Bilan

Audi a mis les doigts dans la prise

Le SUV électrique E-Tron réunit esthétisme, confort et puissance. Mais il faut choisir entre le plaisir de conduire et la gestion de la consommation.

Pour voyager loin, mieux vaut garder le pied léger.

Crédits: Dr

Depuis qu’Elon Musk s’est levé un matin en se disant que ça serait sympa de se lancer dans les voitures électriques, tout le monde trouve que c’est une idée révolutionnaire. Dans les contreforts de la Bavière, on s’est dit qu’il fallait aussi faire des voitures qui ne polluent pas. En tout cas qui ne polluent pas en roulant, en chargeant c’est une autre chose. Quant au recyclage des batteries, c’est encore une autre chose. 

Un matin d’automne, le service marketing d’Audi s’est réveillé et s’est dit: «Tiens, si on appelait ça une «E-Tron.» Sauf que personne n’a été vérifier ce que ça voulait dire en français. Tout comme ceux qui ont inventé la MR2, le Koleos (je vous passe la traduction en grec) ou encore la Citroën C-Zéro, sans compter la Daihatsu Thor – rien contre le nom, mais de là à la faire de la même forme que le marteau du dieu du même nom, il fallait y aller.

Rétroviseurs visionnaires

Heureusement, Audi a tout de même mis un trait d’union entre le E et le Tron. Et puis la ligne, l’esthétique et le confort de la voiture devraient rapidement faire passer ce petit détail de vocabulaire. 

S’il ne faut retenir qu’une chose de cette Audi électrique, ce sont ses rétroviseurs. Ce sont des minicaméras qui filment en arrière et projettent l’image sur un écran vidéo à la hauteur de la main gauche du conducteur et à l’opposé de l’autre côté. Parfois, c’est si près de la hauteur de la main gauche du conducteur qu’il vaudrait mieux ne pas en avoir. Tout ça pour réduire la traînée et économiser l’énergie. 

Pilotage stratégique

Lors de mon test week-end en tête à tête avec le gros SUV électrique d’Audi, je me suis promené dans les contreforts alpins. En partant de chez moi, j’avais 256 kilomètres d’autonomie et ma destination était à 150 kilomètres. Ce qui aurait dû suffire – à la condition unique que mon point de chute se trouve à la même altitude que mon point de départ, puisque les montées en mode «full power» sont énergivores. Mais j’allais vite me rendre compte que rouler en électrique relève plus de la stratégie militaire que du pilotage agressif à la Sébastien Loeb. 

Quand vous roulez en E-Tron, vous devez avoir le pied léger et ne pas vous laisser emballer par les fabuleuses accélérations fournies par le moteur de 400 chevaux. Rouler en E-Tron, c’est fantastique pour le silence, pour le design Audi futuriste et pour la perfection de
la finition intérieure. 

Après, il faut gérer la consommation. Le GPS en fonction? Vous perdez de l’autonomie. Les sièges chauffants? Tant qu’il ne fait pas zéro degré, il vaut mieux envisager un pull, au risque de devoir trouver un chargeur plus vite que de raison. Même les essuie-glaces coûtent un peu d’autonomie – et quand vous escaladez un col avec le pied lourd, mieux vaut que ça redescende derrière pour recharger. En fait, l’Audi E-Tron, comme toutes les voitures électriques, c’est comme un smartphone, vous avez plein d’applications dedans, mais si vous les faites toutes fonctionner en même temps, vous allez vite vous retrouver à pied. 

En conclusion, l’expérience est fantastique, j’ai même réussi à faire 130 kilomètres sans perdre aucune autonomie, juste en rechargeant dans les descentes avec le frein moteur. Mais par contre, dans ces conditions, le plaisir de la conduite passe en second au profit de l’efficacité. Si vous me laissez le choix, je préfère attendre le futur SQ8 que parier sur l’électrique, et pas que chez Audi.

* Cofondateur d’investir.ch et auteur du site bitume.ch


Spécifications

Performance: 402 ch, 300 kW

Autonomie: 417 km avec le vent dans le dos et en étant très léger sur l’accélérateur

Consommation: 23,7 kWh/100 km

Emission CO2:  0 g/km

Longueur: 4901 mm

Largeur: 1935 mm

Hauteur: 1616 mm

Poids: 2490 kg à vide

Thomas Veillet*

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