Bilan

Immobilier: «L’obsolescence est implacable»

Selon la directrice de Stoneweg, la digitalisation est en train de transformer le marché de l’immobilier de rendement. Commerces et bureaux en pâtissent.

Crédits: Stoneweg

Diana Oblak est la directrice et responsable des investissements suisses chez le conseiller en investissement immobilier et gestionnaire d’actifs Stoneweg. Elle dirige les activés de Varia Swiss Realtech Properties, véhicule d’investissement monté conjointement entre Stoneweg et Decalia axé sur les changements initiés par la digitalisation de l’économie.

Bilan: La digitalisation va-t-elle entraîner la fin de l’immobilier commercial?

Diana Oblak La digitalisation remet en cause les modèles d’investissement passés et est déjà en train de transformer le marché de l’immobilier de rendement. Il y a une dizaine d’années encore, les shopping malls étaient le nec plus ultra de l’investissement. Qui se précipite aujourd’hui pour acheter un centre que désertent ses locataires?

Les surfaces de commerce vont-elles disparaître?

Non, mais les besoins vont se réduire et leur fonction va s’adapter. Pour une entreprise, l’immobilier commercial n’est rien d’autre qu’un facteur de production. La digitalisation va frapper d’obsolescence une part de cet immobilier commercial. Le drame pour les propriétaires, c’est qu’il y a une convergence d’intérêts entre producteurs et consommateurs pour une relation directe sans passer par l’intermédiation d’un magasin puisque cela fait à la fois baisser les prix et augmenter les marges.

Que vont devenir ces surfaces?

L’obsolescence est un phénomène implacable. La part de surfaces de retail excédentaire va perdre toute raison d’être. Les nail bars et les take-aways ne vont pas combler toutes les surfaces vacantes. Il faudra donc passer par des réaffectations là où cela est possible.

Pensez-vous que le secteur des bureaux va également être affecté par cette obsolescence?

La situation des bureaux est plus compliquée, car il n’y a pas nécessairement une convergence d’intérêts employeur-employé aussi évidente que celle consommateur-producteur dans le retail. L’être humain a besoin d’interaction, et il faut des «espaces» pour cela. Mais la crise du Covid montre également que la possibilité de déconnecter le travail du lieu de travail peut être un avantage si les conditions sont remplies. 20 à 40% de travail à distance semble constituer un assez bon arbitrage.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin 2019.

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