Bilan

A Saint-Tropez, le glamour vertueux

Le Genevois Olivier Muller, actif dans le sud de la france, rénove des villas de prestige. Il raconte comment le secteur s’est assaini à saint-tropez ces dernières années.
  • Olivier Muller achète des villas qu’il transforme en objets de prestige avant d les revendre.

    Crédits: Dr
  • Olivier Muller achète des villas qu’il transforme en objets de prestige avant d les revendre.

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  • Olivier Muller

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«Après avoir perdu 35% en six ans, les prix à Saint-Tropez ont bondi de 15% depuis six mois», constate Olivier Muller. Pour le Genevois, actif entre autres dans l’immobilier tropézien depuis une dizaine d’années et désormais représentant du réseau Barnes International, «les promoteurs et propriétaires tropéziens avaient perdu la notion du juste prix. Mais ils ont fini par comprendre que la prime champagne incarnée par les Russes, c’était terminé.»

Les Slaves étant pour l’instant aux abonnés absents, les Anglo-Saxons sont les artisans de cette reprise. «Américains, Anglais et Australiens représentent 50% d’un marché sur lequel les Suisses sont également très présents», confirme Georges Kiener, de Barnes Suisse. 

Spécialisé dans la rénovation et la négociation de villas de prestige, Olivier Muller estime le chiffre d’affaires total de cette activité dans le golfe de Saint-Tropez à près d’un milliard et demi d’euros. Quelque 200 transactions de ce type sont conclues tous les ans sur la presqu’île, juge le Genevois. «La correction des prix a permis un assainissement du marché. Celui-ci est désormais purgé des opportunistes inconséquents.» Car, dans le secteur, la maîtrise fait tout. 

Maîtrise des coûts d’abord: «Dit crûment, il suffit d’acheter un bien 5 millions d’euros, d’y entreprendre une rénovation de 2 millions et de le vendre 10. Après le passage du fisc,
il vous reste toujours de l’argent dans la poche. Mais inutile d’espérer un retour sur investissement si vous ne maîtrisez pas parfaitement les coûts de construction. Au final, c’est ce qui vous aidera à fixer un prix de vente adéquat.»

Plaisir à prix correct

La vente est la deuxième face de la professionnalisation du secteur. «Signer une promesse de vente sur un coin de table à Pampelonne, c’est bien fini. Il faut chercher les clients intéressés en amont, sur leur lieu de vie, et leur proposer un cadre légal et financier à la hauteur des exigences actuelles. Il est important de connaître et bien conseiller sa clientèle.»

Enfin, la maîtrise réglementaire et juridique est une réalité dans la région. «Depuis environ six ans, on assiste à une reprise en main complète des règles et des lois par l’Etat et les Municipalités. Certains acteurs peu scrupuleux ont été poussés vers la sortie. Le secteur a été en quelque sorte pasteurisé, ce qui a permis de rassurer et de protéger les acquéreurs.» Les banques n’ont pas été en reste. Elles ont développé de véritables centres et ne prêtent plus à l’aveugle.

Mais pour Olivier Muller, ce qui le sépare d’autres acteurs du marché est ailleurs: «Nous faisons des maisons qui nous font plaisir à des prix corrects, note-t-il. Au final, nous avons développé une approche respectueuse du client. A Saint-Tropez, terre de tous les abus, c’était une notion un peu oubliée.» Un respect dont peuvent témoigner des personnalités telles que Franck Provost, fondateur de l’enseigne de coiffure, qui s’est porté acquéreur d’une des dernières réalisations haut de gamme du groupe sur la presqu’île.

Charles-André Aymon

<p>Journaliste</p>

Lui écrire

Observateur toujours étonné et jamais cynique du petit monde genevois, Charles-André Aymon en tire la substantifique - et parfois horrifique - moelle depuis une quinzaine d’années. Tour à tour rédacteur en chef de GHI puis directeur général de Léman Bleu Télévision, il aime avouer à demi-mot n’avoir pas envie de se lancer en politique «parce qu’il ne déteste pas assez les gens». Ce regard mi-amusé, mi-critique permet au lecteur de passer indifféremment du détail au général et ainsi de saisir, même dans les péripéties locales, quelques-unes des ficelles qui meuvent le monde. 

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