Bilan

660 chevaux sur un alpage

Prenez une bourgade très chic, quelques cols de montagne et des virages très serrés. Vous obtiendrez le cadre idéal de la nouvelle Ferrari FF. Premier 4x4 de l’histoire de la Scuderia, le bolide débarque à Gstaad, prêt à fondre sur le marché suisse, pied au plancher. Bilan luxe a pu participer aux essais sur route. Décoiffant.

La scène pourrait être tirée d’un film de Blake Edwards. Une bête de course qui en croise d’autres, paisibles têtes de bétail en fleur, parées pour le cortège. Bienvenue à la Gstaad Classic, course de très belles voitures anciennes, en période de désalpe, et au beau milieu des montagnes. Ce jour-là, Gino Forgione, concessionnaire Ferrari Genève s’empourpre. Il a raté de peu le podium pour une pénalité. Venu concourir avec sa propre voiture, une Ferrari Dino, le patron de Modena Cars SA et partenaire de la Gstaad Classic n’est pourtant pas mécontent. Car il a d’autres podiums à ravir, largement plus stratégiques. Les premières Ferrari FF vont être livrées en Suisse sous peu et les enjeux sont majeurs. Une petite centaine de modèles sont prévus pour 2011 dans tout le pays et plus d’une vingtaine seraient déjà commandés ferme du côté de Genève. Un bon départ pour la nouvelle Ferrari FF, dernière-née des ateliers de Maranello. Première Ferrari à posséder quatre roues motrices, un moteur Turbo, un V12 de 660 chevaux, quatre vraies places et un coffre modulable digne de sérieux départs en weekend, le 4x4 grand luxe est taillé pour le marché suisse, sa neige et ses montagnes. La politique stratégique de Ferrari a d’ailleurs évoluée en faveur du pays rêvé des quatre roues motrices et a redirigé les priorités de livraison en sa faveur, plutôt que vers d’autres pays européens qui voient rouge, mais pour d’autres raisons.  

La carrosserie de la nouvelle née de la Scuderia, dessinée par Pininfarina, arbore un gris discret. Seulement une voiture sur quatre est aujourd’hui vendue aux couleurs historiques Ferrari.

Nouveau cœur de cible

Plutôt porteur, l’événement Gstaad Classic a incité Modena Cars à convier quelques clients ou potentiels acheteurs à venir essayer la nouvelle Ferrari FF. Une occasion rêvée pour convaincre les derniers récalcitrants. Car en majorité, la clientèle intéressée à la Ferrari FF n’est pas encore adepte du cheval cabré.  Le véhicule a d’ailleurs été conçu pour attirer un nouveau public cible. Une catégorie socio-économique et un prix que Porsche a également en ligne de mire, puisque la marque allemande a annoncé récemment vouloir occuper la fourchette de prix entre 300  000 et 500 000 francs suisses. Sur le weekend, Modena Cars a incité une quinzaine d’amateurs à grimper jusqu’à l’alpage, en ce début de mois de septembre, pour participer aux essais et profiter de la course. A voir les bolides arriver au rendez-vous, on comprend mieux l’enjeu du weekend. Lamborghini Super Leggera, Porsche Panamera S, Maserati 4200 et Mercedes SLS se toisent du coin de la calandre.

Sur place, les responsables Ferrari Suisse et Europe de l’Est ainsi que les vendeurs de Modena Cars s’affairent. Même l’ancien champion de F1 René Arnoux, aujourd’hui consultant indépendant pour Modena Cars entre autres, s’active au volant, visiblement très satisfait des performances du nouveau pur-sang. Car pour l’occasion, quatre Ferrari FF ont été livrées en avant-première. Prix de l’engin, 360 000 francs suisses pour le modèle de base.

Intérieur spacieux et confortable grâce aux sièges ergonomiques en cuir

Un 4x4 qui décolle

Dès la prise de volant, le confort de l’assise étonne. Les sièges ergonomiques à l’avant et à l’arrière ont le maintien de votre fauteuil de salon préféré. L’habitacle totalement gainé de cuir aniline traité et surpiqure façon cellier rend la conduite très feutrée. La couleur brun chocolat couplée au carbone domine l’intérieur. A l’extérieur, la carrosserie dessinée par Pininfarina arbore un gris discret. Le rouge Ferrari est pratiquement inexistant. Les esprits ont changé. Aujourd’hui, seule une voiture sur cinq est vendue aux couleurs mythiques de la Scuderia. A l’avant, les lignes de la Ferrari FF, acronyme pour Ferrari Four, sont sportives. A l’arrière, elles sont un peu moins convaincantes. Mais dès la simple pression sur le bouton « allumage », le moteur efface les derniers doutes. Le vrombissement aigu typique de Ferrari est là. Composante essentielle de la marque, le son a été étudié pendant des mois à Maranello, par des ingénieurs spécialisés dédiés à imaginer un son différent pour la Ferrari FF, comme pour chaque modèle, mais toujours reconnaissable. Sur route, la souplesse et la légèreté de conduite surprennent. Piloter une Ferrari FF est aussi facile et maniable qu’une Fiat 500 Abarth ! ou presque. Mais la comparaison s’arrête là.  Les sept vitesses par palettes au volant, le moteur à injection directe 6262 cc de 660 CV à 8 000 tours/minute, son rapport poids/puissance de 2,7 kg par CV,  sa boîte robotisée à double embrayage F1 et son accélération de 0 à 100km/h en 3,7 secondes en font bien un engin de course. Sur une centaine de kilomètres, le parcours du « drive test » mis au point par Modena Cars permet de tester la tenue de route et de lâcher la bride. Ses capacités de freinage sont aussi impressionnantes que ses accélérations. Passer dans un tunnel et faire vrombir le moteur pour écouter son bruit vous colle le sourire aux lèvres. Et même si elle pardonne les erreurs triviales de pilotage d’une non-spécialiste, c’est aux mains d’un «initié» qu’elle offre l’ampleur de ses performances. Etonnantes.

A la fin du weekend, le bilan de la course Gstaad Classic est plutôt positif, même si certains y ont laissé leur permis. Audemars Piguet, sponsor principal, reviendra dans deux ans, assure son directeur général Philippe Merk, ravi d’avoir pu y présenter son nouveau chronographe. Pour Gino Forgione,  trois commandes fermes ont été enregistrées à la fin des essais. Plutôt réjouissant pour celui qui a fait le pari d’investir dans un garage high-tech de 6 600 m2 à Plan-les-Ouates, calibré aux dernières exigences Ferrari. Des commandes qui arrivent à point nommé dans une conjoncture économique qui s’annonce difficile. Gino Forgione : « Nous prévoyons une année 2012 assez pénible. Mais la série de nouveaux modèles prévus va nous aider à faire passer la crise. Heureusement, Ferrari a prévu d’être dynamique et, en plus de la Ferrari FF, nous allons lancer la nouvelle 599 en 2012, puis la 458 Scuderia qui remplacera la 430 Scuderia et enfin la nouvelle Enzo, fin 2013. Ça devrait passer ! ».

Cristina d’Agostino

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