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Au Bouveret, les gastronomes ont leur bibliothèque d'Alexandrie

Avec l'ouverture de la Mosimann Collection au Collège Cesar-Ritz au Bouveret, le chef suisse installé en Angleterre a confié à l'école hôtelière ses trésors, la plus riche collection de livres et recettes de cuisine.
  • La Mosimann Collection ouvrira ses portes au grand public dès le dimanche 12 juin.

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  • Florent Rondez, CEO de Swiss Education Group, est fier d'accueillir ces trésors de la gastronomie dans une de ses écoles.

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  • Pour les étudiants, une bibliothèque avec des milliers de recettes et de menus glânés lors des grands événements des dernières décennies.

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  • Le visiteur est plongé dans l'atmosphère des lieux qu'affectionne Anton Mosimann, dont son club privé en Angleterre.

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  • Le partenariat avec la Fondation Claude Nobs rappelle l'amitié qui liait les deux hommes autour de leur passion commune pour la gastronomie.

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  • Les vitraux art nouveau ont été réalisés à Monthey.

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  • Certains ouvrages de cuisine ont plusieurs siècles et sont des pièces uniques au monde.

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En confiant sa collection unique au monde de livres de cuisine, recettes, menus, accessoires et ustensiles divers, le chef suisse Anton Mosimann rend hommage à sa terre natale et place Le Bouveret sur la carte mondiale de la gastronomie. Plus de 6000 ouvrages de référence dans le domaine de l'art culinaire, mais aussi des centaines de cartes de menus d'événements historiques, des médailles et décorations ou encore des oeuvres d'artistes prestigieux tels que Margrith Burckhardt ou Jean Tinguely: l'ampleur et la richesse des pièces confiées au Cesar-Ritz College de Swiss Education Group (SEG) n'a pas d'équivalent au monde.

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Plus encore qu'une exposition de livres et de menus, la Mosimann Collection se veut le reflet d'une passion: «Nous souhaitions faire connaître l'homme derrière cette personnalité hors normes et faire perdurer son oeuvre afin qu'elle soit une source d'inspiration pour la jeune génération de chefs et d'hôteliers», précise Florent Rondez, CEO de Swiss Education Group. Car le parcours et la sensibilité d'Anton Mosimann en font une figure à part dans la galaxie des grands chefs actuels.

Des voyages et des influences diverses

Suisse de naissance et de formation, le Soleurois a d'abord découvert les plaisirs de la cuisine et des produits du terroir dans le restaurant de ses parents à Nidau. Mais c'est au fil de ses voyages qu'il a forgé sa connaissance et sa vision de la gastronomie: la Suisse évidemment, la France où il a plongé aux origines de la gastronomie de référence en Occident, mais aussi le Japon, qui l'a marqué par sa cuisine sans crème et l'absolue valeur accordée à la fraîcheur des produits.

Twann, Villars, Rome, Sils-Maria, Osaka, le Canada,... Ses escales ont sans cesse enrichi la palette de ses influences, des produits qu'il accommode, des traditions dont il s'inspire. Mais ses pérégrinations l'ont ramené vers son nouveau port d'attache: l'Angleterre où il a posé ses valises et ses ustensiles de cuisine depuis plusieurs décennies. Au Dorchester Hotel de Londres, il se retrouve à la tête d'une brigade de 132 chefs et reçoit les plus grands à sa table: élus, stars du cinéma, de la chanson ou des arts plastiques, sportifs, confrères chefs, et évidemment les membres de la famille royale.

C'est ainsi qu'il devient le chef favori des Windsor et officie lors de nombreuses cérémonies officielles, comme le mariage de Kate et William et d'autres prestigieux rendez-vous. Les mots de gratitude de ses convives, et des membres de la famille royale britannique au premier rang, témoignent de cette relation particulière qu'il a su nouer avec ses clients. Ces messages écrits à la main rejoignent des centaines de photos prises en salle ou dans les cuisines avec celles et ceux qu'il a accueillis.

Atmosphère londonienne et bibliothèque étudiante

Ces milliers de livres, ces centaines de menus d'événements, ces ustensiles anciens, ces mots de gratitude et autres compliments manuscrits, Anton Mosimann voulait les rendre disponibles. «Afin d'inspirer de nouvelles générations», mais aussi de partager ces trésors avec le grand public. Swiss Education Group a donc mandaté Omid Louie en lui confiant une aile du Cesar-Ritz College du Bouveret, afin qu'il conçoive et designe un lieu unique.

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Aujourd'hui, c'est donc au bord du Léman que le trésor d'Anton Mosimann a trouvé son écrin: «On m’a demandé récemment à Londres si j’étais toujours vivant. Alors voir ce projet aboutir de mon vivant est encore plus extraordinaire: tous les trésors de ma collection réunis en un même lieu, mis en scène ainsi, et ouverts au public et aux étudiants, c’est le plus beau destin pour eux», se réjouit Anton Mosimann, qui constate que les cinq années passées à préparer cette ouverture n'ont pas été vains.

Omid Louie a conçu un lieu qui rappelle à la fois l'atmosphère londonienne dans laquelle évolue Anton Mosimann au quotidien, mais aussi l'histoire de l'hôtellerie des rives du Léman (avec des vitraux art nouveau réalisés à Monthey), ainsi que le lien particulier qu'il a avec la monarchie britannique. Sur quatre étages et une quinzaine de pièces, le visiteur passe d'une salle de réception à l'ambiance cosy d'une bibliothèque, sans oublier les rayonnages studieux des recettes d'événements historiques ou encore la salle de cinéma où sont projetés les reportages et films consacrés au chef.

Claude Nobs et sa cuisine

«J'ai failli pleurer en découvrant ce lieu, car je sais que désormais ce que j'ai réuni au fil des années est accessible à tous et que tous les passionnés pourront en profiter», confesse Anton Mosimann. Pour Florent Rondez, il va désormais falloir faire vivre ce lieu: «Il est en priorité destiné aux étudiants qui pourront se plonger dans les livres, les menus, se laisser inspirer. Chaque dimanche jusqu'en décembre 2016, il sera ouvert au grand public. Pour 2017 nous voulons l'ouvrir davantage encore. Et évidemment, nous avons des projets d'ateliers avec des chefs, de séminaires pour des groupes, de visites particulières,...».

Un lieu se prête particulièrement à ce genre de rendez-vous: la cuisine, inspirée par la cuisine de Claude Nobs. Ami de Florent Rondez comme d'Anton Mosimann, le regretté fondateur du Montreux Jazz Festival est présent au Bouveret. «Claude Nobs était aussi un grand collectionneur et un cuisinier passionné. Lui cuisinait pour les artistes qu’il invitait, Anton Mosimann pour des clients prestigieux. Pour nous, cela fait sens d’être associés à la Mosimann Collection, notamment eu égard à l’importance que Claude Nobs accordait à la gastronomie, lui qui s’enquérait toujours auprès de ses invités de leurs recettes favorites», rappelle Simon Lepêtre, secrétaire général de la Fondation Claude Nobs.

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Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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