Bilan

Alexandra de Garidel : énergie stylistique et direction artistique

Portrait d’Alexandra de Garidel, designer d’intérieur, qui remet au goût du jour des établissements en quête d’un second souffle, avec un regard affûté et une mine de crayon aiguisée.

Crédits: © Cédric Widmer

Tenir en place n’est certainement pas le plus facile pour Alexandra de Garidel. Ne rien faire ? Un supplice pour cette personne hyperactive qui enchaîne les projets et les missions d’architecte d’intérieur au même rythme que ses bouffées de cigarette électronique. Lunette aux verres fumés sur le nez, elle reçoit dans son bureau en toute décontraction au milieu de ses innombrables croquis, de son impressionnante collection de livres d’art et des échantillons de matériaux en tout genre. Immersion dans le monde merveilleux d’une femme au talent pur, à la vision artistique pointue et à l’énergie débordante.

Alexandra de Garidel
© Alexandra de Garidel

Renoir, Matisse, César et finance

Issue d’un pur métissage provençal, Alexandra de Garidel grandit entre les pavés d’Aix-en-Provence et les bords cannois de la Méditerranée. Élève turbulente, elle fuit la rigueur et la discipline inculquées sur les bancs d’école. Passionnée de sciences sociales, l’étudiante est alors très éloignée du métier qu’elle pratique aujourd’hui. Elle passe ses après-midis au Musée Renoir, au Musée Chagall et à la Villa Matisse, évolue dans le monde de l’art en rencontrant les artistes de l’école de Nice, tels César et Ben, et se forge inconsciemment une culture infaillible dans le milieu.

Malgré une scolarité agitée, elle passe son Bac avec mention, se forme à Sciences Po avant un début d’expérience professionnelle à New-York dans la finance. Puis direction le Royaume-Uni où elle intègre la prestigieuse London School of Economics tout en continuant d’écumer les musées de la capitale anglaise. Plus tard, elle obtiendra un diplôme de Harvard Business School. Exit les rives de la Tamise pour celles de la Seine à Paris où elle s’inscrit à l’École du Louvre tout en décrochant un poste à la Deutsche Bank. Sans le savoir, l’architecte en devenir continue de construire ainsi sa carte mémoire artistique.

Alexandra de Garidel
© Alexandra de Garidel

C’est encore la banque qu’elle choisit en foulant le sol de la Cité de Calvin. «J’ai toujours été passionnée par les actions des sociétés. Les gens l’oublient mais elles sont le reflet d’énormément de facteurs : de l’évolution économique aux enjeux géopolitiques en passant par une certaine forme de sociologie, sans oublier le parcours de ces entrepreneurs de génie, tout y passe».

Ligne directrice

Coup du sort, Alexandra de Garidel se voit obligée, presque malgré elle, de prendre une nouvelle voie : celle du design d’intérieur. Rapidement, elle rencontre Jean-Jacques Gauer, ancien patron du Lausanne Palace et actuel Président de l’Association romande des hôteliers, qui lui confie la refonte du bar de l’hôtel le LP’s, du restaurant Côté Jardin et de la boîte de nuit attenante au palace. Trois esprits, trois ambiances, une seule source d’inspiration. «Mes univers s’imbriquent et s’entremêlent en fonction de la ligne que l’on me donne et qui s’impose. Ensuite je leur donne vie dans un décor». Très vite, le bouche à oreille fonctionne et la décoratrice accumule les projets.

Les publications s’enchaînent. AD (Architecture Digest) – publication de référence - la classe parmi le top 100 mondial des designers, catégorie des meilleurs talents. Elle signe entre autres les mandats pour le domaine de Klein Constancia en Afrique du Sud, une banque privée genevoise, des villas aux Etats-unis et en Europe, des spa de New-york à Tel Aviv, la Clinique Générale Beaulieu à Genève, des chalets dans le Valais et l’Oberland bernois. Etant franco-suisse, elle est invitée à Paris en 2018, aux côtés de Pierre Yves Rochon, Gilles & Boissier, Isabelle Stanilas, Eliot Barnes, Sybille de Margerie et Stephanie Coutas à signer «l’élégance à la Française».

Le Vallon
© Groupe M3/Le Vallon

Collaboration

En 2020, elle prend comme une évidence la direction artistique des projets du groupe M3 qui, rappelons-le, a placé l’art au cœur de son activité. Elle rencontre le patron du groupe, Abdallah Chatila ; les deux personnalités exigeantes, impatientes et visionnaires s’entendent immédiatement : voir les «choses autrement et Genève avant tout» sans timidité. Il lui confie pour commencer la rénovation du restaurant le Vallon. Elle met en œuvre les projets du groupe avec une créativité et un enthousiasme intarissables, dont bientôt l’Auberge du Cheval Blanc de Vandoeuvres ainsi que le très attendu Gaku, véritable hymne au Japon, en collaboration avec la famille Kakinuma au cœur du quartier des banques à Genève.

Animée d’un dévouement et d’une quête de perfectionnisme insatiables, Alexandra de Garidel poursuit son ascension. Toujours avec la même passion, la designer n’en finit pas de raconter ses histoires à coups de crayon. A suivre, sa première collection d’objets d’art annoncée pour l’automne.

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Edouard Amoiel

Chroniqueur culinaire

Lui écrire

Petit-fils de restaurateur, fils de marchand de vins, diplômé de l’Ecole Hôtelière de Lausanne, chroniqueur culinaire pour le journal Le Temps et pour mon site Amoiel.ch, épicurien, aussi gourmand que gourmet, hédoniste, poète… l’idée d’écrire sur la gastronomie m’est apparue comme une évidence.

Ma démarche est avant tout de mettre en valeur et de faire découvrir des chefs, des restaurateurs, des producteurs et des créateurs. qui se donnent corps et âme à leur métier.

Alors, rejoignez-moi dans cette aventure culinaire truffée de gourmandises, de surprises et de plaisirs.

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