Bilan

Le courtier Cardis/Sotheby’s a gagné des parts de marché

Pour sa 5ème année d’existence, le courtier en immobilier Cardis/Sotheby’s International Realty affiche des chiffres réjouissants pour son activité en Suisse.

Cardis à gauche et Luca Tagliaboschi à droite, le nouveau CEO.

Crédits: DR

Avec la collaboration de Jean-Philippe Buchs


Actif uniquement dans le courtage, Cardis / Sotheby’s International Realty a réalisé 425 transactions (+ 65) en 2018, représentant un montant total des ventes supérieur à 635 millions de francs (+31 mios). Le MBO réalisé voici 5 ans par Philippe Cardis, Yves Cherpillod, Lucien Masmejan et Luca Tagliaboschi, lesquels ont quitté le groupe deRham, s’est avéré un pari gagnant. Bien que la start-up ne communique pas son chiffre d’affaires, elle parle d’une «solide croissance».

«Je suis très fier du développement de notre société. Nous avons parié, en 2013 lors de notre fondation, sur un modèle d’affaires bien spécifique, en nous concentrant uniquement sur le courtage immobilier. Ce choix s’est avéré judicieux et payant ! Tout en restant actif au sein de notre société, j’ai souhaité passer le témoin à la nouvelle génération et en particulier à Luca Tagliaboschi, avec qui je collabore depuis plus de dix ans », a indiqué Philippe Cardis, administrateur délégué. Ce dernier est entré dans sa soixantième année, tandis que Luca Tagliaboschi est âgé de 42 ans, malgré un parcours bien rempli. Né en Gruyère en 1976, il débute dans une fiduciaire, avant de passer à l’horlogerie comme responsable financier au sein du groupe Cartier, puis, huit ans durant, à l’automobile dans le groupe PSA, où il occupe la fonction de directeur financier, ce qui va le mener à Paris, au siège de l’entreprise. Avant de revenir en Suisse pour intégrer le groupe deRham en tant que directeur financier et responsable des ressources humaines.

Précisons que les bons chiffres de Cardis ont été obtenus aussi grâce à un maillage étroit d’agences : Genève, Nyon, Lausanne, Fribourg, Vevey et Montreux. Ce maillage s’est agrandi avec l’ouverture d’une représentation à Morges et d’un site à Martigny. Par ailleurs, l’agence de Genève s’est notablement renforcée, d’où son prochain déménagement dans des surfaces plus vastes. Aujourd’hui, la société emploie 77 personnes.

Le neuf, une tendance qui s’affirme

Perceptible depuis deux ans, la tendance se renforce encore : « Nous constatons une forte croissance dans les projets neufs, pour lesquels nous avons renforcé nos équipes dans les régions, explique le nouveau CEO. Notre carnet de commandes nous fait dire que ce trend va se poursuivre, et même s’intensifier en 2019.»

En 2018, la société a conduit quelque 160 transactions de ce type (150 en 2017), tandis que 40 autres sont en cours de commercialisation. La plus forte demande de biens neufs concerne les milieux urbains et principalement les objets de taille moyenne (de 3 à 4 pièces entre 80 et 120 mètres carrés). « De manière générale, tous les biens en-dessous du million de francs trouvent preneur pour autant que la localisation soit bonne », ajoute Philippe Cardis.

La revente, un marché sain et stable

Pour la société Cardis, la revente a représenté un segment porteur en 2018, avec un nombre de transactions (265) en hausse «alors que l’année précédente était déjà excellente». Plus qu’un reflet fidèle de la réalité globale, qui varie fortement d’une région à l’autre, cette performance traduit un gain de parts de marché de la société. Le prix moyen des objets vendus est stable à 1,06 million pour les appartements (1,14 million en 2017) et 1,69 million pour les maisons individuelles (1,56 million en 2017). Voici maintenant une synthèse du marché par région.

Tout d’abord la région Genève et la Côte (sous la responsabilité de Luca Tagliaboschi) : la dynamique particulière du marché résidentiel genevois où la demande continue d’excéder l’offre, avec une tension perceptible autour des objets situés entre 0,7 et 2 millions (appartements comme villas). Dans le neuf, l’offre a manqué dans les biens en-dessous de 1,5 millions, mais cela devrait être corrigé en 2019. Le marché du luxe se porte bien. 

La région Lausanne & Morges, dirigée par Yves Cherpillod, a très bien performé. « La demande est soutenue, mais elle reste limitée par l’accès plus difficile au crédit. Il est donc crucial de positionner la vente des objets de la meilleure des manières.» Les prix moyen pour les appartements sont de 1,275 million et de 1,92 million pour les maisons dans le neuf. Et de relever la multiplication d’appels de clients souhaitant quitter l’Angleterre ou la France…

Pour la région Riviera, Valais et montagne (sous la responsabilité d’Hugo Gamboa), 2018 aura été une très belle année, avec plus de 100 transactions, malgré un manque flagrant d’offres dans le neuf. « Avec l’entrée en vigueur du nouveau Plan général d’affectation de Montreux (PGA) après une dizaine d’années de procédure, nous allons pouvoir vendre davantage de biens neufs. Voilà pourquoi nous avons renforcé nos équipes. Nous avons déjà une vingtaine de projets prêts au développement. Les biens courants se divisent en deux types d’objets très recherchés. D’une part des appartements de 3,5 à 4,5 pièces, récents ou rénovés, proches du centre-ville ou disposant de toutes les commodités à proximité, offrant obligatoirement une vue sur le lac, avec un prix se situant entre 750 000 francs et 2 millions de francs. D’autre part, la villa individuelle, récente ou rénovée, qui offre une surface habitable comprise entre 1,5 et 2,5 millions de francs. »

Zermatt et Verbier restent les stations privilégiées d’une clientèle aisée

Dans le Valais, la barre (hors montagne) se situé autour de 2 millions de francs. Au-delà de 1,5 million, la demande se tarit et les transactions sont rares. En montagne, Zermatt et Verbier restent les stations privilégiées d’une clientèle aisée. « De belles transactions dans le luxe ont été réalisées par nos partenaires aux alentours de 10 millions de francs et au-delà. Les autres stations comme Villars, Champéry ou encore Crans-Montana montrent clairement des signes de reprise pour des objets au-dessous de 1 million de francs, pour autant que le prix soit adapté au marché et qu’il comprenne une marge pour la remise au goût du jour du bien. »

Dans la région de Fribourg, la PPE et la villa restent attractives. «Il y a une réelle demande pour la PPE dans les centres urbains. Or, l’offre restera insuffisante malgré les constructions en cours», constate Alexandre Baechler, directeur de la région Fribourg & Neuchâtel. Selon ce dernier, la population et, en particulier, les personnes âgées de plus de 50 ans, souhaitent se rapprocher des commodités qu’offrent les centres urbains. Du côté de la villa, la demande est relativement importante. «Le marché de la revente se porte également bien», observe Alexandre Baechler. Quant aux prix, ils restent à des niveaux attractifs par rapport au bassin lémanique. On compte environ 6900 francs le mètre carré pour une PPE en ville de Fribourg et autour du million de francs pour une maison individuelle.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef adjoint à Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également responsable du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches.

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