Bilan

«Nous aimerions que Baselworld évolue»

Elie Bernheim, CEO de la marque genevoise Raymond Weil, s’interroge sur l’intérêt des grands salons horlogers suisses. La tendance est plutôt à multiplier des salons décentralisés.

Elie Bernheim. Sa marque ne réalise plus que «5 à 10% de son chiffre d’affaires» à Bâle.

Crédits: Dr

Elie Bernheim nous reçoit alors qu’il est sur le départ pour Baselworld. Le CEO de l’entreprise horlogère familiale  Raymond Weil se pose des questions sur l’avenir des grands salons horlogers suisses. Des questions qui font écho à celles d’Olivier Audemars, vice-président du conseil d’administration de la marque Audemars Piguet (lire Bilan Luxe du 22 mars). Si ce dernier indique ne pas envisager à court terme un départ du Salon international de la haute horlogerie (SIHH) de Genève,  il relève qu’il «y a une réflexion à faire pour une utilisation différente des salons horlogers. Peut-être de manière décentralisée, comme le fait Art Basel à Miami et à Hongkong. Une chose est sûre, le modèle actuel n’est plus en très bonne santé.»

Pour sa part, Elie Bernheim relève que la tenue d’un grand stand à Baselworld – celui de Raymond Weil dans la halle 1 occupe près de 1000 m2 répartis sur trois niveaux –  représente un très important investissement. Or, aujourd’hui, la marque genevoise n’y réalise plus que «5 à 10% de son chiffre d’affaires» alors que lorsque son grand-père dirigeait la maison éponyme, ce chiffre s’élevait à 80%. 

«Je ne suis pas en train de vous dire que nous n’y serons pas en 2018, mais, par contre, nous appelons de nos vœux une évolution de Baselworld.» Qu’est-il reproché au plus important salon horloger du monde? Sa durée, huit jours, jugée trop contraignante, notamment pour les dirigeants des groupes horlogers. S’y ajoute un mauvais timing: passer d’importantes commandes auprès de ses fournisseurs fin mars ou début avril ne serait pas idéal. Sans oublier la cherté du franc.

Tout comme son confrère d’Audemars Piguet, Elie Bernheim relève l’importance grandissante d’être présent sur les salons régionaux. Il a pour habitude de se rendre au JCK Show de Las Vegas. Les Etats-Unis représentent près du tiers du chiffre d’affaires de la marque avec 650 points de vente. «De plus, il est bien moins coûteux pour nos distributeurs américains de se rendre à Las Vegas.» A cela s’ajoute le développement de l’importance des réseaux sociaux pour présenter les nouveautés tout au long de l’année. 

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

Du même auteur:

Le capital-investissement connaît un renouveau en Suisse
Le Geneva Business Center de Procter & Gamble récompensé pour ses RH

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."