Bilan

A Genève, le Hilton est de retour aux affaires

En pleine tourmente, l’hôtellerie d’affaires genevoise accueille un nouvel acteur dans ses rangs. Remplaçant l’enseigne Starling, la marque Hilton revient en terrain connu.

Le Hilton a ouvert ses portes le 1er octobre dernier.

Crédits: DR

Alors que la situation s’annonce critique pour l’hôtellerie genevoise, avec 75% de nuitées en moins par rapport à 2019, la chaîne Hilton reprend l’établissement auparavant occupé par l’enseigne Starling. Inauguré le 1er octobre dernier, le Hilton Geneva Hotel and Conference Centre misera, comme son nom l’indique, avant tout sur une clientèle d’affaires. 

Autrement dit, une branche durement touchée par la crise mais qui n’effraie pas pour autant la marque américaine, qui s’était déjà établie aux abords du lac une première fois en 1980 pour finalement, laisser place au Kempinski. 

Désormais fin prête pour un retour aux affaires, son nouveau directeur, Francois Morvan, un fidèle du groupe précédemment en poste à St-Petersbourg, répond aujourd’hui à nos questions.

Bilan: Quelle est la plus-value de ce nouvel hôtel par rapport à l’offre genevoise existante?

Francois Morvan: Nous nous démarquons de par notre taille (496 chambres), notre hôtel étant composé de deux bâtiments, dont un grand centre de conférence d’une capacité de 1’200 personnes. De plus, Hilton est une marque d’affaires, congrès, conférences, MICE et grâce à notre positionnement (proche de Palexpo et de l’aéroport) nous disposons d’une longueur d’avance par rapport à la concurrence. Nous sommes le seul hôtel de Suisse à avoir une grande salle de réunion hybride de 1’000 mètres carrés, sans pilier, sans colonne, avec un haut plafond, accompagnée de 37 salles supplémentaires. De surcroît, nous disposons d’un centre de spa et de bien-être, avec piscine de 25 mètres, qui permet de se relaxer après le travail. C’est une réelle valeur ajoutée.

Pourquoi vouloir intégrer le marché genevois?

Genève était une destination où notre président et notre groupe avaient un fort intérêt à revenir. Au vu du nombre important d'organisations sur son sol, nous voulions étendre notre présence suisse au delà de Zürich et Davos où nous sommes installés, Genève est donc un lieu stratégique.

La tendance ici penche pourtant davantage vers des établissements de type boutique-hôtel...

Sur nos 6’100 hôtels dans le monde, le boutique-hôtel est justement une part du marché sur laquelle nous travaillons. Mais aujourd’hui, en temps de Covid, nous observons chez nos clients un réel besoin de retrouver un hôtel avec une structure importante, un protocole de formation du personnel et sanitaire pointu qui puisse les rassurer. Là-dessus, le Hilton est très fort avec des standards garantis aux quatre coins du monde. Ces derniers mois, tous nos membres Hilton Honors ont d’ailleurs accentué le volume de leurs voyages au sein de nos hôtels, ce qui confirme ce nouveau besoin.

Démarrer en temps de covid est un sacré défi, comment comptez-vous relever ce challenge?

Nous ne sommes pas seuls, nous entrons dans le portfolio Hilton qui compte, je le rappelle, 6’100 hôtels dans le monde. Il y a des standards très précis, qui ont fait leurs preuves. Nous avons par exemple mis en place un protocole d’entretien CleanStay. En plus du nettoyage habituel, nous désinfectons douze points clés dans les chambres et avant de fermer la porte, nous apposons un sceau afin de garantir au client que personne n’est entré dans la chambre entre-temps. Pour les événements, nous effectuons les mêmes procédures dans les salles de réception avec le protocole EventReady. Aussi, par rapport à la marque, nous jouissons d’une réputation de renommée mondiale qui nous aidera dans la durée à nous positionner sur le marché genevois.

Est-ce que vous appréhendez les prochains mois qui sont pour l’instant troublés d’incertitudes?

La difficulté est commune à tout le secteur, pas que pour nous. Nous voulons voir aujourd’hui quelles sont les opportunités qui vont découler de cette crise. Nous nous préparons à comment mieux sortir de cette crise. La priorité actuelle n’est pas d’être plein dès maintenant mais de savoir comment sera le marché de demain. Nous avons déjà des demandes au niveau des grands congrès de 2022-2023-2024, ce qui nous rassure.

Avez-vous déjà des projets en perspective?

Nous venons d’en compléter un avec l’ouverture cette semaine de l’Executive lounge qui est un pur produit Hilton. Un salon privé pour les clients ayant accès à une certaine catégorie de chambre. Nous évaluons également la possibilité d’un projet thermique pour la façade et la toiture de l’hôtel car nous aimerions poursuivre l’amélioration de notre empreinte carbone.

Finalement, comment envisagez-vous l’avenir de l’hôtellerie d’affaires genevoise?

Nous allons tous devoir nous remettre en question. Et cela passe notamment par la forme de nos événements, qui sera à l’avenir hybride. Lors de notre inauguration nous en avons fait l’essai, avec une partie des collaborateurs soumis à la distanciation sociale et l’autre connectée depuis les bureaux internationaux. Le Covid nous force à nous repenser, dès lors nous regarderons l’hôtellerie différemment, avec un besoin accru de service, de sécurité, ce qui n’était plus forcément le cas. C’est pourquoi, avec l’activité qui repart gentiment, tout l’enjeu se situe dans ce redémarrage.

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Julie Müller

Journaliste à Bilan

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle décrochait des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle se spécialise actuellement dans la presse écrite économique.

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