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Les prix de l'immobilier à Zurich et Genève sont surévalués

Les prix de l'immobilier à Zurich et Genève sont surévalués, mais demeurent abordables en comparaison internationale, a indiqué jeudi UBS dans une étude.

La capitale économique helvétique (0,86 point) affiche quant à elle "les prix réels de l'immobilier les plus élevés de son histoire", avec un bond de 25% sur cinq ans, alors que les loyers et les revenus ont stagné.

Crédits: Keystone

Les prix de l'immobilier à Zurich et Genève sont surévalués, mais demeurent abordables en comparaison internationale, a indiqué jeudi UBS dans une étude. Selon le classement réalisé par la banque, Londres et Hong Kong sont par contre sérieusement menacés d'une bulle. Le marché immobilier devrait encore profiter un certain temps de la faiblesse des taux d'intérêt.

Pour les économistes d'UBS, qui a publié pour la première fois son "Global Real Estate Bubble Index" annuel, "les prix immobiliers de bon nombre de villes de par le monde ont doublé en valeur réelle" et "sont supérieurs aux niveaux précédant la crise financière de 2007-2008".

"Un cocktail fait d'attentes optimistes, de fondamentaux économiques favorables et de flux de capitaux venus de l'étranger a entraîné, ces dernières années, une envolée des prix dans certaines villes. La politique monétaire souple a empêché la normalisation des marchés du logement et favorisé le risque de bulles locales", a estimé Claudio Saputelli, responsable de Global Real Estate chez UBS.

Pour Londres et Hong Kong, des risques de bulle immobilière sont clairement identifiés. La capitale britannique affiche avec 1,88 point le niveau le plus élevé de l'indice compilé par UBS, les prix des logements ayant bondi de 40% depuis 2013.

"Cette hausse a fait de Londres l'une des villes les plus chères au monde", a souligné la banque, qui explique cette flambée par la demande étrangère et la recherche de valeurs refuges.

Hong Kong, qui se place deuxième du classement avec un score de 1,67 point, a vu ses prix s'envoler de 200% depuis 2013, grâce au boom des crédits. "Les prix des logements sont découplés de l'économie locale et recèlent un risque élevé d'entrer dans un cycle baissier" en cas de difficultés économiques, notamment en Chine, selon UBS. Cette dernière s'attend à ce que les tarifs tombent de 10% d'ici fin 2016.

Les autres villes examinées ne comportent pour la plupart que des risques de "surévaluation". Sydney et Vancouver se situent ainsi en tête des métropoles chères, mais sans danger d'explosion d'une bulle immobilière.

Zurich et Genève se situent dans le milieu du tableau, devant Paris et Francfort. Dans la cité de Calvin (0,91 point), les prix ont reculé de 5% en trois ans et la croissance du volume hypothécaire ralentit depuis 2012.

Pas de mouvement de la BNS avant 2017

La capitale économique helvétique (0,86 point) affiche quant à elle "les prix réels de l'immobilier les plus élevés de son histoire", avec un bond de 25% sur cinq ans, alors que les loyers et les revenus ont stagné.

Les risques les plus faibles ont été identifiés pour New York, Boston et Chicago. Dans cette dernière, le marché immobilier est même considéré comme "déprimé".

"Les prix de l'immobilier résidentiel se sont le plus fortement détachés des revenus locaux à Hong Kong, à Londres, à Paris, à Singapour, à New York et à Tokyo, où l'achat d'un appartement de 60 m2 dépasse le budget de la plupart des gens", a souligné l'économiste Matthias Holzhey.

La période de taux bas, qui explique en partie la flambée des prix de l'immobilier, devrait encore durer un certain temps, a estimé l'économiste en chef d'UBS, Daniel Kalt. La Banque nationale suisse (BNS) ne devrait pas procéder à un resserrement de sa politique monétaire avant 2017, a-t-il indiqué en conférence de presse.

"Les banques centrales doivent réussir à normaliser leur politique monétaire", a estimé M. Kalt. La Réserve fédérale américaine (Fed), qui a maintenu ses taux directeurs mercredi mais qui pourrait les resserrer d'ici la fin de l'année, est particulièrement attendue pour relancer le cycle, a-t-il ajouté.

Dans la zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a quant à elle récemment souligné son intention de prolonger son programme de rachat de dette. Elle pourrait également encore abaisser ses taux, selon l'économiste.

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