Bilan

Le nombre de logements en propriété en recul pour la première fois

Les entraves réglementaires pour la construction et le financement de logements en propriété auront un impact sur le marché immobilier suisse en 2019. Pour la première fois, l'offre devrait se contracter, selon une étude de Credit Suisse publiée mardi. La situation est inverse pour les locataires qui devraient économiser de l'argent.

L'achat d'un bien immobilier revient en moyenne 18% moins cher que sa location.

Crédits: Keystone

Les économistes de la grande banque s'attendent en 2019 à une croissance des prix de l'immobilier en deçà de 2%, pour les maisons individuelles et les propriétés par étage. Les conditions d'accès à la propriété restent "très favorables" en raison de la faiblesse des taux d'intérêt - maintenus à un niveau plancher - et du dynamisme du marché de l'emploi.

Dans ces conditions, l'achat d'un bien immobilier revient en moyenne 18% moins cher que sa location, tiennent à souligner les auteurs de l'étude "Marché immobilier suisse 2019" de Crédit Suisse et ce "pour des années encore".

La règlementation de l'activité de construction ainsi que celle du financement hypothécaire constituent cependant un facteur de ralentissement de l'offre pour les logements en propriété. Les économistes constatent, en 2018, une chute de 11,4% sur un an du nombre de permis de construire accordés pour des maisons individuelles et de 4,5% pour des appartements en propriété par étage.

Double avantage pour la location

Les promoteurs privilégient les logements locatifs, qui présentent un double avantage: des temps de commercialisation plus courts et un intérêt plus marqué de la part des investisseurs institutionnels. Aussi, pour la première fois, l'année 2019 devrait connaître une baisse du taux de logements à vendre.

Sur le marché de la location, les économistes de la banque s'attendent à un redressement de la demande consécutif à une hausse du solde migratoire, principalement en Suisse alémanique. La situation demeure néanmoins tendue dans les grands centres urbains, l'offre se concentrant ailleurs. Dans l'ensemble, il faut s'attendre à un recul de 1 à 2% des loyers.

Concernant l'immobilier de bureau, les spécialistes de Credit Suisse observent une évolution de la demande vers des espaces flexibles, tant du point de vue de la surface que des termes de la location. Toute comme en 2018, la demande est fortement corrélée à la croissance de l'emploi.

Le commerce de détail continue à subir la concurrence de la vente en ligne. Les fournisseurs de surfaces commerciales doivent adapter leur offre à une demande moindre, qui devrait perdurer dans le temps, affirment les économistes de Credit Suisse.

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