Bilan

Art Basel Miami passe la vitesse supérieure

La 18e édition de la déclinaison américaine de la foire d’art née à Bâle introduit une nouvelle section pour les œuvres de grand format. La planète afflue ce week-end dans la capitale de la Floride pour la manifestation.

Wave de Pablo Valbuena, une onde de lumière qui prolonge les vagues à Miami Beach.

Crédits: DR

A Bâle, la section Unlimited dédiée aux œuvres de grand format d’Art Basel est réputée comme la plus spectaculaire du show. Pour sa 18e édition, Art Basel Miami, la déclinaison américaine de la plus grande foire d’art du monde, inaugurait jeudi sa section Meridians dévolue à la même mission. Avec ses versions américaine et asiatique (à Hong Kong au mois de mars), l’expansion d’Art Basel s’affirme à la fois moteur et reflet de l’explosion du marché de l’art durant ces 20 dernières années.

La manifestation a créé une inflation de sections parallèles particulièrement importante dans la capitale de la Floride. Deux douzaines d’événement satellites s’y déroulent en même temps, dont par exemple Pinta qui met le focus sur les artistes de la diaspora africaines et latino-américain. Rassemblant la planète art sur quatre jours, Art Basel Miami génère maintenant une des trois plus fortes périodes d’affluence de l’année dans la ville.

Si à Bâle, il règne une discrétion et une retenue toute protestantes, à Miami, l’exubérance est de mise. Sous les palmiers, la foule se réjouit de montrer les looks les plus extravagants alors qu’en Suisse, il est déjà beaucoup trop vulgaire d’évoquer à haute voix les prix des œuvres.

Un afflux de galerie des Etats-Unis

Quelque 269 galeries participent à l’événement. La Floride se distingue par un afflux de galerie des Etats-Unis, de même que latino-américaines. «L’inauguration de Meridians hausse Art Basel Miami d’un niveau car il est maintenant possible d’y présenter des travaux que les foires concurrentes n’arrivent pas intégrer», a déclaré lors de la conférence de presse Marc Spiegler, directeur global d’Art Basel.

Curatrice de la section Meridians, la directrice du Musée Tamayo à Mexico City Magali Arriola a souligné: «Nombre d’œuvres évoquent des enjeux de genres et de diversité raciale.» Ainsi, une installation intitulée «The Garden» signée Portia Munson (58 ans) traite à la fois de féminisme et d’écologie. L’œuvre consiste en une chambre envahie par une profusion d’objets et de textiles tous roses et fleuris. A première vue chaleureuse, la composition devient vite inquiétante en raison de son trop-plein.


Né de parents haïtiens à Miami, Woody De Othello (28 abs) présente quant à lui «Cool Composition», une représentation en taille géante du ventilateur dans sa cage de bronze qui rafraichissant l’air dans la maison où il a grandi. 

Les marques se bousculent pour faire partie des partenaires

Enfin, Laure Prouvost (41 ans) qui représentait la France lors de la dernière Biennale de Venise expose différents travaux qui attestent de son inventivité. Son installation d’une fausse agence de voyage à Miami allie humour et sens critique quant à la société de consommation.


Quant à elle, les marques se bousculent pour faire partie des partenaires d’un événement aussi rassembleur que qualitatif. UBS, Nespresso, Audemars Piguet ou encore BMW appartiennent aux sponsors historiques de la foire. C’est l’occasion pour elles de soutenir des projets artistiques tout en communiquant en direction d’un public privilégié. La marque de cosmétique La Prairie a rejoint en 2017 ce cercle envié.

Pour Art Basel Miami, le label helvétique a sollicité l’artiste d’origine espagnole installé en France Pablo Valbuena et a produit l’œuvre Wave. «La meilleure façon d’exprimer le temps est de conjuguer l’espace et la lumière. Mon travail est un dessin dans l’espace», a relevé l’artiste. Invité par La Prairie, Bilan a pu assister au vernissage à Miami Beach. Dans le sillage des vagues, des tiges lumineuses prolongent et magnifient le mouvement de l’eau. Une onde hors du temps.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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