Bilan

Les déséquilibres sur le marché hypothécaire restent élevés

Les déséquilibres sur les marchés hypothécaire et résidentiel ont retrouvé leur niveau de 2014, quand le volant anticyclique avait été adapté à 2%, souligne la BNS.

La propension des banques à accorder des crédits pour l'immobilier pourrait par ailleurs contribuer à la poursuite de l'envolée des prix de l'immobilier.

Crédits: Keystone

La Banque nationale suisse (BNS) relève que les déséquilibres sur les marchés hypothécaire et résidentiel sont demeurés élevés l'an dernier, en dépit d'un léger tassement. Ces déséquilibres ont retrouvé leur niveau de 2014, quand le volant anticyclique avait été adapté à 2%, souligne le rapport de stabilité monétaire publié jeudi.

Le volume des prêts hypothécaires s'est étoffé de 2,7% en 2016. Les prix des appartements ont renchérit de 1,2% et ceux des habitations individuelles de 1,5%. Les coûts de transaction ont en revanche connu un coup de frein, après des années de forte progression.

L'exposition des banques sur ces marchés s'est encore accrue, tout comme la part de crédits accordés à des revenus relativement faibles. Le risque de transformation des échéances est pour sa part demeuré à un niveau historiquement élevé.

Pour autant, le garant de la stabilité monétaire assure que la capacité de résilience des banques concentrées sur ce segment en Suisse demeure adéquate, leurs capitaux disponibles ayant évolué parallèlement à leurs actifs pondérés des risques et au volume de leur bilan. Le ratio de levier de ces établissements n'a par ailleurs pas bougé depuis 2015.

Les résultats des tests de résistance suggèrent de surcroît que les réserves de la plupart des banques axées sur le marché domestique sont suffisantes pour absorber les pertes en cas d'imprévu.

Appel à la prudence

Evoquant les perspectives pour les banques axées sur le marché intérieur, le vice-président de la direction générale Fritz Zurbrügg a prévenu que la pression sur la rentabilité demeurera élevée aussi longtemps que les taux d'intérêts demeureront historiquement bas. Cet état de fait continuera à inciter les banques à s'exposer de manière plus importante encore aux risques liés au dépassement de la capacité financières des emprunteurs.

Une telle stratégie accroît toutefois la vulnérabilité de ces établissements en cas de remontée soudaine ou marquée des taux d'intérêts, ou encore en cas de correction sur les marchés hypothécaire ou immobilier, souligne le banquier central dans le compte rendu de son discours.

La propension des banques à accorder des crédits pour l'immobilier pourrait par ailleurs contribuer à la poursuite de l'envolée des prix de l'immobilier. "Une augmentation des taux d'intérêts pourrait entraîner une correction majeure des prix. Les banques qui financent les investisseurs dans ce segment pourraient alors subir des pertes sur les crédits accordés", avertit M. Zurbrügg, rappelant au passage l'importance des excédents de fonds propres actuellement détenus par les banques pour palier les conséquences d'un tel scénario.

En terme de supervision enfin, l'institut d'émission continuera à exercer une surveillance attentive des marchés hypothécaire et immobilier et se réserve toujours l'option d'adapter au besoin le volant anticyclique de fonds propres.

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