Bilan

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  • Madone, 1895-1902, lithographie sur papier japon. Crédits: The Munch Museum/The Munch-Ellingsen Group, 2013, ProLitteris, Zurich.
  • Pablo Bronstein A la manière des architectes utopistes, Pablo Bronstein imagine des bâtiments qui ne seront jamais construits. A travers le dessin de ces machines imaginaires qui lui servent aussi de décor pour ses performances, l’artiste argentin interroge l’histoire des formes et leur pouvoir d’évocation. Du 12 septembre au 24 novembre, Centre d’art contemporain Genève, www.centre.ch Crédits: Kunstmuseum Basel
  • Piet Mondrian - Barnett Newman - Dan Flavin Trois artistes, trois époques, trois styles différents, mais une même fascination pour l’épure et la puissance de la couleur. Le Kunstmuseum de Bâle accroche les œuvres d’un trio majeur de la modernité. L’exposition de la saison. Jusqu’au 9 janvier 2014, Kunstmuseum Basel, www.kunstmuseumbasel.ch Crédits: Kunstmuseum Basel
  • Penone Versailles L’exposition de Giuseppe Penone au château de Versailles attise moins le ramdam que celle de Jeff Koons installée il y a quatre ans sous les ors du palais royal. Normal, le plus naturaliste des artistes de l’Arte povera déploie ses sculptures à la poésie végétale dans les jardins à la française du monarque solaire. Jusqu’au 31 octobre, château de Versailles, www.chateauversailles.fr Crédits: Kunstmuseum Basel, Martin P. Bühler. / Mondrian/Holtzman Trust c/o HCR International USA/© Tadzio.
  • Mastering Design En matière d’enseignement, la Design Academy d’Eindhoven et le Royal College of Art de Londres ont depuis vingt ans imposé une nouvelle manière d’envisager le design. Le Mudac de Lausanne invite les deux écoles à présenter 24 de leurs nouveaux talents, dont Agatha Haines et ses créations organiques. Du 31 octobre 2013 au 9 février 2014, Mudac, Lausanne, www.mudac.ch Crédits: Kunstmuseum Basel, Martin P. Bühler. / Mondrian/Holtzman Trust c/o HCR International USA/© Tadzio.
  • Wade Guyton Il a fait de l’imprimante à jet d’encre son principal outil artistique. L’Américain Wade Guyton délègue ainsi au hasard de la machine le soin d’exécuter une œuvre où l’abstraction géométrique est parfois le fruit d’un bug informatique. Jusqu’au 10 novembre, Kunsthalle Zurich, www.kunsthallezurich.ch Crédits: Kunstmuseum Basel, Martin P. Bühler. / Mondrian/Holtzman Trust c/o HCR International USA/© Tadzio.

On résume trop souvent son œuvre à son Cri. Ce qui fait un peu court pour brosser une carrière qui traverse soixante ans. Les rétrospectives de Beaubourg et de la Tate Modern l’année dernière ont bien montré l’étendue des talents d’Edvard Munch. Le Kunsthaus de Zurich leur emboîte le pas en présentant à partir du 4 octobre 150 estampes de l’artiste norvégien.

Un ensemble unique, propriété de Pål Georg Gundersen, collectionneur spécialisé dans l’œuvre multiple du père de l’expressionnisme nordique. Autant dire un panorama complet du travail de Munch, celui-là répétant et reproduisant inlassablement sur papier ses compositions sur toile.

Technicien habile, Munch, depuis 1896, s’est concentré sur sa production graphique, délaissant le travail du chevalet au profit de l’eau-forte, de la litho et de la xylographie. Sans abandonner ses sujets de prédilection.

On retrouve dans son œuvre imprimé ce Zeitgeist scandinave, mélange de mélancolie boréale et de rigueur luthérienne, où l’atmosphère fantastique se mêle aux paysages de Norvège et les questionnements sur la mort aux incertitudes de l’amour. Le trait vigoureux de la gravure sur bois va à l’essentiel.

Il influencera durablement la nouvelle génération de l’expressionnisme allemand. Munch conserve surtout ce sens puissant de la couleur que le peintre a appris à Paris au contact des travaux de Van Gogh, Degas et Gauguin.

L’utilisation en à-plat du rouge, du vert, de l’orange, du marron, du jaune et du gris accentue ainsi l’inquiétante étrangeté d’une œuvre qui sert, à son auteur, à dompter les démons intérieurs d’une psychologie fragile.

Pour le visiteur, l’exposition du Kunsthaus est aussi l’occasion de confronter l’artiste à son système de répétition, de traquer les éléments récurrents d’une estampe à l’autre et de trouver que le décor des « Fillettes sur le pont » ressemble bigrement à celui dans lequel ondule le fantôme du « Cri ».

Ou encore de déceler les différents arrangements entre les versions de la Madone que Munch dépeint mi-succube, mi-femme fatale.

Indissociable de sa peinture dont elle est le complément logique, l’œuvre gravé de Munch est un genre en soi. Au point d’en faire un objet d’enchères très convoité. Le 24 mars, Christie’s adjugeait 2,5 millions d’euros une « Jeune fille à la plage », aquatinte rehaussée à la main de 1896. Un record.

Edvard Munch, les estampes – 1894-1944. Du 4 octobre 2013 au 12 janvier 2014, www.kunsthaus.ch

Livia Manzoni

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