Bilan

La famille Brunschwig cède les murs de Bongénie à un fonds de pension

La holding familiale propriétaire de Bongénie a vendu les locaux de son enseigne historique au Zurichois Pensimo pour un montant de 220 millions de francs.

Adolphe Brunschwig a crée le premier magasin "Bon Génie" en 1891 à Genève.

Crédits: DR

Nouvelle opération d'envergure dans les Rues-Basses, cœur marchand de la cité Calvin. Le fonds de pension zurichois Pensimo vient d’acquérir pour 220 millions de francs les immeubles historiques de l’enseigne Bongénie, propriété de la famille Brunschwig, sis au 30-36 rue du Marché. Cette vente, dont le prix affiche 24’000 francs au mètre carré, vient s’ajouter à la longue liste d’acquisitions de joyaux immobiliers dans l’hypercentre genevois par des investisseurs institutionnels.

Brunschwig & Cie SA, la holding détenue entièrement par la famille éponyme, annonce dans un communiqué la poursuite de l’occupation des locaux et la signature d’un nouveau bail, d’une durée de 20 ans, conclu avec l’acheteur. Elle précise par écrit conserver sa centrale administrative et logistique à Carouge (GE) et toujours détenir l'immeuble de l'enseigne lausannoise, place St-François.

Financer la transformation du groupe

Cette cession doit permettre à la quatrième génération de l’entreprise familiale de financer la transformation du groupe, qui axe sa stratégie sur l’omnicanalité. Une part de ces liquidités sera également allouée à l’installation du futur magasin zurichois Grieder à l'automne 2024, dont l'emplacement sera prochainement dévoilé. L’institution de mode haut de gamme doit effectivement quitter l’immeuble qu’elle occupe depuis plus d’un siècle à la Bahnhofstrasse; le propriétaire, une filiale du groupe Swatch, souhaitant intégrer ses locaux.

Les Rues-Basses, coffre fort des institutionnels

Cette vente s’inscrit dans un mouvement de fonds qui touche l’hypercentre genevois. Face aux fortes pressions rencontrées dans le secteur du commerce de détail et à l'évolution de la gouvernance dans les groupes familiaux, les acteurs historiques cèdent peu à peu leurs patrimoines immobiliers aux fondations, caisses de prévoyance et fonds de placement. Ainsi en 2019, la famille Aeschbach se séparait moyennant 100 millions de francs de son immeuble de la rue du Rhône qu'elle occupait depuis 111 ans pour une location au 40, rue du Marché en voisin de Bongénie.  (Lire: Nouveau départ pour le groupe Aeschbach )

L'appétence des institutionnels pour les immeubles du centre-ville genevois, toutes affectations confondues, s'explique avant tout par la perspective de revenus pérennes. Malgré la faible rentabilité de ces investissements, l'immobilier reste une option avantageuse pour des institutionnels confrontés à la faiblesse des rendements obligataires dans un contexte de taux négatifs. En 2020, ces derniers accaparaient 37% des transactions du marché genevois de l’immobilier d’investissement. Cette part augmente à 55% du volume échangé si on y ajoute les assurances, rapporte la publication “Marché de l’investissement romand 2021”. 

La rue du Marché, portion du principal axe commerçant de Genève, voit, suite à la cession des immeubles 30-36,  sa dernière parcelle détenue en noms propres disparaître. Les propriétaires répondent aux noms de Swiss Life, Swiss Prime, Safeway Propreties (LUX) ou encore Wyatt Estates II limited (HK).

Principales opérations immobilières à Genève en 2020

Le Top 10 des ventes d'immeubles à Genève en 2020

source: naef-invest.ch

De Weck Julien
Julien de Weck

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