Bilan

Anthony Hopkins : « J’adorerais exposer en Suisse »

Après des débuts au théâtre à Londres, c’est dans le cinéma américain qu’Anthony Hopkins est devenu une star hollywoodienne. Mais le comédien est aussi un artiste peintre prolifique de talent. Il aimerait venir prochainement en Suisse pour exposer ses œuvres. Henry Arnaud depuis Los Angeles

Comment est née votre carrière d’artiste peintre ?

J’ai toujours aimé le dessin et la peinture, mais c’est Stella qui m’a poussé à me lancer. Mon épouse est une femme formidable que j’ai rencontrée il y a près de vingt ans et qui m’a donné une nouvelle perspective de mon existence. J’avais tendance à être dépressif, à avoir des pensées noires, alors que Stella est toujours positive. Elle m’a montré le chemin pour sourire à la vie et apprécier chaque journée. Depuis que nous sommes ensemble, mon quotidien est différent, car elle se réveille chaque matin de bonne humeur, ce qui a déteint sur moi évidemment. J’ai installé mon atelier dans la guest-house au fond de notre jardin à Malibu.

En quoi êtes-vous différent à 82 ans ?

Je refuse d’être misérable. On va tous mourir… Je dirais même que l’on s’approche chaque jour un peu plus de la mort, alors pourquoi être en colère ou en vouloir à la terre entière ? Les temps sont difficiles, mais il y a toujours eu des choses terribles sur cette planète. Les informations sont suffisamment dépressives pour ne pas sombrer dans l’amertume. Sans humour on est déjà un peu mort en soi, alors je veux sourire à la vie tant que j’ai cette chance-là.

Est-ce que devenir artiste peintre est la réalisation d’un rêve de jeunesse ?

Il m’arrivait souvent de dessiner dans mon enfance, mais je n’ai jamais pensé en faire un métier. Je me souviens qu’une femme avait dit à mon père que j’étais très bon en dessin et que j’aurais pu trouver un job plus tard, mais je n’ai jamais eu la concentration nécessaire pour prendre des cours et me perfectionner… Dans aucun domaine d’ailleurs. Que cela soit la peinture, la musique ou la comédie, je n’ai aucune patience pour avoir un prof qui me dit ce que je dois faire (rires). C’est probablement parce que j’ai toujours préféré apprendre les choses de manière instinctive. Je peins par plaisir, pas par obligation.

Comment choisissez-vous les sujets de vos peintures ?

Je suis dans ma phase de visages, alors que j’ai longtemps préféré peindre des paysages. Mais le plus important pour moi est surtout le mélange des couleurs. Je ne me réveille pas en me disant que je vais faire ceci ou cela. C’est en arrivant dans mon atelier que l’inspiration me vient, presque au dernier moment en étant devant une toile vide.

Avez-vous des projets pour une exposition de vos œuvres en Suisse ?

J’adorerais exposer en Suisse, même si je n’ai jamais fait cela dans le but d’avoir mes œuvres dans des galeries à travers le monde. Je suis encore étonné lorsque l’on me dit que certains de mes tableaux ont été achetés pour plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Etes-vous inspiré par d’autres artistes pour vos peintures ?

J’ai une passion pour Picasso et Van Gogh qui étaient deux génies, mais je ne suis influencé par aucun artiste. Simplement, comme Picasso, j’ai tendance à peindre très rapidement au point de ne pas me souvenir de mes œuvres quand j’arrive à l’une de mes expositions. Je suis le premier surpris du nombre de tableaux que j’ai pu réaliser.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."