Bilan

Malgré la demande, l'immobilier résidentiel pourrait coûter moins

La crise du coronavirus n'a pas entamé l'engouement pour l'immobilier résidentiel, la demande ayant été particulièrement forte au troisième trimestre notamment en Suisse romande. Le portail Homegate.ch parle d'un effet de rattrapage après le confinement. Malgré cette situation, les prix pourraient baisser, selon la banque Edmond de Rothschild.

Le regain d'intérêt pour l'acquisition d'un appartement a été particulièrement soutenu dans le canton de Genève.

Crédits: Keystone

La demande pour les appartements en propriété a rebondi au troisième trimestre, notamment dans les cantons de Genève, Vaud et Valais ainsi qu'au Tessin, selon l'étude immobilière publiée jeudi par le portail immobilier Homegate.ch.

Entre juillet et septembre, la durée d'insertion des petites annonces immobilières a chuté à seulement 52 jours alors que le nombre d'annonces a parallèlement augmenté à 40'184. Sur les deux premiers partiels, Homegate avait constaté une progression continuelle de la durée d'insertion en raison du semi-confinement et la difficulté de réaliser des visites d'appartements.

Le regain d'intérêt pour l'acquisition d'un appartement a été particulièrement soutenu dans le canton de Genève, où la durée d'insertion d'une annonce immobilière a chuté de 58 jours au troisième trimestre 2019 a seulement 39 jours au même partiel en 2020. La situation est similaire dans les cantons de Vaud et du Valais avec un recul de 60 à 47 jours en moyenne et au Tessin (de 85 à 55 jours). Dans d'autres régions, la demande a par contre stagné.

Retards sur les chantiers

Dans un autre étude, le groupe bancaire genevois Edmond de Rothschild prédit pour l'année prochaine une baisse de 1% des prix de l'immobilier résidentiel, alors qu'un ralentissement de la hausse est actuellement constaté.

Jusqu'ici, la crise n'a pas vraiment eu d'emprise sur ce marché, grâce notamment au soutien budgétaire décidé par les Etats en Europe. "Cela pourrait repousser un peu plus loin l'arrivée du choc sur les prix immobiliers (...) et ça devrait amoindrir son ampleur en comparaison à une situation plus classique", a indiqué à AWP Jean-Christophe Delfim, économiste auprès d'Edmond de Rothschild. Selon ce spécialiste, la Suisse a tiré son épingle du jeu en prenant des mesures moins drastiques que ses voisins.

L'établissement genevois ne table pas sur un nouvel assouplissement des conditions de crédit hypothécaire, plus particulièrement un abaissement supplémentaire des taux d'intérêts.

Le prestataire immobilier et de financement Moneypark affirme pour sa part que les taux hypothécaires longs ont légèrement renchéri en fin d'année, mais le coût des crédits immobiliers ne devrait guère progresser ces prochains mois. La situation économique tendue et de la politique monétaire accommodante de la Banque nationale suisse (BNS) vont empêcher une hausse.

De nombreux chantiers ont été suspendus pour cause de mesures sanitaires, provoquant un impact sur l'offre. "L'ampleur de ces retards en Suisse n'a pas été très forte en comparaison internationale, par rapport à la France, l'Italie, l'Espagne et les Etats-Unis. L'arrivée sur le marché de ces biens va entraîner une légère détente temporaire sur le marché immobilier", selon M. Delfim, pour qui la tendance baissière sur les prix devrait arriver à son terme à fin 2021.

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