Bilan

Alfa Romeo, passé glorieux et futur branché

Alors qu’Alfa Romeo célèbre les 110 ans de sa passionnante histoire en présentant les monstrueuses Giulia GTA GTAm, son nouveau CEO Jean-Philippe Imparato est chargé de relever les défis d’un avenir se dirigeant vers l’électrification. Première rencontre.

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  • La marque est née en 1910 sous l’appellation A.L.F.A. (Anonima Lombarda Fabbrica Automobil) – le nom de l’ingénieur Nicola Romeo fût accolé en 1918. Depuis, elle s’est constitué l’une des histoires les plus mythiques du patrimoine automobile.

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Propriété du groupe Fiat depuis 1986, la marque Alfa Romeo est désormais intégrée dans le giron de Stellantis. Ce nouveau mastodonte de l’automobile comptant 14 marques résulte de la fusion des groupes PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall) et Fiat Chrysler (Fiat, Abarth, Chrysler, Jeep, Lancia, Ram, Dodge, Maserati). Le patron du groupe Carlos Tavares a décidé de confier les rênes d’Alfa Romeo à Jean-Philippe Imparato. Après être passé par Citroën, ce dernier fut l’artisan du retour en forme de Peugeot ces dernières années. Français d’origine italienne, l’arrivée du nouveau CEO ravit les nombreux amateurs du Biscione. «On ne gère pas Alfa Romeo sans passion. On y entre comme dans une sorte de tribu, de quelque chose de différent. Un sentiment que je connais depuis tout petit, mon père était lui-même amoureux de la marque dès son enfance, et que je n’ai pas perdu, déclare-t-il d’emblée. Ce qui m’a touché à titre personnel a été la découverte de près de 350 clubs d’Alfisti à travers la planète. Une notoriété, une passion, qui dépasse tout ce que j’imaginais. Certains collectionneurs possèdent plus de 100 Alfa!» Pour Jean-Philippe Imparato, le défi consiste à insuffler l’engouement pour la marque et sa prestigieuse histoire dans une vision tournée vers l’avenir.

Bête de course taillée pour la route, l’aérodynamique de la Giulia GTAm a été développée avec l’aide de Sauber, le partenaire suisse d’Alfa Romeo en Formule 1. (DR)

Malgré une prise de poste en pleine pandémie, Jean-Philippe Imparato s’est immédiatement attelé à la tâche. Il décline son action en trois axes: «Premièrement, la qualité. On n’exploite pas une marque premium sans cela. Nous suivons de très près nos usines pour pouvoir donner à nos clients une qualité parfaite. Alfa Romeo doit être à ce niveau-là, tant au niveau de ses voitures que de son service. Deuxième point: la performance économique et la gestion de la diversité de la gamme. Nous devons nous recentrer sur les voitures qui sont attendues par nos clients. Evidemment, la rentabilité doit être là. Les changements majeurs de notre temps que sont l’électrification et la connectivité doivent pouvoir être adaptés à l’esprit passionné d’Alfa Romeo.»

En numéro trois, la préparation de l’avenir. Un sujet sur lequel il est intarissable: «Nous avons préparé un plan produit qui a mon sens tient la route. Nous pourrons profiter de tous les apports du groupe Stellantis, notamment au niveau technologique. C’est pour cela que nous avons retardé de quelques mois le lancement de notre futur SUV Tonale afin de pouvoir introduire les versions hybride et électrique. C’est simple: un constructeur qui ne s’est pas électrifié entre 2020 et 2030 est un constructeur mort. Et moi je veux qu’Alfa Romeo vive! La question est comment allons-nous garder le son, le toucher de route, la passion Alfa dans cette période de grands changements.»

Les changements majeurs de notre temps doivent pouvoir être adaptés à l’esprit passionné d’Alfa Romeo.

Dans l’immédiat, nous sommes conviés à découvrir les nouvelles Giulia GTA et GTAm dans l’enceinte du légendaire centre d’essais de Balocco, là même où ces appellations mythiques sont nées en 1965. Petit rappel: GTA signifie en italien Gran Turismo Alleggerita (Grand Tourisme Allégée). Quant au «m» des GTAm, pour «modificata», il désigne une version encore plus extrême. Pour poser le décor, il s’agit ici d’une évolution radicale d’une voiture déjà très rapide: la Giulia Quadrifoglio, une berline de 510 chevaux lancée il y a cinq ans.

Désormais, la puissance de son moteur V6 2,9 litres biturbo est portée à 540 chevaux pour un couple de 600 Nm. De son côté, le châssis se voit doté d’une suspension à double triangulation à l’avant et multibras à l’arrière, d’amortisseurs et ressorts plus fermes et d’une direction plus directe.

Pour respecter son appellation synonyme d’allègement, il a été fait appel à la fibre de carbone pour certains éléments de carrosserie de la Giulia GTA. Et pour ceux qui en voudraient un peu… moins, la seconde déclinaison, GTAm, adopte des vitres arrière en polycarbonate et remplace sa banquette par un arceau de course. Là, pas moins de 100 kilos ont été économisés par rapport à la Quadrifoglio originale.

Jean-Philippe Imparato a pris les rênes d’Alfa Romeo après avoir été CEO de Peugeot. Il doit maintenant relever le défi de l’électrification pour le constructeur italien. (DR)

L’aérodynamique a été développée avec l’aide de Sauber, partenaire suisse d’Alfa Romeo en Formule 1. Lame avant et aileron arrière sont réglables et toutes sortes d’ailettes, dont sept sous la voiture, sont adoptées afin de plaquer l’engin au sol.

Après une telle entrée en matière, on s’attend naturellement à se trouver au volant d’une voiture de course, une bête sur circuit… mais un cauchemar d’inconfort sur la route. Que nenni! Les ingénieurs italiens ont réussi un véritable tour de force: le moteur se fait élastique, silencieux et… économique, un banc de cylindres se désactivant à faible allure. La direction se manie du bout des doigts et invite presque à la pratique du créneau pour le plaisir. Quant à la suspension pilotée, elle absorbe les aspérités de la route avec une douceur déconcertante.

Ce beau cadeau pour le 110e anniversaire ne sera produit qu’à 400 exemplaires pour la GTA et 100 pour la GTAm. Proposées respectivement à 188 000 et 193 000 fr., elles sont déjà quasi toutes vendues! Un engouement sur lequel Jean-Philippe Imparato compte bien s’appuyer lors du lancement prochain de son futur cheval de bataille, le Tonale: «J’ai l’intention de prendre contact avec l’écosystème des fans de la marque. Nous avons entre autres quelques idées très sympathiques pour présenter notre futur Tonale à la famille Alfa Romeo.»

Jorge Guerreiro

FONDATEUR DE JSBG.ME

Lui écrire

Après avoir travaillé dans des domaines aussi variés que l'industrie du disque ou l'hôtellerie, Jorge S. B Guerreiro a lancé en juin 2010 le blog JSBG.me (JSBG, comme ses initiales). Depuis, toute une équipe de chroniqueuses a rejoint le projet. Devenu petit à petit un véritable webzine, JSBG.me se décline désormais également, en plus du français, en anglais et brésilien et couvre un choix éclectique de sujets: de la mode à la musique, en passant par les voyages, le design, l’horlogerie ou le cinéma.

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