Val-de-Travers, où se trouve aussi la manufacture Chopard. 

 

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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